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Photos Michel, Antoinette et Sylvie
Geneviève, née en 422 à Nanterre, près de Paris, ne comptait guère plus de sept ou huit ans, quand deux saints évêques, Germain d’Auxerre et Loup de Troyes, se rendant en Angleterre, passèrent par Nanterre. Comme ils se rendaient à l’église pour prier, Geneviève se trouvait dans la foule qui se précipitait sur leurs pas. Germain, en la voyant, eut le pressentiment de sa grandeur future, lui remit une médaille sur laquelle était empreinte la croix, et la suspendit à son cou, en lui recommandant de ne jamais souffrir sur elle ni perles ni bijoux. Dès ce jour Geneviève mena une vie exemplaire ; et à quinze ans, elle prit le voile des Vierges, tout en vivant dans sa famille.
A la mort de ses parents, Geneviève se réfugia chez sa marraine qui habitait Paris. La petite ville de Lutèce était alors comprise dans une Île de la Seine. C’est là que désormais elle va mener une vie de mortification et de prière, ne rompant le jeûne que le dimanche et le jeudi ; ce ne fut qu’à l’âge de cinquante ans qu’elle consentit à se nourrir de poisson et de lait. De toute sa vie elle ne but de vin. Sa réputation de sainteté se répandit jusqu’en Orient.
La piété de Geneviève se traduisit par le culte rendu à saint Denis et à saint Martin, ces deux grands saints nationaux de l’époque mérovingienne. Estimant que le corps de saint Denis, premier évêque de Paris, méritait mieux que le simple édicule qui le recouvrait, elle entreprit d’ériger une véritable église, où le tombeau primitif servît d’autel. Les restes du martyr restèrent là jusqu’au jour où Dagobert les transféra dans l’abbaye qu’il venait de faire construire à Saint-Denis (22 avril 625).
L’action publique et sociale de Geneviève fut considérable et lui a mérité le titre de Mère de la Patrie.
Au début de l’an 451, après la prise de Metz, Attila se dirigeait vers Orléans ; Paris semblait menacé, et ses habitants effrayés se préparaient à s’enfuir, Geneviève, alors âgée d’une trentaine d’années, rassemble les femmes et les exhorte à la confiance dans la prière et le jeûne. Les hommes, d’abord mécontents, se laissèrent peu à peu calmer par l’ascendant de Geneviève, et la résistance s’organisa dans la ville. Attila passa sans investir Paris et alla se faire battre à Mauriac par le général Aétius, aidé des Francs.
Les Francs de Mérovée et de Théodoric, qui avaient contribué à la défaite du « Fléau de Dieu », continuèrent à occuper le pays. Clovis voulut s’emparer de la ville de Paris ; on lui en ferma les portes, parce qu’il était encore payen. Il dut se contenter d’en faire le siège. Geneviève, alors septuagénaire, assura le ravitaillement des assiégés, en allant par la Seine et l’Aube, chercher du blé jusqu’à Arcis (Troyes). Lorsque Clovis reçut le baptême, en 496, Geneviève lui fit ouvrir toutes grandes les portes de Paris et devint sa conseillère écoutée. Plus d’une fois, sur la demande de Geneviève, Clovis consentit à libérer des prisonniers ou des condamnés à mort.
La mort vint interrompre ce pieux commerce. Geneviève, qui avait quatre-vingts ans, s’éteignit le 3 janvier aux environs de l’an 500. Clovis fit élever l’église Saint-Pierre pour abriter son tombeau ; il n’eut pas le temps d’achever son œuvre ; Clotilde, [amie de Geneviève], y mit la dernière main. C’est dans la crypte de cette église que reposa la bergère de Nanterre, à côté de Clovis et de Clotilde, qui vinrent l’y rejoindre, le premier en 511, et la seconde en 545.
Ce voisinage de têtes couronnées ne fit point pâlir la gloire de la vierge de Nanterre. L’église Saint-Pierre du mont Lutèce est devenue, depuis de longs siècles, l’église Sainte-Geneviève ; ce nom populaire a fini par se communiquer à la montagne elle-même.
Très vite, la châsse qui contient ses restes devint le palladium de la cité : contre les Normands en 883 ; contre le « mal des Ardents », en 1130. Par la suite, les processions de la châsse se sont toujours faites en cas de calamité publique.
Cette châsse fut violée en novembre 1793, les ossements furent brûlés en Place de Grèves par les révolutionnaires et les cendres jetées dans la Seine.
Quant à l’église Sainte-Geneviève, bâtie en 1757 par Louis XV, pour remplacer l’ancienne qui tombait en ruines, elle fut transformée en Panthéon par la Révolution. Rendue au culte en 1806, elle a été de nouveau désaffectée le 26 mai 1885.
Si les femmes sont fort peu représentées dans le fameux monument frappé de la devise « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante » (elles ne sont que quatre : Marie Curie, Sophie Berthelot, Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle Anthonioz), il en est une dont l’absence est pour le moins frappante. Ce monument parisien, situé sur la montagne Sainte-Geneviève, devait en effet être à l’origine une église dédiée à la patronne de Paris et accueillir ses reliques. Finalement, la sainte dut demeurer en retrait, dans la non moins majestueuse église Saint Étienne-du-Mont, où reposent également Blaise Pascal et Jean Racine.
Au Panthéon, pourtant, elle veille sur le repos des grands hommes depuis les fresques qui lui sont consacrées.
Femme forte, paisible et de grande autorité, femme qui sut rétablir l’ordre et la paix de la cité au cours des pires épreuves, Geneviève reste un repère et un exemple pour tous les gendarmes dans leur labeur, en même temps qu’elle intercède pour eux. Par décret en date du 18 mai 1962, le bienheureux pape Jean XXIII a solennellement désigné sainte Geneviève comme patronne de la Gendarmerie, dont il avait pu apprécier les engagements et le sens du service comme nonce apostolique à Paris, peu auparavant.
Au calendrier de l’Église, la fête de sainte Geneviève figure au 3 janvier qui correspond à la date de sa mort, c’est-à-dire de sa naissance au ciel. Cependant, cette date n’étant pas favorable au rassemblement des gendarmes requis par cette célébration, elle est célébrée par la gendarmerie au 26 novembre, qui correspond à la fête de Sainte Geneviève des Ardents, institué par le pape Innocent II pour le diocèse de Paris en l’honneur des miracles de guérison de la peste opérés à l’invocation de la suite en cette ville en l’an 1130. La gendarmerie étant une unité dont les origines sont liées à l’histoire de la ville de Paris, cette date paraît particulièrement bien convenir.
Iconographie :
Dans les représentations, Sainte Geneviève tient parfois un cierge allumé que le diable s’efforce d’éteindre. La légende dit que Geneviève allait prier la nuit dans une église et que le diable tenta vainement d’éteindre le cierge pour l’effrayer.
Sainte Geneviève et aussi représentée en bergère, filant une quenouille et parfois distribuant des pains.
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