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Homélie de la messe de la Vigile de Noël du Père Julien PALCOUX

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Messe de la Vigile de Noël

Jeudi 24 décembre 2015

19h00 Notre-Dame de Verneuil

 

Chers frères et sœurs,

 

Les textes que nous entendons ce soir en cette messe de Vigile nous plongent dans l’attente du Messie qui va naître et dans les multiples préparatifs de Dieu au cœur de notre existence humaine pour préparer la venue du Jésus.

            La première lecture d’Isaïe présente cette attente et cette venue comme des épousailles : Dieu vient épouser notre humanité. La deuxième lecture présente la venue du Messie comme l’Avènement du Salut : Dieu vient épouser notre humanité pour la sauver. Et l’Evangile nous redonne à entendre cette longue et discrète entrée de Dieu dans notre monde, dans un peuple, dans une lignée, dans une famille. Dieu entre discrètement, sans bruit, comme dans nos vies ou nos existences, où bien souvent nous voudrions le voir de manière plus visible, plus remarquable, et où, trompés par cette attente, nous le pensons absent ou inexistant alors qu’en fait Il est là. Nous pouvons écouter de manière superficielle ou presque endormie, tant le rythme est régulier cette longue litanie de générations qui se sont succédées. Simplement, nous pouvons passer à côté d’un petit changement, tout petit, qui passe presque inaperçu mais qui est le signe de Dieu qui est passé à l’œuvre : « Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ (ou Messie). » Là, il y a une rupture de rythme, il y a même un cassement. C’est Dieu qui engendre en Marie Jésus et non Joseph, issu de la tribu de Juda. Vous voyez, on  peut passer à côté ; et pourtant tout ceci est lourd de conséquence. L’Evangile nous redit donc de quelle manière Dieu agit dans nos vies. Il y entre tellement discrètement au point qu’on peut ne pas le sentir, le penser inexistant ; et de manière très discrète, Il se révèle et se déploie.

 

            Mais, il y a une condition à cela : c’est qu’il faut le laisser agir. Il faut le laisser « prendre les rênes » comme on dit. Pour que Dieu puisse se révéler, pour qu’Il puisse agir dans notre vie, dans notre existence, dans notre monde, il faut que nos cœurs soient capables de lui dire « oui ». Notre cœur, notre volonté est la porte par laquelle Dieu entre dans notre monde. On souhaiterait aujourd’hui que Dieu intervienne plus dans nos vies ; qu’Il soit plus manifeste. Peut-être ne lui ouvrons-nous pas assez notre cœur pour lui permettre d’agir ? Joseph de ce point de vue est un modèle. Il accepte de laisser Dieu agir à sa place. Il accepte de renoncer à sa fécondité pour laisser celle de Dieu se déployer. Alors qu’il a résolu de répudier Marie enceinte, il accepte de faire confiance et d’obéir à Dieu en gardant Marie et l’Enfant chez Lui. Il ne fait pas sa volonté, il renonce même à sa volonté pour faire celle de Dieu. Cette Vigile de Noël nous redit que pour que Dieu agisse dans notre monde, il  faut des cœurs qui lui disent « oui » et qui acceptent de se mettre à son service. Voilà comment vivre la fête de Noël de manière chrétienne et féconde. Appliquer dans notre vie ce que nous fêtons ce soir : « oui » à Dieu.

 

            Ces derniers temps, l’image qui a été donnée de Dieu est plus celle de personnes qui se servent de Lui  à des fins idéologiques de mort plutôt que de personnes qui le servent. L’image alors donnée de Dieu n’est pas anodine : un Dieu de mort au nom duquel on tue ! Frères et sœurs, on peut déplorer ces dérives, on peut, et il faut, combattre ces radicalisations qui gangrènent notre société. Mais il faut aussi s’interroger sur le terreau que nous offrons à ces radicalisations. Lorsque les chrétiens ne vivent pas leur foi, ne la transmettent pas en famille, ne nourrissent pas la foi de leurs enfants en les catéchisant, lorsque les chrétiens ne vont plus à la messe, ne vous étonnez pas du vide sidéral que l’on créée dans la société ; ne vous étonnez pas alors des dérives fondamentalistes qui surgissent et même chez des personnes d’origine chrétienne. Si les chrétiens assumaient plus leur identité et leur mission, les choses seraient différentes. Il est de plus en plus urgent aujourd’hui que les chrétiens, les baptisés, redécouvrent la foi qu’ils ont reçue et qu’ils osent la vivre de manière visible, ce qui n’est pas contraire à la laïcité, mais au contraire, ce qui est permis et protégé par la laïcité. Sur ce plan-là, l’Eglise n’est pas contre la laïcité, puisque sans dénaturer la réalité des choses, on peut dire que la laïcité est issue des paroles mêmes de Jésus : « Rendez à césar ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ! » Mais, il ne faut pas confondre la laïcité de l’Etat en vigueur chez nous en France depuis plus d’un siècle avec la laïcité de la société. Car notre société, comme toute personne, est marquée par son histoire qu’elle doit aussi assumer au risque de s’auto-détruire et de ne plus pouvoir grandir de manière cohérente et harmonieuse.

Puisse cette fête de Noël nous redonner l’estime du Trésor que nous portons en nous et puisse l’Enfant Jésus, dont nous fêterons la naissance cette nuit, nous aider toujours plus à révéler au monde que Dieu est un Dieu d’Amour et de Vie. Amen.

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