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Homélie de la messe du 28ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX

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28ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

« Le Royaume des Cieux est comparable à un Roi qui célébrait les Noces de son fils. Il envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. » Nous avons ici un condensé de l’histoire de Dieu et des hommes. Nous sommes invités à des Noces, les nôtres avec Dieu, et certains ne veulent pas venir, ou encore, comme nous l’apprend la fin de la Parabole, certains viennent mais sans s’y préparer.

Je voudrais pour commencer m’arrêter sur deux images que l’on retrouve souvent dans les paraboles de Jésus : celle des Noces et celle du repas. Les Noces nous rappellent que la relation de Dieu avec les hommes est avant tout une question de relation d’amour. Dieu nous aime, nous offre son amour et nous invite à répondre à son Amour. Regardons comment nous-mêmes nous envisageons notre propre relation à Dieu : ne sommes-nous pas parfois dans une conception de devoirs à accomplir, parfois peut-être de peur de Dieu ou encore d’indifférence ? Repensez à l’épisode des Noces de Cana, là où Jésus accomplit son premier miracle. Son premier miracle, celui de la nouvelle Alliance, consiste précisément à transformer l’eau en vin, c’est-à-dire que Jésus nous fait passer d’une relation, d’une religion de purification à une relation, une religion de don de soi, le tout dans un contexte nuptial. Les Noces de notre parabole sont donc celles du Fils de Dieu avec nous, noces auxquelles nous sommes invités.

Maintenant, nous avons aussi l’image du repas, du festin, thème que nous trouvons annoncé dans la première lecture. Le thème du repas parcourt la Bible et plus particulièrement l’Evangile où il culmine avec l’Institution de l’Eucharistie et le repas pascal. Le repas dit des choses importantes de la relation à Dieu : il est d’abord le lieu où nous apprenons le partage. L’acte de manger ensemble fait préférer l’écoute de la parole des autres au regard posé sur la nourriture. Manger ensemble apprend à vivre ensemble. Nous apprenons à accueillir un don plutôt que de nous servir chacun selon ses besoins. Le repas est un acte caractéristique de l’alliance. Le repas des Noces de la parabole est une image de la vie éternelle où nous nous nourrirons de la Parole de Dieu lui-même, dans une Alliance éternelle, alliance annoncée à travers les Noces de Cana et réalisée dans le repas des Noces lors de la fête de la Pâque où Jésus se donne lui-même.

Alors, frères et sœurs, tout cela est bien beau en théorie. Mais la réalité est bien différente. Et, Jésus ne fait pas l’impasse sur la réalité. Il l’évoque à plusieurs reprises dans la Parabole : « Mais les invités ne voulaient pas venir. » Première fois. Puis, une deuxième : « Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent l’un à son champ, l’autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent, les tuèrent. » Et enfin une troisième lorsque le roi fait jeter dans les ténèbres l’invité qui ne porte pas le vêtement des Noces. Le refus, l’indifférence par rapport à l’invitation au Salut qui nous est faite, font partie de la réalité de notre humanité. Combien aujourd’hui vivent sans Dieu ? Combien vivent sans cohérence ? C’est-à-dire combien sont des chrétiens de culture (Ah, je suis baptisé !), combien sont des chrétiens de surface, mais pas de cœur ? Combien ont abandonné la pratique religieuse se réfugiant derrière de fausses excuses ? Combien encore font passer tout ce qu’ils peuvent avant Dieu ? Dans la parabole l’un va à son champ, l’autre à son commerce. Alors, nous pouvons tous nous retrouver dans ces processus. Nous pouvons tous trouver des choses à faire, avec les meilleurs prétextes du monde, avant de prier, de dire son chapelet, avant d’aller à la messe. Et il y a pire : on peut même se dire que, dans le contexte actuel, on n’est pas parfait, mais nous au moins, on vient à la messe. Regardons la parabole : « Mon ami, dit le Roi, comment es-tu entré ici sans avoir le vêtement de Noces ? » Il ne s’agit pas seulement de répondre, mais de porter le vêtement de Noces, c’est-à-dire de s’être préparé à cette rencontre avec Dieu. Quelle cohérence mettons-nous dans notre vie avec notre foi ? Quelle vérité dans nos relations ? Quelle place laissons-nous à la miséricorde ?

« Certes, la multitude est appelée, mais les élus sont peu nombreux. » Il ne s’agit pas seulement de répondre favorablement, mais de prendre au sérieux l’invitation et de nous prépare en conséquence.

Alors, frères et sœurs, je voudrais terminer par ceci : la parabole évoque notre rencontre avec Dieu au terme de notre vie. Mais, on peut aussi en faire une lecture eucharistique, car, au cours de la messe, nous rencontrons aussi Dieu. Au cours de la messe, nous sommes également invités par Dieu aux Noces de son Fils qui se donne. Ce que je veux dire, c’est que notre manière de vivre la messe nous prépare, nous forme à la rencontre définitive avec Dieu. Et là se construit notre entrée dans l’éternité. Certes, il est déjà bien de venir à la messe ; mais comment est-ce que je me prépare à cette rencontre hebdomadaire ? Comment est-ce que je prépare mon âme ? cela peut être par les lectures méditées de la messe qui va venir, par la confession, par l’offrande spirituelle de ma vie, de mes sacrifices, par la qualité de communion que j’ai avec mes frères et sœurs ? Et comment est-ce que je prépare mon corps ? Cela passe par exemple par la manière dont je m’habille. Il est beau de voir sur les photos ou les images que nous envoient nos amis les prêtres africains qui sont venus sur la paroisse, de voir comment les familles s’habillent le dimanche pour la messe…C’était comme cela chez nous il y a quelques années ! Heureusement, cela n’a pas complètement disparu…Mais cela dit tout le respect que l’on a de Dieu. Comment est-ce que je prépare aussi mon corps par exemple par le jeûne eucharistique, une heure avant la messe ? Beaucoup disent que cette règle a été abolie par l’Eglise au moment du Concile. Pas du tout ! Décidément, qu’est-ce qu’on fait dire au Concile ! Il est toujours demandé par l’Eglise de se préparer à recevoir le Corps du Christ en jeûnant une heure avant la messe. Comment est-ce que par mes attitudes physiques, je me prépare au silence sacré, qui seul, peut permettre d’accueillir le mystère de Dieu ?

Frères et sœurs, n’y voyez pas un retour de règles anciennes, mais au contraire des indications précises pour nous aider à honorer avec notre corps, notre esprit, notre âme, l’invitation au banquet nuptial qui nous est faite, où nous sommes nous-mêmes les invités aimés et élus. Soyons en dignes. Amen !

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