Menu Fermer

Devant le silence de Dieu, trouver la clé sur la porte

Dans l’épreuve, quand Dieu se fait silencieux, comment trouver la clé sur la porte de sa chambre intérieure ? La réponse est d’abord dans son propre silence, là où Dieu nous attend sans bruit.

Malgré l’atmosphère si consolante du temps pascal, bien des esprits sont perturbés par les secousses du monde en folie et ont du mal à saisir la présence de Dieu au sein de ce qui semble être totalement chaotique. Certes, rien n’est vraiment neuf sous le soleil en ce qui regarde la violence des hommes, mais cette constatation souvent ne suffit pas à garder la tête hors de l’eau. Même les croyants sont parfois saisis de doute et adressent des reproches à un Dieu apparemment silencieux, absent ou indifférent. Comment convaincre d’ailleurs l’âme en détresse ou en révolte ? Mission impossible car chacun est pleinement responsable de sa propre quête, aussi seul sur son tas de fumier que Job, aussi désemparé, tout autant assailli par les conseils d’amis qui versent du vinaigre sur les plaies tout en prétendant vouloir le bien du malade. 

Fausses consolations

Les paroles de consolation au rabais sont lĂ©gion et il est sage de s’en tenir Ă  distance. LĂ©on Bloy souligne justement : 

La religion est si consolante ! Cette affirmation est ordinairement profĂ©rĂ©e ou susurrĂ©e par des personnes qui n’ont aucun besoin de consolations. Elle sous-entend qu’on a juste assez de religion pour ne pas ressembler Ă  ces publicains qui jeĂ»nent avec tristesse d’un bout de l’annĂ©e Ă  l’autre, pendant qu’on s’enfile tout le temps des repas exquis dans une grande paix de conscience. On ne doit rien aux gens qui crèvent de misère, puisqu’ils ont la religion pour les consoler. Il ne tient qu’à eux de manger leurs croĂ»tes avec dĂ©lices ou mĂŞme de se rĂ©jouir en ne mangeant absolument rien. Les ventres creux sont des tambours excellents pour l’entraĂ®nement des misĂ©reux Ă  la conquĂŞte du Paradis. Tant pis pour eux s’ils ne comprennent pas leur bonheur. (ExĂ©gèse des lieux communs, nouvelle sĂ©rie)

Dans ses conditions en effet, pourquoi se plaindre, comment avoir l’outrecuidance d’exiger, sinon des rĂ©ponses, au moins quelques mots comme Ă©cho aux appels dĂ©sespĂ©rĂ©s ! Offrir de faciles et peu coĂ»teuses consolations Ă  celui qui souffre d’une façon ou d’une autre serait faire Ĺ“uvre mauvaise. 

Ne pas avoir peur

Il faut souvent aborder le silence apparent de Dieu avec son propre silence, celui de la prière et celui qui accompagne l’être en proie Ă  sa torture. Des mots et des paroles sont possibles bien sĂ»r, mais toujours avec dĂ©licatesse, tact et discrĂ©tion. Nous vivons dans un monde oĂą le trop-plein de formules, de dĂ©clarations, de rumeurs et d’informations — vĂ©ridiques ou fallacieuses — dĂ©boussole et donne le tournis. Une juste mesure est bĂ©nĂ©fique. LĂ©on Bloy dit sobrement : « L’infini est au fond du couloir, la clĂ© est sur la porte » (Idem). C’est une sage invitation Ă  cesser tant de contorsions pour trouver, envers et contre tout, une rĂ©ponse logique et humaine Ă  la dĂ©rĂ©liction qui peut envahir l’âme. 

Cette clĂ© sur la porte est Ă  la disposition de tous, Ă  condition de prendre le temps et le risque d’avancer jusqu’au bout du couloir. C’est l’armoire de Digory Kirke qui donne accès au Royaume de Narnia (Le Monde de Narnia, Clives Staples Lewis). Une fois que l’ouverture es trouvĂ©e, encore faut-il ne pas avoir peur de tourner la poignĂ©e et de pĂ©nĂ©trer dans l’inconnu. Cette dĂ©marche dĂ©pend de chacun et personne ne peut nous remplacer, malgrĂ© les encouragements nĂ©cessaires. Personne, aujourd’hui, ne peut vraiment dire honnĂŞtement que l’existence de cette porte lui est inconnue et qu’il ne sait pas oĂą la trouver. Encore faut-il bouger notre paresse ou notre indiffĂ©rence, notre lâchetĂ© ou notre manque de goĂ»t. 

Les conditions de la découverte

Il n’existe pas d’itinĂ©raire tout tracĂ© pour aboutir Ă  cette porte et Ă  cette clĂ©. Les guides professionnels et les organisateurs du spirituel ne sont que d’une aide mĂ©diocre car, de toute façon, la porte est Ă©troite et chacun doit la franchir en se dĂ©pouillant, condition d’une consolation qui n’est pas frelatĂ©e. La recherche et l’attente peuvent ĂŞtre longues, ressenties comme dĂ©mesurĂ©es, mais, parce qu’elles n’appartiennent qu’à celui qui en est le sujet et l’objet, et Ă  personne d’autre, elles sont bien les conditions d’une dĂ©couverte qui comble par la suite. Tel est le thème du poème de Simone Weil : 

Attendant et souffrant, nous voici devant la porte.
S’il le faut nous romprons cette porte avec nos coups.
Nous pressons et poussons, mais la barrière est trop forte.

Il faut languir, attendre et regarder vainement.
Nous regardons la porte ; elle est close, inébranlable.
Nous y fixons nos yeux ; nous pleurons sous le tourment ;
Nous la voyons toujours ; le poids du temps nous accable.

La porte est devant nous ; que nous sert-il de vouloir ?
Il vaut mieux s’en aller abandonnant l’espĂ©rance. Nous n’entrerons jamais.
Nous sommes las de la voir…
La porte en s’ouvrant laissa passer tant de silence. 

Que ni les vergers ne sont parus ni nulle fleur ;
Seul l’espace immense oĂą sont le vide et la lumière.
Fut soudain présent de part en part, combla le cœur,
Et lava les yeux presque aveugles sous la poussière. (La Porte) 

Savoir demeurer en repos

Le silence enveloppant, trophĂ©e de cette quĂŞte inlassable et douloureuse, n’est point alors celui qui angoisse, comme lorsque Blaise Pascal confie : « Le silence Ă©ternel de ces espaces infinis m’effraie » (PensĂ©es). Il est celui qui apaise et peut combler, Ă  condition de mettre en Ĺ“uvre les moyens qui permettent son irruption et son accueil. Pascal souligne ici l’obstacle qui nous empĂŞche de nous approcher de la porte et de tourner la clĂ© : « Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre » (Idem). Il est bon de retourner dans sa chambre intĂ©rieure pour y dĂ©couvrir, non pas un dĂ©sir naturel de Dieu, mais un Ă©lan vers Dieu admirablement accordĂ© Ă  notre nature. L’abbĂ© Guillaume de TanoĂĽarn Ă©crit justement Ă  ce propos : « Il nous suffit d’ouvrir la porte et de demeurer dans la chambre oĂą Dieu nous attend sans bruit de paroles, dans le silence » (Le Silence de Dieu). Rien ne peut ĂŞtre gagnĂ© rapidement, sauf exception. L’épreuve est longue et il ne s’agit pas de proposer des « mĂ©thodes » qui suffiraient Ă  Ă©prouver soudain l’amour de Dieu et Ă  L’aimer. Combien d’êtres souffrent de pas croire en Dieu malgrĂ© leur dĂ©sir de sentir cette prĂ©sence… Ils peuvent faire le tour de toutes les recettes proposĂ©es depuis des siècles par les prĂ©dicateurs ou les directeurs spirituels, ils demeurent secs, non point par mauvaise volontĂ© mais parce que la clĂ© ne tourne pas magiquement dans la serrure. L’huile des jours patients et de l’attente confiante produira son effet en graissant quotidiennement le mĂ©canisme qui finira par cĂ©der, doucement, sans vacarme, sans tambour ni trompette. 

Le passage nécessaire

MĂŞme si le Verbe s’est fait chair et s’Il nous a laissĂ© un enseignement fructueux, ses paroles jaillissent toujours d’un silence intĂ©rieur qui provient du Père. Julien Green note que « la langue de Dieu, c’est le silence. Il peut ĂŞtre assourdissant, mais on y reconnaĂ®t sa voix. On ne discute pas avec cette voix » (Journal, 1942). Ce silence n’est point « l’espace affreux et captivant » dont se plaint Charles Baudelaire (Les Fleurs du Mal, « Le Gouffre »). Le silence prĂ©cède la parole et en est le berceau. Il est le passage nĂ©cessaire. Chacun est face Ă  la porte. Il ne pourra la dĂ©couvrir que dans ce silence, et lui seul pourra prendre la dĂ©cision de tourner la clĂ©. « Notre silence n’est pas le vide et la mort ; il doit au contraire se rapprocher et nous rapprocher de la vie pleine. Votre souffrance est bonne ; gardez-la prĂ©cieusement. Elle dit au bon Dieu — bien mieux que des mots — le besoin que votre âme a de Lui » conseille dom Augustin Guillerand dans son Silence cartusien. Le silence annonce le mystère et en dĂ©couvre le sens. Puisse toute âme en ses Ă©preuves et ses tĂ©nèbres traverser le silence pour ouvrir la porte en tournant la clĂ© afin d’être comblĂ©e par la lumière pascale.

ALETEIA

Actualités de la Paroisse - articles récents

Messes du 14 au 20 septembre 2026

Semaine 37

Lundi 14 septembre – La Croix Glorieuse

  • Messe Ă  l’église de la Madeleine Ă  18:30

Mardi 15 septembre – Notre-Dame des Douleurs

  • Centre BethlĂ©em de 16:30 Ă  18:30 – Patronage
  • Messe Ă  l’église de la Madeleine Ă  18:30

Mercredi 16 septembre – S. Corneille, pape, et S. Cyprien, Ă©vĂŞque, martyrs

  • Centre BethlĂ©em et Presbytère de Rugles de 10:00 Ă  11:00 – CatĂ©chisme
  • Messe Ă  l’église de Mandres Ă  18:00

Jeudi 17 septembre – S. Robert Bellarmin, Ă©vĂŞque et docteur de l’Église.
Ste Hildegarde de Bingen, vierge et docteur de l’Église.

  • Eglise de la Madeleine Ă  15:00 – Chapelet de Montligeon
  • Messe Ă  l’église de ChĂ©ronvilliers Ă  18:00
  • Centre BethlĂ©em de 20:00 Ă  21:00 – PrĂ©paration baptĂŞme
  • Messe Ă  la Maison de Retraite Korian la Risle Ă  15:00
  • Eglise de la Madeleine Ă  16:00 – Chapelet de la confrĂ©rie
  • Eglise de la Madeleine Ă  17:30 – Adoration
  • Messe Ă  l’église de la Madeleine Ă  18:30 – AumĂ´nerie 5ème, 4ème et 3ème
  • Presbytère de Rugles de 9:30 Ă  10:45 – AumĂ´nerie 6ème
  • Presbytère de Rugles de 11:00 Ă  12:00 – AumĂ´nerie 5ème
  • Eglise de la Madeleine Ă  16:00 – BaptĂŞme
  • Messe Ă  l’Ă©glise de Pullay Ă  18:00
  • Messe patronale Ă  l’Ă©glise de Juignettes Ă  9:15
  • Messe Ă  l’Ă©glise de la Madeleine Ă  11:00

Messes du 21 au 27 septembre 2026

Semaine 38

Lundi 21 septembre – Saint Matthieu, apôtre et évangéliste

  • Messe Ă  l’église de la Madeleine Ă  18:30
  • Centre BethlĂ©em de 20:00 Ă  21:00 – RĂ©union Liturgie – Feuille de chants

Mardi 22 septembre – de la fĂ©rie

  • Centre BethlĂ©em de 16:30 Ă  18:30 – Patronage
  • Messe Ă  l’église de la Madeleine Ă  18:30

Mercredi 23 septembre – S. Pio de Pietrelcina (Padre Pio), prĂŞtre

  • Centre BethlĂ©em et Presbytère de Rugles de 10:00 Ă  11:00 – CatĂ©chisme
  • Messe Ă  l’église de Bourth Ă  18:00

Jeudi 24 septembre – de la fĂ©rie

  • Eglise de la Madeleine de 10:00 Ă  12:00 – Rencontre doyennĂ©
  • Messe Ă  l’église des Bottereaux Ă  18:00

Visite du pape Léon XIV en France

  • Eglise de la Madeleine Ă  16:00 – Chapelet de la confrĂ©rie

Visite du pape Léon XIV en France

  • Eglise de la Madeleine Ă  15:00 – BaptĂŞme

Visite du pape Léon XIV en France

  • Messe Ă  l’Ă©glise de St Germain de Rugles Ă  9:15
  • Messe Ă  l’Ă©glise de la Madeleine Ă  11:00