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Notre-Dame d’Arabie, refuge face à l’embrasement au Moyen-Orient
Depuis plus de 70 ans, Notre-Dame d’Arabie offre foi et espérance aux chrétiens du Golfe. Alors que le Moyen-Orient est plongé dans une crise sans précédent, elle reste un phare de prière et d’unité pour tous les fidèles.
Alors que la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué samedi 28 février lors d’une offensive conjointe des États-Unis et d’Israël, a fait basculer le Moyen-Orient dans une crise sans précédent et que les évêques du Golfe appellent les fidèles à intensifier la prière pour la paix et la stabilité de la région, la figure de Notre-Dame d’Arabie s’impose plus que jamais comme un signe d’espérance au cœur de la péninsule arabique.
Les origines de la dévotion
L’histoire de cette dévotion commence à la fin des années 1940, lorsque des Carmes déchaux, originaires d’Irak, arrivent au Koweït pour accompagner spirituellement une communauté catholique en pleine croissance. Travailleurs expatriés, familles déracinées, employés des compagnies pétrolières : tous ressentent le besoin d’un signe visible de la présence maternelle de Marie. C’est ainsi qu’en 1948, une reproduction d’une statue de Notre-Dame du Mont Carmel, inspirée de celle du monastère Stella Maris à Haïfa, est installée à Ahmadi. La ferveur populaire s’intensifie rapidement. Face à cet élan, le Vicaire apostolique commande une nouvelle statue en Italie, sculptée dans le cèdre du Liban.
Un an plus tard, le 17 décembre 1949, un événement décisif marque l’histoire de la dévotion : le pape Pie XII bénit personnellement la statue au Vatican, à la veille de l’Année Sainte. Ce geste solennel confère à Notre-Dame d’Arabie une reconnaissance officielle. Elle est par la suite accueillie au sanctuaire d’Ahmadi, où elle devient le cœur battant de la prière quotidienne. En 1957, par le décret Regnum Mariae, Pie XII proclame Notre-Dame d’Arabie patronne principale du Vicariat apostolique du Koweït. En 1960, pour le dixième anniversaire de l’arrivée de la statue, elle est couronnée d’une couronne en or massif ornée de pierres précieuses et de perles du Golfe, bénite par le pape Jean XXIII. Le couronnement solennel scelle ainsi l’enracinement de cette dévotion dans la vie de l’Église locale.
En 2011, le pape Benoît XVI approuve officiellement Notre-Dame d’Arabie comme patronne principale de l’ensemble du Golfe arabique, pour les vicariats d’Arabie du Nord et d’Arabie du Sud. La statue a également été solennellement couronnée canoniquement. La fête de Notre-Dame de l’Arabie a lieu en janvier (le samedi précédant le deuxième dimanche du temps ordinaire).
Deux vicariats pour deux millions de catholiques
C’est aussi en 2011 que le Vicariat apostolique d’Arabie a été divisé en deux pour mieux gérer une vaste région et des contextes légaux très différents : le Vicariat d’Arabie du Nord (Bahreïn, Qatar, Koweït, Arabie saoudite, avec résidence de l’évêque à Awali, Bahreïn) et le Vicariat d’Arabie du Sud (Émirats arabes unis, Oman et Yémen, avec résidence de l’évêque à Abou Dabi, Émirats arabes unis). Environ 100 prêtres (de divers instituts religieux et diocèses) et 80 sœurs, assistés de centaines de catéchistes bénévoles formés, desservent les plus de deux millions de catholiques de la péninsule arabique.
L’église Notre-Dame d’Arabie (Bahreïn).
En parallèle, la construction de la cathédrale Notre-Dame d’Arabie est lancée à Bahreïn en 2014. Plus de six ans plus tard, elle est consacrée le 10 décembre 2021. L’une de ses chapelles abrite la sainte patronne du Vicariat apostolique d’Arabie du Nord, Notre-Dame d’Arabie — la Vierge Marie couronnée tenant un chapelet et l’enfant Jésus. Rapidement, l’église devient un centre spirituel majeur pour les catholiques de la région. Pour cause, en Arabie saoudite, la pratique publique du christianisme est sévèrement restreinte et limitée aux terrains des ambassades étrangères et aux maisons privées. De nombreux chrétiens vivant en Arabie saoudite se rendent donc dans la nation voisine de Bahreïn pour recevoir les sacrements et vivre leur foi en communauté. En 2025, le sanctuaire a été élevé au rang de basilique mineure.
Aujourd’hui, Notre-Dame d’Arabie demeure un signe d’unité pour une communauté extraordinairement diverse. Elle accompagne des millions de fidèles qui vivent leur foi dans la sobriété et l’humilité. Pour les travailleurs migrants comme pour les familles installées de longue date, elle est une mère qui veille silencieusement. À l’heure où le Moyen-Orient connaît incertitudes et crispations, la dévotion à Notre-Dame d’Arabie rappelle que la foi peut fleurir même dans les terres les plus inattendues — et que, dans le silence du désert, une prière peut devenir lumière pour tout un peuple.
PRIÈRE À NOTRE-DAME D’ARABIE
Ô très bénie Vierge Marie, Notre-Dame d’Arabie et notre Patronne, nous vous offrons nos prières pour les besoins de l’Église ici et dans le monde entier. Aidez-nous à demeurer unis à votre Fils Jésus et à rester solidaires entre nous, afin que nous puissions être de véritables témoins du Christ dans notre vie quotidienne, et que les bénédictions du Seigneur, paix et harmonie, demeurent toujours dans nos familles et nos communautés. Confiants en votre intercession maternelle, nous vous supplions d’entendre nos humbles prières et d’accorder les grâces que nous cherchons… afin que nous puissions glorifier Dieu pour toujours. Amen. Notre-Dame d’Arabie, priez pour nous.
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