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16 avril, Saint Benoît-Joseph Labre, 25 mai 1748 à Amettes – 16 avril 1783 à Rome

Saint Benoît-Joseph Labre, 25 mai 1748 à Amettes – 16 avril 1783 à Rome,

Après avoir vainement essayé de se faire à la vie des Chartreux et à celle des Trappistes, saint Benoît-Joseph Labre choisit, comme expression de la volonté de Dieu à son égard, la vocation de pèlerin. Il parcourut en pauvre et en pèlerin de Dieu les grand-routes de nos pays, portant partout le témoignage de l’humilité la plus grande et de la plus totale abnégation. Il aimait surtout Rome, Lorette et Assise. Souvent, il fut regardé comme un fou, et fut le jouet des enfants et de la populace.

Elle est impressionnante cette vie de Benoît-Joseph, aîné de quinze frères et sœurs, originaire du Pas-de-Calais, refusé par les couvents de chartreux et les trappistes.

Vie de mendicité et d’errance, il va de sanctuaires en pèlerinages. Rome devient son port d’attache et les ruines du Colisée son abri. Quand on l’écoute, ses paroles sont sages et souvent prémonitoires. Les miracles se multiplient sur son passage odorant. Passant ses journées dans les églises, il trouve le moyen de distribuer à d’autres clochards ce qu’on lui donne à manger. Il meurt, à 35 ans, près de l’église Santa Maria ai Monti, le mercredi saint 1783. Il est le patron de tous les vagabonds, des célibataires, des mendiants, des sans-logis, des pèlerins et des personnes inadaptées.

« Notre cœur doit être de feu pour Dieu,

« de chair pour le prochain,

« de bronze pour nous-mêmes ».

Voici l’histoire du vagabond de Dieu

Benoît-Joseph Labre, aîné d’une famille de quinze enfants, naquit le 25 mai 1748, à Amettes, diocèse de Saint-Omer dans le Pas-de-Calais. Nourri de l’esprit de foi au sein d’une famille éminemment chrétienne, il manifesta de bonne heure une grande piété et un extraordinaire attrait pour la mortification. A douze ans, il fut confié à son oncle, curé d’Erin, afin de commencer ses études auprès de lui, en vue du sacerdoce. Une épidémie de typhus emporta son oncle (1766). Après la mort de son oncle, Benoît-Joseph passa chez son oncle maternel, vicaire de Conteville, où il ne fit que grandir dans la mortification et la prière. Son attrait était toujours vers le Saint-Sacrement devant lequel il s’abîmait des heures entières en contemplation. Il y avait longtemps que Benoît-Joseph aspirait à une vie plus parfaite :  » Être prêtre est bien beau, disait-il ; mais j’ai peur de me perdre en sauvant les autres. »

Il finit par vaincre les résistances de ses parents et entra chez les Chartreux, espérant y trouver sa voie définitive.

Il commença alors cette série d’aventures qui manifestèrent à la fois sa constance à chercher la voie de la perfection, et les desseins parti­culiers de la Providence sur lui.

Il frappa d’abord à la porte de la Char­treuse du Val-Sainte-Aldegonde, diocèse de Saint-Omer ; le couvent étant trop pauvre, on ne put le recevoir. Il se présenta alors à la Chartreuse de Neuville (Montreuil-sur-Mer) : il n’y fut pas agréé, faute de savoir le chant et la dialectique. Toutefois, il s’y représenta, muni de recommandations, et fut admis, mais pour être renvoyé peu après. Benoît s’adressa ensuite aux Trappistes de Mortagne, mais ne fut pas accepté faute de santé suffisante.

Pour la troisième fois, il alla frapper à la porte de la Chartreuse de Neuville ; il y fut reçu et remercié après un essai de trois mois.

Enfin, il se dirige vers la Trappe de Sept-Fonds, où il est admis ; mais n’y trouve que peines d’esprit, maladie et certitude de ne pas être appelé à ce genre de vie.

La folle aventure de Benoît-Joseph Labre a commencé le 2 juillet 1770. Le jeune homme a vingt-deux ans et il quitte son monastère pour vivre sa vraie vocation. Le Seigneur l’appelle sur les routes. Il l’appelle au détachement total. Il l’appelle à devenir un vagabond de Dieu.

Déjà tout petit, Benoît-Joseph est en quête d’absolu. Mais il sent que le Seigneur ne l’appelle pas à devenir prêtre. Plus tard, il choisit la vocation de moine et essaie plusieurs monastères. Rien n’y fait, c’est ailleurs que le Seigneur le veut. Et c’est ainsi que la vie d’errance de Benoît-Joseph commence. Son choix est radical et étonnant. Alors que le siècle des Lumières met en avant les savants, les artistes et la vie intellectuelle, le jeune homme choisit l’anonymat et le dénuement.

Désormais c’est « ailleurs » qu’il vivra dans l’errance et le pèlerinage perpétuel. Il ne cherche plus à se fixer. Son monastère sera la route, son seul compagnon de prière sera Dieu seul. En sept ans, il parcourut près de 30.000 kilomètres d’un sanctuaire à l’autre, en Espagne, en Suisse, en Allemagne, vivant dans le plus extrême dénuement, partageant avec les pauvres les soupes populaires et les humiliations, toujours en oraison et toujours patient.

Convaincu que Dieu l’appelle à se sanctifier sous les guenilles du pauvre en parcourant les routes des pèlerinages, dès ce jour Benoît se résout à vivre en solitaire au milieu du monde. Il va toujours à pied, en prenant les chemins les moins fréquentés, et s’arrêtant dans les lieux qui rappellent quelque souvenir cher à la piété des fidèles. Il est revêtu d’un habit pauvre qu’il ne quitte point ; il porte un chapelet au cou, un autre à la main, un crucifix sur la poitrine, et sur les épaules un sac contenant tout son avoir : le Nouveau Testament, l’Imitation de Jésus­ Christ et le Bréviaire qu’il récite chaque jour. La pluie, le froid, la neige, rien ne l’arrête ; il couche le plus souvent en plein air, évite les hôtelleries, où son recueillement serait troublé par le bruit, les chants et les blas­phèmes des voyageurs. Il vit de la charité, au jour le jour, sans mendier et sans rien se réserver pour le lendemain. S’il reçoit des aumônes abon­dantes, il donne aux pauvres son superflu. Souvent il est le jouet des enfants et de la populace : il supporte tout avec patience et amour.

C’est dans ces conditions que Benoît traverse l’Italie et arrive à Lorette, où sa dévotion rencontre l’incomparable relique de la Santa Casa. Le 18 novembre 1770, il est à Assise, au tombeau du Povero. Enfin, le 3 décembre suivant, il entre à Rome, qui va désormais devenir le centre de sa vie, et où il doit trouver l’épanouissement et le couronnement de sa sainteté. On le voit dans les églises, aux pieds des Madones vénérées ; il prie toujours, et pour gîte il a choisi une excavation du Colisée.

L’année suivante, il commence la longue série de ses pèlerinages à travers l’Europe qu’il va poursuivre pendant six ans. Sa piété le conduit vers la chapelle de Lorette, au tombeau de saint Romuald, au Mont-Gargan témoin d’une apparition de saint Michel, au tombeau de saint Nicolas de Bari, à celui de saint Benoît au mont Cassin, aux reliques de saint Janvier à Naples, au mont Âlverne témoin des stigmates de saint François, à Paray-le-Monial, à Saint-Jacques-de-Compostelle. Telles furent les étapes de l’année 1773.

Les deux années suivantes il visite les sanctuaires de Lorraine, de Franche-Comté et de Suisse. Son dernier grand voyage est Notre-Dame­-des-Ermites à Einsiedeln en 1776. A partir de cette époque il partage son temps entre les églises de Rome et de Lorette qu’il visite onze fois.

Cependant la nature humaine ne pouvait résister indéfiniment à de pareilles austérités : nourri de la pitance des pauvres, couvert de vermine, les jambes attaquées par des plaies, l’héroïque pénitent finit par accepter l’hospitalité de nuit de l’Hospice Evangélique. Le 15 avril 1783, en sortant de l’hospice, il eut une première défaillance. Le Mercredi-Saint, il se rendit comme d’habitude à l’église Sainte-Marie-des-Monts, y entendit deux messes. Puis, vers sept heures, il se sentit défaillir et tomba, pour ne plus se relever, sur les marches du parvis. C’est là qu’un boucher, son ami, vint le prendre et l’emmener dans sa maison. Il y rendit le dernier soupir, le 16 avril, à huit heures du soir. Il avait trente-cinq ans.

En ce mercredi saint de 1783, le peuple de Rome se lamente. Son saint, le vagabond de Dieu, vient de mourir. Il s’est effondré sur les marches de l’église Sainte-Marie-des-Monts et a rendu l’âme quelques heures plus tard. Il n’avait que trente-cinq ans.

Epilogue

Ce « pauvre qui trouva la joie » va vivre, en marchant (30.000 km), en demeurant des heures à genoux devant le tabernacle, dans l’intimité de la présence de Dieu et le souci des hommes. 

Celui qui vient de mourir arrive de France. Il est venu à Rome un beau jour de 1777 avec, pour seul bagage, une vieille besace trouée. L’hospice Saint-Louis-des-Français l’a d’abord accueilli, mais il a trouvé l’endroit trop confortable. Il a donc choisi pour gîte un trou dans une muraille. Depuis, le peuple de Rome commençait à le connaître et repérait de loin ce mendiant en guenille à l’odeur insupportable. Lui ne possédait rien et ses contentait de mendier le peu qu’il mangeait. Et lorsqu’il recevait quelques piécettes, il s’empressait de les donner à d’autres vagabonds. C’était comme s’il ne voulait rien posséder. Alors, petit à petit, malgré sa crasse et ses haillons, les Romains s’étaient mis à l’aimer et avaient recherché sa compagnie.

Il les attirait irrésistiblement. Lorsqu’il passait des heures en adoration devant le saint sacrement, ils l’accompagnaient. Lorsqu’il faisait son chemin de croix, ils le suivaient.

Partout, son rayonnement et sa foi profonde aimantaient les foules.

Lorsque Rome apprit la nouvelle de son décès, la ville entière cria : « Le Saint est mort ! » Et ceux-là mêmes à qui le genre particulier de sa sainteté avait inspiré de la répugnance, vinrent avec la foule lui baiser les pieds, sur le grabat où s’étaient exhalés sa dernière prière et son dernier soupir.

La tombe de Saint Benoît-Joseph Labre se trouve à gauche du maître autel dans l’église Santa Maria ai Monti, [Ste Marie des Monts à Rome, près du Colisée]. Dieu permit plus de cent miracles par son intercession ; son confesseur, l’abbé Marconi, publie sa biographie (1783) et l’abbé Stuter collationne ses souvenirs en Suisse, en Allemagne et en Franche-Comté (1789). Béatifié par Pie IX en 1860, il est canonisé par Léon XIII le 8 décembre 1881.

Les miracles se multipliant sur son tombeau, il bénéficiera ainsi d’un culte précoce et populaire, il est un défi au matérialisme d’une société vouée à l’argent.

Il est le saint patron des sans-domicile fixe, des pauvres et des exclus, des pèlerins et des personnes inadaptées.


Béatifié par Pie IX le 20 mai 1860, il est canonisé par Léon XIII le 8 décembre 1883.

« Benoît Labre est une gloire immense du XVIIIe siècle.

Quelle pierre d’achoppement pour nos titubantes cervelles d’aujourd’hui ! »

Verlaine

« J’aurais toujours la crainte de Dieu devant les yeux

et son amour dans le cœur. »

« Loués soient Jésus et Marie ! »

Saint Benoît-Joseph Labre

 » Les couvents l’avaient refusé, mais la route l’accueillit et le mena loin ! « 


* * *

La vraie Pauvreté. Dans cette si singulière existence apparaît dans tout son éclat cette pauvreté d’esprit louée par le Fils de Dieu : « Bienheureux les pauvres, car le royaume des cieux leur appartient » Ce n’est pas la richesse qu’il faut blâmer, mais les moyens de l’acquérir et l’usage qu’on en fait. Ce n’est pas un mérite d’être pauvre, mais c’en est un de pratiquer la pauvreté spirituelle.

Comme l’esprit se perd dans le luxe, il se forme dans la frugalité.

Néanmoins, est-il pauvre, celui à qui il ne manque rien, qui ne désire point le bien d’autrui, qui est riche en Dieu ? L’homme véritablement pauvre est celui qui, ayant beaucoup, désire encore davantage. Nous naissons encore plus pauvres que nous ne continuons de 1’être. Les oiseaux vivent sans biens : les animaux n’ont point de revenus, et trouvent tous les jours leur nourriture. Comme donc en un voyage, moins on est chargé, et plus on est à son aise ; de même, durant le cours de nos jours, la­ pauvreté nous soulage de beaucoup de soins, et nous ne haletons pas sous le faix des richesses. Tertullien.

« Pour aimer Dieu »

Pour aimer Dieu convenablement il faut trois cœurs en un seul.

Le premier doit être tout de feu envers Dieu et nous faire penser continuellement à Dieu, parler habituellement de Dieu, agir constamment pour Dieu, et surtout supporter avec patience le mal qu’il lui plaît de nous envoyer pendant toute la durée de notre vie.

Le second doit être tout de chair envers le prochain et nous porter à l’aider dans ses besoins temporels par les aumônes, et plus encore dans ses besoins spirituels par l’instruction, le conseil, l’exemple et la prière ; il doit surtout s’attendrir pour les pécheurs, et plus particulièrement pour les ennemis, et demander au Seigneur de les éclairer pour les amener à la pénitence ; il doit aussi être plein d’une pieuse compassion pour les âmes du purgatoire, afin que Jésus et Marie daignent les introduire au lieu du repos.

Le troisième doit être tout de bronze pour soi-même et faire abhorrer toute sorte de sensualité, résister sans relâche à l’amour de soi, abjurer la volonté propre, châtier le corps par le jeûne et l’abstinence, et dompter toutes les inclinations de la nature corrompue : car plus vous haïrez et plus vous maltraiterez votre chair, plus grande sera votre récompense dans l’autre vie. St Benoît-Joseph

* Les Labriens : Relevée, en France la nuit de Noël 1981 par fr.Benoît-Joseph Weytens († 29 mai 2009) ; la Fraternité « labriennne » en France, se compose aujourd’hui de deux communautés, l’une de frères (Prieuré  Stella Maris  à Chaignes), l’autre de sœurs (Prieuré du Magnificat à Vernon).

Certains, « Consacrés », prononcent des vœux religieux, après plusieurs années de formation, et vivent constamment en communauté, sous la Règle de St Benoît ; d’autres, « Donnés », rattachés à l’une des communautés, continuent à demeurer dans leurs conditions d’existence préalables et renouvellent chaque année leur engagement.

Nous vivons de la Parole de Dieu, du Christ Eucharistie, de son Adoration au Saint Sacrement, de notre participation à la louange de l’Eglise par la psalmodie de l’Office Divin, et du pain partagé de la tendresse humaine, faisant nôtre la parole de St Benoît-Joseph : « l’Eucharistie et le prochain, c’est tout Un ». Notre Fraternité a été reconnue Association Publique de Fidèles par Mgr Nourrichard le 17 novembre 2008.

Adresse : Prieuré Stella Maris – 8 Chemin du Val du Puits 27120 Chaignes Site Internet : http://www.fraterstbenoitlabre.com/ Tel : 02.32.36.34.46 – contact

Éphéméride du 16 avril :

En 858, Gozlin, qui était abbé de Saint-Germain-des-Prés, est fait prisonnier. Relâché contre une forte rançon, il devint abbé de Saint-Denis. Evêque de Paris depuis 883, il organise, avec son neveu Ebles, abbé de Saint-Denis, la défense de la ville et repousse les Vikings pour un temps.

En 886, Gozlin meurt de la peste qui sévit dans la cité pendant le siège des Scandinaves.

A Aix-la-Chapelle, ils avaient profané le tombeau de Charlemagne et s’étaient acharnés sur les reliques sacrées. Depuis 845, Paris dut subir six attaques.

Une rue de Paris lui est dédiée depuis 1864, près de son ancienne abbaye, entre la rue des Ciseaux et la rue de Rennes.

T e x t e s   d u   j o u r
H o r a i r e s   d e s   m e s s e s
I N F O