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Homélie de la messe du mercredi des Cendres du Père Julien PALCOUX

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Mercredi des Cendres

Entrée en Carême

Frères et sœurs,

 

Nous entrons dans le Temps du Carême pour renaître à Dieu, pour dépoussiérer, pour nettoyer, purifier notre relation à Dieu, qui, si l’on n’y prend garde, se détériore, s’abîme et se laisse envahir par l’esprit du monde. Il nous faut pendant ces 40 jours remettre Dieu en premier dans nos vies, et pour cela, mettre à mort ce qui prend la place de Dieu, ce qui  nous coupe de Dieu. Ce qui implique un combat, une lutte. Mais n’oublions jamais que, si nos résolutions sont personnelles, nous n’entrons pas tout seul dans ce temps de combat et de mort à soi ; mais nous entrons tous ensemble, en Eglise, avec les moyens que l’Eglise met à notre disposition. Le temps du Carême est aussi un temps de grâce.

            Alors, premièrement, pour « revenir » à Dieu comme dit le prophète Joël, il nous faut faire un diagnostic très clair sur ce qu’il faut mettre à mort en nous. Et là, il ne faut pas magouiller avec nos habitudes ; il ne faut pas s’auto-justifier…l’être humain est très fort sur ce point-là…Il faut faire un état des lieux très clair et objectif. Alors concrètement, regardons du côté du temps…c’est surtout ici que les choses se compliquent…est-ce que je prie tous les jours ? Est-ce que je prends un  temps d’oraison, c’est-à-dire pas seulement un temps où je parle à Dieu, mais un temps où j’écoute Dieu me parler. Si je ne prends pas ce temps de prière quotidien…où vais-je pouvoir le placer dans ma journée ? Et donc, que dois-je dégager ou décaler pour placer mon temps de prière ? La tradition spirituelle de l’Eglise nous engage plutôt à placer nos temps de prière le matin, en début de journée. Peut-être faudra-t-il me réveiller une demi-heure plus tôt… Prenons garde les uns les autres à ce qui nous prend du temps, à ce qui nous mange du temps : l’ordinateur, internet, chez les plus jeunes les jeux vidéos etc…

            Revenir à Dieu, c’est aussi  nous dit l’Evangile mourir au regard des autres ; mourir au désir de reconnaissance des autres. Regardons dans nos vies tous les lieux, toutes les occasions où nous attendons d’être reconnus, admirés par les autres. La réponse ici est l’humilité. Ne cherchons pas la vaine gloire ! Au contraire, mettons plus d’effort à tout faire dans la discrétion, le secret. Mourir au regard des autres, c’est aussi nous libérer de l’influence que peut avoir telle ou telle personne sur moi, tel ou tel groupe de personnes. J’attire particulièrement votre attention sur les mauvaises influences au sein même de l’Eglise : la critique, l’esprit d’opposition, de commérage. L’influence idéologique…celle-ci est terrible parce qu’elle asphyxie et abîme la foi. Combien de personnes « nouvelles » dans la paroisse entendent des critiques personnelles ou idéologiques provenant de personnes qui devraient être plus matures dans leur foi ? En fait, on impose ses vues personnelles et conditionnées sur les remarques des autres…et on les déstabilise…Cette attitude est grave parce qu’elle égare des personnes qui ne sont pas encore solides et structurées dans leur foi…

            Revenir à Dieu passe aussi par le fait de demander pardon au Seigneur pour ses péchés ; ce qui implique de vivre le sacrement de la confession. Et le sacrement de la confession aide à revenir à Dieu, parce qu’on reçoit la grâce de Dieu qui vient nous aider à combattre le péché.

 

            Pour revenir à Dieu, je vous le disais, l’Eglise nous aide en mettant à notre disposition un certain nombre de moyens. Je ne reparle pas de la prière, je viens de le faire. Mais, je vais parler de deux autres moyens que sont le jeûne et l’aumône. Ces trois moyens la prière, l’aumône et le jeûne sont les trois moyens qui combattent concrètement le péché dans ses dimensions de rupture par rapport à Dieu, aux autres et à moi-même. La prière permet de restaurer ma relation à Dieu ; l’aumône ma relation par rapport aux autres ; le jeûne ma relation par rapport à moi-même.

            Le jeûne est une discipline qui s’adresse en premier lieu à notre corps, qui consiste ou bien à sauter un repas ou bien à le réduire considérablement (par exemple pain sec et eau.) Le jeûne discipline notre corps de manière très efficace parce que le corps et l’âme sont intimement liés dans l’homme. Agir sur le corps par l’absence de nourriture conduit nécessairement à agir sur l’âme et sur l’être tout entier. Le jeûne est une pratique pénitentielle utilisée depuis très longtemps dans la religion juive ; et c’est une pratique efficace et féconde spirituellement. A ce sujet, je vous rappelle les règles de l’Eglise aujourd’hui. Sont invitées à jeûner les personnes n’ayant pas de souci de santé et étant dans la fourchette de 18 à 60 ans. En deça et au-delà, vous n’êtes pas tenus de jeûner. Il y a deux jours de jeûne requis : le mercredi des Cendres et le Vendredi Saint. L’Eglise nous demande aussi de faire abstinence de viande et de matière grasse les vendredis de Carême. (Code de Droit canonique de 1983.)

                        L’autre moyen préconisé par l’Eglise est l’aumône qui consiste à donner gratuitement (c’est-à-dire sans attendre de retour) et à donner généreusement à ceux qui sont dans le besoin. L’an dernier, nous avions fait une collecte pour le Père Patrick-Hervé N’dong, du Cameroun qui était venu pendant l’été 2013. Cette année, avec l’équipe paroissiale, nous avons choisi de proposer une collecte en faveur des chrétiens d’Orient, martyrisés, abandonnés pour la plupart, notamment en Syrie, en Irak, en Lybie. Nous avons des contacts avec une association qui finance directement les soins administrés par des religieuses catholiques en Syrie qui viennent en aide aux chrétiens, mais aussi plus particulièrement aux enfants victimes de la guerre. Vous pourrez nous faire parvenir vos dons sous enveloppes fermées par le moyen des paniers de quête lors de la messe dominicale ou au centre paroissial en précisant bien « Offrande de Carême Hôpital d’Alep ». Bien sûr la participation à l’offrande paroissiale n’empêche pas la pratique de l’aumône personnelle.

 

            Pour terminer, je souhaiterais vous rappeler que le Carême est un temps pénitentiel, un temps de conversion à la fois personnel et ecclésial, comme nous allons le signifier dans quelques instants en recevant les uns après les autres les cendres bénies sur notre front, signe de conversion et de pénitence. Je vous invite par conséquent à porter dans votre prière pendant ce temps du Carême tout d’abord tous les catéchumènes qui vont recevoir le sacrement du baptême ou de la confirmation à Pâques. Priez aussi pour l’Eglise et la paroisse. Nos péchés abîment et défigurent aussi l’Eglise et les paroisses. Il y a certes des choses belles dans l’Eglise mais aussi des choses moches qui font souffrir. Que ce Carême soit aussi pour nous l’occasion de manifester notre amour pour l’Eglise, qui est le Corps du Christ Ressuscité, que tout le monde souhaiterait voir sans péchés, beau et saint. Amen !

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