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Homélie du 3ème Dimanche de Pâques du Père Julien PALCOUX

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3ème Dimanche de Pâques

Frères et sœurs,

Tous les dimanches, nous disons ou nous chantons dans le Credo : « Je crois en la résurrection de la chair ». De manière un peu provocante, ce matin, je vous pose cette question : avec un corps de quel âge allez-vous ressusciter ? celui d’un bébé ? d’un adolescent ? d’un jeune homme ou d’une jeune femme ? ou celui d’une personne âgée ?
Nous voyons bien qu’il y a une difficulté à penser notre résurrection à partir d’éléments humains…et pourtant, nous n’en avons pas d’autres pour appréhender ce mystère de la résurrection de la chair. Ceci-dit, il y a un autre chemin : celui de Jésus dans l’Evangile.

Quand on aborde cette question, celle de la Résurrection de la chair, je crois qu’il faut bien la distinguer d’une autre qui est celle de la vie éternelle. Bien souvent, nous mettons un peu les deux questions l’une avec l’autre, sous prétexte qu’elles concernent ce qu’on appelle les fins dernières et que l’expérience personnelle nous manque pour parler de ces réalités-ci. Nous croyons en la vie éternelle pour deux raisons : tout d’abord parce que nous croyons en l’immortalité de l’âme et puis parce que la vie éternelle est une déduction logique de la Résurrection de Jésus. L’état même de la Résurrection est la preuve et la manifestation que la vie continue au-delà même de la mort humaine.
Mais la question de la résurrection de la chair est une autre question. On peut l’aborder de deux manières : par l’exercice de la raison et par la foi. Par l’exercice de la raison : nous savons que la mort est une conséquence de ce que l’on appelle le péché originel. La mort porte en quelque sorte la marque du diable, de celui qui divise. Or précisément, qu’est-ce que la mort, si ce n’est une division, une séparation de ce que Dieu a uni, à savoir, une séparation entre le corps et l’âme ? Si donc, la Résurrection est la réponse de Dieu à la mort, il est logique que la résurrection comporte une nouvelle union entre l’âme et le corps. Mais, alors, demeure entière la question : avec quel corps ? Nous pouvons aussi aborder la question de la Résurrection par la foi. Si Jésus a assumé et vécu en tout point notre vie d’homme (il est né comme nous, mort comme nous, assume un corps comme nous), sa résurrection est l’annonce de notre future résurrection puisqu’il assume ce que nous sommes. Ce qu’il vit dans son corps est donc ce que nous vivrons. Mais, avec quel corps ?
L’Evangile du jour insiste sur la corporéité du Ressuscité. Jésus montre qu’Il a un corps. St Luc nous dit que les disciples en voyant Jésus croyaient voir un esprit. Et Jésus leur répond : « Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez et regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os, et vous constatez que j’en ai. » Et pour consolider leur foi fragile et dubitative, il mange devant eux du poisson grillé. Pourquoi St Luc prend-il la peine de nous dire tout cela ? Pour bien nous montrer que Jésus Ressuscité a un corps et pour nous montrer une deuxième réalité : que les disciples de Jésus ont eu du mal à croire en la Résurrection. Ils ont résisté. Ils ont douté.

Nous pouvons nous-aussi nous demander sur quoi repose notre foi en la Résurrection. Sur deux piliers. Sur le témoignage des Apôtres et sur l’Ecriture. Ce sont ces deux piliers que je voudrais regarder avec vous maintenant.
Le témoignage des Apôtres est le témoignage de ceux qui ont vécu avec Jésus, de ceux qui ont vécu en direct l’évènement de la Résurrection. Or, en règle générale, nous voyons que les Apôtres ont résisté à la Résurrection. Ils ont eu des doutes. Et Jésus, ayant fortifié leur foi par ses apparitions, ses échanges avec eux, les affermit. De ce fait, ils transmettent leur expérience : Jésus est ressuscité. Seul, St Jean, le disciple de l’Amour, croit immédiatement en la Résurrection. Il nous redit que l’amour parfait, pur, conduit à la foi en la Résurrection. Cette transmission de leur expérience, les Apôtres la feront dans ce texte que l’Eglise a conservé : le Symbole des Apôtres. C’est notamment dans ce texte que nous trouvons l’affirmation : « Je crois en la Résurrection de la chair. »
Notre foi en la résurrection repose aussi sur un deuxième pilier qui est celui de l’Ecriture. Jésus lui-même indique l’Ecriture à ses Apôtres comme soutien de la foi : « Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous. Il fallait que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les psaumes. » Alors, continue St Luc, « Il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Ecritures. » Et Jésus enfonce le clou : « C’est bien ce qui était annoncé par l’Ecriture : les souffrances du Messie, sa résurrection d’entre les morts etc… » Pierre qui dans la première lecture s’adresse au peuple d’Israël dit la même chose : « Mais Dieu, qui par la bouche des prophètes avait annoncé que son Messie souffrirait, accomplissait ainsi sa Parole. »
Cela veut dire, frères et sœurs, que l’Ecriture, la Bible, est un soutien fondamental pour notre propre foi. Cela veut dire aussi que toute vérité de foi, tout dogme, a un enracinement dans l’Ecriture Sainte. Dans l’Ecriture, nous rencontrerons les doutes de ceux qui ont résisté à Dieu, mais nous trouverons aussi les réponses de Dieu aux obstacles que nous rencontrons et les Vérités que Dieu nous révèle.

Je souhaiterais terminer cette méditation sur la Résurrection en nous arrêtant sur le don par excellence du Ressuscité : il s’agit du don de la paix. A chaque fois que Jésus Ressuscité apparaît à ses disciples, Il leur dit : « La paix soit avec vous. » La paix est le don du ressuscité. Quelle est cette paix ? Il ne s’agit pas seulement de rassurer les disciples qui ont peur. C’est un sentiment, un état, plus profond, plus fort, qui vient de Celui qui a franchi la mort et qui en est revenu. La mort est l’angoisse la plus profonde de l’homme, quelle que soit la manière dont cette angoisse se manifeste. Jésus peut donner une paix parfaite parce qu’Il a affronté cette angoisse fondamentale et qu’Il en a triomphé. A la messe, le prêtre redonne cette même paix qui nous vient du Christ. La liturgie nous montre bien que le don de la paix provient du Christ présent à l’autel sous les espèces du pain et du vin. « Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous ! » voilà ce que dit le prêtre après la prière eucharistique. Et la liturgie nous invite à accueillir cette paix qui vient du Christ et à la redonner autour de nous. Il ne s’agit pas d’aller saluer tel ou tel. Ce n’est pas ce que le rite signifie ni ce que l’Eglise demande. Il s’agit de donner à son proche cette paix que vous venez d’accueillir. J’en vois qui quittent leur place pour aller saluer tel ou tel ou pour porter la paix à tel ou tel. La parabole du Bon Samaritain nous invite à ne pas choisir notre prochain, mais à prendre celui que Dieu nous donne à nos côtés.
Que ce temps de Pâques nous aide à fortifier notre foi en la Résurrection de Jésus et en notre future résurrection. Prions pour que se consolide, sous l’action de l’Esprit-Saint, la jeune foi des néophytes ainsi que leur incorporation à l’Eglise. Amen !

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