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Homélie de la messe du 32ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX

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32ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

La Parabole que Jésus raconte est très riche de significations. Je vous propose de la lire comme une évocation de notre propre rencontre avec le Christ au terme de notre vie ; puis comme notre propre mission, d’être des veilleurs et enfin comme l’annonce de notre future résurrection.

« Au milieu de la nuit, un cri se fit entendre : ‘Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre !’ » Premier élément à prendre en compte, la scène se passe pendant la nuit. La nuit a une symbolique particulièrement forte dans la Bible et les Evangiles : la nuit renvoie à la nuit de Noël, la nuit où le Fils de Dieu naît dans notre monde ; puis, à la nuit de Pâques où le Fils de l’homme va ressusciter d’entre les morts. La nuit, c’est à la fois le moment où Dieu accomplit ses plus grandes œuvres quand la conscience de l’homme est endormie, que ce qui se passe échappe à sa pleine conscience. La nuit dit le mystère de Dieu qui est, qui se rend proche et qui agit. La nuit dans la Parabole nous redit que la venue du Christ est un mystère : il reviendra de manière voilée et il faudra la foi pour le reconnaître.

La Parabole insiste aussi sur le contexte de Noces. Cela signifie que la rencontre avec Dieu est une question d’amour, de mariage. En Jésus, Dieu est venu épouser notre humanité, et au terme de notre vie, c’est une rencontre d’épousailles qui nous attend.

Ces éléments étant posés, la pointe de la parabole est dans la question de la veille, de l’attente de la rencontre et de la préparation de cette rencontre. Et c’est là qu’interviennent la question de la lampe qui aide à veiller, à reconnaître l’époux et la question de l’huile qui entretient la lumière. Symboliquement, nous pouvons voir en la lampe la foi nécessaire pour veiller et reconnaître l’époux et en l’huile la grâce sacramentelle qui entretient et nourrit notre foi. Cette lecture a deux conséquences pour nous. La première c’est qu’il nous faut reprendre conscience que lorsque nous recevons un sacrement (la sainte communion, la confession, le sacrement des malades etc…), c’est notre rencontre ultime avec Dieu qui déjà se construit à travers notre manière de vivre et de recevoir les sacrements. Dans tout sacrement, il y a une dimension immédiate (la grâce m’est donnée pour ici et maintenant) et eschatologique (nous préparons notre vie éternelle). La deuxième conséquence, c’est que nous ne pourrons pas entrer dans ce mystère de Noces avec Dieu sans la foi qui permet et la reconnaissance de l’époux et l’entrée dans le Royaume. Vous remarquerez que les Vierges insensées (celles qui n’ont pas d’huile) n’entrent pas dans la salle des Noces. Et les secours ou les recours de dernière minute ne suffisent pas : elles vont chez les marchands se procurer de l’huile. La foi ne s’achète pas, ne se marchande pas. Même si nous pouvons nous soutenir dans notre marche vers le Royaume, même si nous pouvons nous aider, à un moment donné, la réponse à donner est la nôtre, personnelle, nous seuls !

Nous pouvons maintenant lire cette parabole comme notre mission qui consiste à veiller dans la nuit en attendant le Retour du Christ. La nuit devient alors le temps où Dieu semble absent, où sa présence est voilée. C’est notre temporalité actuelle. Et les chrétiens, les baptisés sont appelés à être des veilleurs, à tenir leur lampes pour éclairer la nuit en attendant la pleine lumière qui sera la rencontre avec Dieu. Notre monde a besoin de petites lumières qui brillent dans la nuit pour redire que nous sommes en attente de la rencontre avec Dieu. N’oublions pas que Jésus prend souvent cette image : « Vous êtes la lumière du monde. » Alors, dans notre société où l’on vit comme si Dieu n’existait pas, comme si Dieu était une menace pour l’homme, soyons des signes de sa présence et de son existence. Plus que jamais, le célibat consacré a ici toute sa signification : il est le signe de l’existence de Dieu. Que notre manière de vivre, pétrie d’amour et de vérité (j’en parlais la semaine dernière) soit un signe éloquent de notre lumière divine dans la nuit qui nous entoure.

Nous pouvons encore faire une autre lecture de la Parabole. La deuxième lecture entendue est quasiment une transcription théologique de la Parabole de Jésus. St Paul écrit : «  Nous les vivants, nous qui sommes encore là pour attendre le retour du Seigneur… » On retrouve cette idée de veille, d’attente du retour du Seigneur, mais liée à la perspective de la Résurrection. Nos lampes avec notre huile dans la nuit sont la foi et l’espérance de notre Résurrection définitive. Nous pouvons comprendre cette idée dans la temporalité particulière qui s’écoule à partir de notre mort humaine jusqu’à la Résurrection à la fin des temps. Combien de temps cela durera-t-il ? Mystère ! De toute manière, nous serons en dehors du temps. Mais, nous vivrons de Dieu selon notre foi, notre espérance et notre charité.

Frères et sœurs, prenons au sérieux la vie sacramentelle que nous offre l’Eglise N’y voyons pas seulement les grâces nécessaires pour vivre le temps présent, mais aussi la préparation de notre éternité. Que cette perspective affermisse nos efforts pour que nos frères et sœurs, toujours plus nombreux, entrent plus profondément dans ce mystère des Noces que Dieu réalise avec chacun de nous. Amen !

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