10 février, sainte Scholastique : vierge, v 480 – v 10 février 543,

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Sainte Scholastique : vierge,  v 480 – v 10 février 543,

 

O Dieu, qui, pour faire connaître la vie innocente de la bienheureuse Vierge Scholastique, avez fait entrer au ciel son âme sous la forme d’une colombe, accordez-nous, par ses mérites et ses prières, de vivre dans l’innocence, de telle sorte que nous méritions d’arriver aux joies éternelles.

 

On ne sait guère de Scholastique que les quelques détails conservés par saint Grégoire le Grand, qui fut presque son contemporain, et surtout le touchant récit qu’il fait de sa dernière entrevu avec son bienheureux frère.

 

La grâce et la nature ont uni saint Benoît et sainte Scholas­tique : n’ayant eu qu’un même sein pour les porter et une même règle pour former leur vie, ils n’ont eu enfin qu’un même tombeau pour conserver leurs cendres. Ils naquirent à Norcia (Pérouse), petite ville d’Italie, sur la Néra, qui sépare la Sabine de l’Ombrie ou du duché de Spolète. Leur père, Eutrope, était de l’illustre famille des Anicii ; leur mère, Abondance, était dame de la ville et du pays de Norcia. Eutrope, demeuré veuf, éleva seul ses enfants.

 

Scholastique fit de grands progrès en la vertu, et se rendit fidèle à correspondre aux grâces divines ; bien loin d’imiter les filles du siècle, qui commencent pour ainsi dire par ouvrir les yeux au luxe et aux vanités du monde, elle, au contraire, les ferma pour jamais à toutes sortes de plaisirs, et méprisa la beauté, les richesses et l’alliance des plus grands princes, ne méditant jour et nuit que sur les moyens de renoncer à toutes les choses de la terre, et de faire un divorce complet avec les enfants des hommes pour être l’épouse du fils de Dieu. En effet, au lieu de s’attacher aux biens immenses dont son frère l’avait laissée unique héritière, elle résolut de l’imiter dans sa retraite.

 

Elle en parla à son père qui vivait encore, le suppliant avec larmes, et par toutes les affections de son cœur, de lui permettre d’entrer dans un monastère voisin de leur maison, afin d’y servir Dieu avec plus de pureté tous les jours de sa vie. Eutrope y condescendit facilement.

 

Voilà donc Scholastique religieuse, et tout à fait entrée à l’école de Jésus ; elle y donna bientôt de beaux exemples de vertu. L’abstinence, les veilles et le silence étaient ses pratiques ordinaires; la douceur et la débonnaireté semblaient lui être naturelles ; la candeur et la naïveté de son âme se faisaient voir sur son visage avec tant d’éclat, que toutes les autres religieuses la regardaient comme un modèle de perfection ; mais on peut dire que, de toutes les vertus, celle qui excellait le plus en elle c’était l’oraison, qu’elle possédait à un degré très-éminent.

Tandis qu’elle s’appliquait ainsi à la pratique de la vertu, et y faisait tous les jours de nouveaux progrès, elle apprit que son frère saint Benoît, avait passé au Mont-Cassin, et y menait une vie apostolique, éclairant ces peuples idolâtres des splendeurs de l’Evangile, renversant les temples des faux dieux, et abolissant toutes les marques du paganisme ; il avait un grand nombre de disciples qu’il gouvernait en qualité de père et d’abbé, leur ayant dressé une règle pour les entretenir tous dans l’uniformité d’une même observance ; en un mot, qu’il excellait en la conduite des âmes. A cette nouvelle, elle résolut de l’aller trouver, et de se ranger elle-même sous sa discipline, afin de participer à ce nouvel esprit que Dieu répandait dans le monde par son ministère. Elle en obtint la permission de ses supérieures, et le consentement des autres religieuses, qui, touchées d’une inspiration céleste, n’osèrent s’opposer à ce dessein de Scholastique. En effet, Notre-Seigneur voulait, par elle, frayer le chemin aux reines, aux impératrices, aux princesses et à tant d’illustres filles qui, suivant ton exemple, ont embrassé la règle de saint Benoît, dont elle a fait profession la première.

 

 

Pour mieux réussir dans son dessein, et pour s’approcher plus près de son frère, elle fit bâtir le monastère de Plumbariola, à une lieue et demie du Mont-Cassin. Cette maison fut aussitôt peuplée de saintes filles, qui étaient attirées à ce nouveau genre de vie par les vertus de la Sainte. Elles vécurent sous la direction et la conduite de saint Benoît qui leur donna sa règle, à quoi elles se soumirent autant que la faiblesse du sexe put le leur permettre.

Parmi les instructions que sainte Scholastique leur donnait, l’une des plus importantes était de fuir la conversation du dehors, fût-ce des personnes dévotes ; elle croyait qu’il leur était beau­coup plus avantageux de demeurer en leur cellule que de rechercher ces entretiens, et qu’il était plus aisé de conserver l’esprit de recueillement, en conversant avec Dieu, qu’en traitant avec les créatures. Pour leur enseigner, par son exemple, ce qu’elle leur disait de vive voix, quoiqu’elle eût pu recevoir de grandes consolations en conférant souvent avec saint Benoît elle se contentait néanmoins de lui parler une seule fois l’année, pour recevoir de sa bouche les instructions nécessaires, soit pour sa conduite particulière, soit pour le gouvernement de ses filles, qui la consultaient sur toutes leurs difficultés ; et, cette seule leçon, par an, d’un tel maître était suffisante pour une si sage écolière.

Le jour de l’entrevue, elle venait accompagnée de quelques religieuses, et le Saint s’y trouvait assisté de plusieurs moines. Afin que ni l’un ni l’autre ne s’éloignât trop de son monastère, ils partageaient le chemin entre eux, et se réunissaient en une métairie de l’abbaye du Mont-Cassin au pied de la montagne.

 

Enfin le temps arriva auquel il plut à Notre-Seigneur d’appeler à lui le frère et la sœur ; et comme ils en eurent tous deux la révélation, ils voulurent se voir encore une fois sur la terre afin de s’y entretenir des joies du paradis, dont ils espéraient bientôt une parfaite jouissance.

Cette dernière conférence se fit le 6 ou le 7 février ; au reste elle fut fort différente des autres : ils ne parlèrent plus des exercices de la pénitence et de la mortification, mais seulement de la gloire éternelle promise aux justes : cela les occupa la journée entière, qui leur parut même encore plus courte que les autres.

A l’heure de Vêpres, il donnèrent quelque aliment à leur corps, leur âme ayant été saintement rassasiée ; mais sainte Scholastique étant toujours impatiente d’entendre parler des délices du paradis, supplia très instamment son frère de lui faire la grâce de continuer cet entretien, et de lui donner au moins une nuit pour traiter plus à loisir de cette vie bienheureuse.

Le repas se prolongeait au milieu de saints propos ; et voici que Scholas­tique, levant vers Benoît des yeux pleins de prière : je t’en prie, dit-elle, donne-moi toute cette nuit ; demeurons à parler ensemble des joies du ciel !  Cette demande parut si extraordinaire au Saint, qui était un modèle achevé de régularité et d’observance, qu’il la refusa aussitôt. Quoique ce fût sa sœur, et pour un si bon sujet, il répondit d’une façon assez sévère : Que dites-vous, ma sœur ? Ne voyez-vous pas qu’il m’est impossible de vous accorder ce que vous demandez ? Que Dieu te pardonne de m’empêcher ainsi d’obéir à la règle !  La Sainte, voyant la fermeté de son frère, ne lui répondit rien ; mais, s’adressant au céleste Epoux, elle poussa des soupirs, et versa des larmes pour le prier de décider cette innocente querelle en faveur de qui il lui plairait.

A l’heure même, le ciel versa des torrents d’eau : car, quoiqu’il fût serein et qu’il ne partît en l’air aucune nuée, il survint un si furieux orage de vent, de pluie, d’éclairs et de tonnerre, qu’il fut humainement impossible à saint Benoît se sortir de ce lieu. Le serviteur de Dieu, reconnaissant en cela un miracle évident, et considérant qu’au même instant que sa sainte sœur avait versé des larmes, la pluie du ciel était descendue sur la terre, fut obligé d’avouer, dans son cœur, que le Fils de Dieu aimait merveilleusement celle dont il avait exaucé si promptement les désirs, et aux soupirs de laquelle il avait paru si sensible. Il lui fit néanmoins quelque plainte ; mais la Sainte, de son côté, lui fit reproche de ce qu’il avait été si dur à lui accorder sa demande. Mon frère, lui dit-elle avec sa douceur angélique je vous avais supplié de passer ici quelque temps ; mais, voyant que vous me l’avez refusé, je me suis adressée à mon Seigneur qui m’a exaucée, et qui a fait ce que vous voyez et ce que vous entendez. Sors maintenant si tu peux, laisse-moi et rentre au monastère.  Saint Benoît, connaissant à ces prodiges que c’était le bon plaisir de Dieu qu’il demeurât, reprit son discours sur l’excellence de la béatitude ; c’était tout ce que la Sainte souhaitait : plus une pierre s’approche de son centre, plus elle descend avec vitesse et avec impétuosité ; de même l’âme de sainte Scholastique se voyant sur le point d’être réunie à son Dieu, qui est le vrai centre des justes, prenait plus de plaisir à entendre parler de ce bonheur, qu’elle désirait avec tant de passion.

 

Le matin du jour suivant, l’orage ayant entièrement cessé, le Saint et la Sainte prirent congé l’un de l’autre et se retirèrent chacun en son monastère, pour y attendre la volonté de Dieu, dans une ferme espérance qu’ils se reverraient bientôt en l’autre vie : ce qui arriva en effet ; car la violence de l’amour, pour me servir de l’expression de l’Epouse des Cantiques, ayant blessé le cœur de sainte Scholastique, lui fit exhaler sa belle âme sans aucune maladie, à quatre jours de là, vers le 10 février, l’an de Notre-Seigneur 543, et de son âge le soixante-troisième. Cette âme chérie de Dieu fut vue s’élevant au ciel sous la forme d’une colombe brillante, par son frère saint Benoît, qui priait alors à une fenêtre de sa cellule : cet endroit fut plus tard marqué par une chapelle. Le saint abbé fut si ravi de cette vision, qu’il se mit à chanter des hymnes et des cantiques à la louange de Jésus­ Christ ; puis il en donna avis à ses religieux, qu’il envoya pour lever le corps du monastère de Plumbariola et le transporter dans le tombeau qu’il avait fait préparer pour lui, afin que, comme leurs âmes n’avaient eu qu’un même esprit et qu’une même volonté en cette vie, leurs corps n’eussent aussi qu’un même sépulcre après leur mort.

 

Benoît fut saisi aussitôt d’une fièvre ardente qui ne le quitta plus.

Il avait cette année même annoncé sa mort à plusieurs de ses compagnons, et il est vraisemblable qu’il n’avait point caché ce secret à Scholastique ; c’est pourquoi elle le retenait les jours précédents avec tant d’ardeur.

En ouvrant son tombeau pour sa sœur, Benoît l’ouvrait pour lui-même ; il vécut encore 40 jours, et quand le 41è jour fut arrivé, il se fit porter à l’église, reçut le corps et le sang de Notre-Seigneur, puis, appuyant ses bras défaillants sur les bras de ses disciples, il se tint les mains élevés vers le ciel et mourut debout au milieu de sa prière et de la prière des siens. Il avait 63 ans, c’était le 21 mars 543.

 

 

La première attestation de sa fête date du VIIIe siècle au Mont-Cassin. Puis son culte se diffusa pour atteindre une grande extension au XIe siècle. En France, ce fut la translation de ses reliques qui y apporta le culte en 865 ; une partie fut transportée à Juvigny-les-Dames (Juvigny-sur-Loison), au diocèse de Verdun en 874, on y fête toujours la translation le 8 juin.

La fête entre au calendrier romain au XIe ou XIIe siècle. Elle est supprimée par Saint Pie V, et rétablie par Benoît XIII en 1729.

 

Saint Benoît et sainte Scholastique reposent maintenant de part et d’autre du maître-autel de l’abbaye de Mont-Cassin. Scholastique est la patronne de la ville du Mans (Sarthe) où une partie de ses reliques se trouveraient depuis le VIIe siècle.

 

Hymne

Heureuse épouse du Christ, Scholastique, colombe des vierges,

les habitants du ciel te comblent de louanges ;

nos cœurs te saluent en faisant monter vers toi l’hommage d’un joyeux concert.

Tu foulas aux pieds les honneurs du monde et ses couronnes ;

dirigée par les enseignements de ton frère et les préceptes de sa Règle sainte,

attirée par l’odeur des grâces célestes, tu appris de bonne heure à prendre le chemin de la patrie.

O force invincible de l’amour ! O victoire à jamais glorieuse,

en ce jour où par la force de tes larmes tu fais descendre les pluies du ciel,

et contrains le Patriarche de Nursie à continuer ses entretiens célestes.

Aujourd’hui tu brilles, au plus haut des cieux, de l’éclat de cette lumière vers laquelle tu soupirais ;

les feux de la charité, les splendeurs de la grâce embellissent ton front ;

unie à l’Epoux, tu reposes au sein de la gloire.

Daigne donc maintenant écarter du cœur des fidèles les nuages d’ici-bas, afin que le Soleil éternel,

versant sur nous sa splendeur sereine, nous comble des joies de la lumière sans fin.

Chantons gloire au Père et gloire au Fils unique ; hommage égal au Paraclet divin ;

honneur éternel à celui qui créa les siècles et qui les gouverne. Amen.

 

 

 

La scolastique (du latin schola, ae, qui signifie : « école, scolaire ou bien « loisir consacré à l’étude », « tenir école », faire des cours.

Saint Anselme fut le fondateur de la théologie scolastique à l’Abbaye du Bec Hellouin au XIe siècle. Cette  scolastique visait à concilier l’apport de la philosophie grecque (particulièrement l’enseignement d’Aristote ) avec la théologie chrétienne héritée des Pères de l’Eglise.

Au Moyen Âge, seuls les religieux avaient la « scholê », c’est-à-dire le « loisir d’étudier », laissant aux autres (le clergé séculier, les frères convers, les laïcs…) le soin de s’occuper des affaires matérielles.

 

 

 

Messes du 28 septembre au 4 octobre 2020

Semaine 40

Lundi 28 septembreS. Venceslas, martyr ; S. Laurent Ruiz et ses compagnons, martyrs

Mardi 29 septembre – Saint Michel, Saint Gabriel et Saint Raphaël, Archanges

  • Patronage à partir de 16:00
  • Messe à l’église de Rugles à 18:30

Mercredi 30 septembre – S. Jérôme, prêtre et docteur de l’Eglise

  • Messe à l’église de la Madeleine à 9:00
  • Messe à l’église de Bourth à 18:30

Jeudi 1 octobre – Ste Thérèse de l’Enfant Jésus, vierge

  • Messe à l’église de Rugles à 18:30

Vendredi 2 octobre – Ss Anges Gardiens

  • Messe à l’église Notre-Dame à 18:30Premier vendredi du mois Adoration

Samedi 3 octobre – De la Férie

  • Messe à l’église Notre-Dame à 9:00Confrérie de la Vierge Marie
  • Messe anticipée à l’église de Rugles à 18:30

Dimanche 4 octobre – 27ème dimanche du Temps Ordinaire

  • Messe à l’église de la Madeleine à 11:00