Que les diocèses d’Evreux et de Chartres soient en fête ! 

Sa sainteté le pape François a signé le 3 avril 2014 le décret de canonisation du premier évêque de Québec, le bienheureux François de Laval, désormais saint François ! La cérémonie officielle de canonisation aura lieu à l’automne. Cette grâce nous touche spécialement, puisque nous avions publié dans le bulletin précédant (n° 35) la prière demandant qu’il soit compté bientôt parmi les saints !

Mais en quoi cette canonisation touche-t-elle le diocèse d’évreux ?

Revenons en arrière : François-Xavier de Laval est né le 30 avril 1623 à Montigny-sur-Avre (diocèse de Chartres où il vécut huit ans).

Le 1er mai 1647, son oncle Mgr Péricard, qui est l’évêque d’évreux, lui confère l’ordination sacerdotale, alors qu’il avait déjà la charge de chanoine de la cathédrale. Convaincu de ses rares qualités, il veut en faire son principal collaborateur. C’est son successeur, Mgr Jacques du Perron qui désigne François à la charge d’archidiacre du diocèse d’Évreux, « les yeux de l’évêque » selon la définition du Concile de Trente. Il exercera cette fonction durant cinq ans, de décembre 1648 à décembre 1653.

Le voilà donc chargé de l’administration de cet important diocèse de cent soixante paroisses, ce dont il s’acquitte avec maîtrise. La plus brillante des carrières ecclésiastiques lui est assurée.

Arrêtons-nous un instant pour considérer son ministère auprès de nos pères. Il prêcha dans toutes les chaires des églises de nos villages de l’Eure, il célébra la messe sur tous leurs autels au cours de ses visites pastorales, garant fidèle de la foi de nos pères. 

Mais François de Laval a des aspirations missionnaires. En 1653, il est pressenti pour un évêché en Extrême-Orient. Le 7 décembre 1653, il résigne donc son archidiaconé d’évreux. Comme il lui était permis de choisir son successeur, ses vœux et son choix désignèrent Henri-Marie Boudon, son ami et guide spirituel, encore jeune étudiant dont il connaissait les aptitudes et la rare vertu. Mais sa nomination pour le Tonkin se heurte à l’opposition formelle du Portugal. Il se retire alors à l’Ermitage de Caen chez Jean de Bernières. C’est là qu’il apprendra enfin en 1658 sa nomination comme Vicaire apostolique de la Nouvelle France.

François de Laval sera fidèle à la spiritualité des Congrégations mariales initiées par Monsieur Boudon, aussi sa dévotion à Marie aura une place toute privilégiée dans toute sa vie (cf. Bull. n°35). C’est donc tout naturellement le 8 décembre 1658, fête de l’Immaculée Conception, qu’il est nommé vicaire apostolique de la Nouvelle-France et sacré évêquein partibus de Pétrée en l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés à Paris. Dans la suite, François de Laval marquera de célébrations ou de fondations cette fête de l’Immaculée Conception.

Il s’empresse d’embarquer avec trois ecclésiastiques de Caen par le premier navire en partance de La Rochelle le jour de Pâques 1659. Il arrive à Québec le 16 juin et découvre son immense diocèse (de la Baie d’Hudson jusqu’au Golfe du Mexique) qui ne compte encore que deux mille colons : les deux tiers à Québec et dans les environs immédiats, les autres à Ville-Marie et Trois-Rivières. La guerre avec les Iroquois est à son paroxysme. Le commerce est totalement paralysé. Dix-sept jésuites, six prêtres séculiers, quatre sulpiciens installés depuis deux ans à Ville-Marie, forment le clergé de la colonie. Il faut ajouter la communauté des Ursulines autour de Mère Marie de l’Incarnation de Tours et de sa bienfaitrice Madeleine de la Peltrie d’Alençon, celle des Augustines hospitalières de Dieppe, Marguerite Bourgeois, Jeanne Mance etc… Ainsi, la jeune mission avait déjà élevé sa charpente d’église. Il n’y manquait que la bénédiction d’un évêque pour consacrer et parfaire cette entreprise missionnaire.

François entreprend la visite apostolique de son vaste diocèse de la Gaspésie à l’Outaouais, des rives du Saint-Laurent à l’Acadie, de toute la vallée du Mississippi jusqu’en Louisiane et à l’ouest vers les Montagnes Rocheuses. Il s’était lancé sur les neiges dès son premier hiver pour visiter ses ouailles, non pas à cheval ou en carrosse, mais en raquettes et sur les glaces, à la bonne saison dans un petit canot d’écorce mené par deux paysans et un ecclésiastique. Il donne le sacrement de confirmation à des centaines de chrétiens français ou indiens d’origine.

Il porte une attention particulière aux gens des Premières Nations dont il défend la dignité. Ses premiers actes seront pour protéger les indigènes victimes de marchands peu scrupuleux qui les enivrent pour accaparer à vil prix les peaux de castors : il s’empresse d’interdire toute traite de boissons alcoolisées.

Le 2 mars 1663il fonde le premier Séminaire, à l’identique du Séminaire des Missions étrangères de Paris fondé par ses amis de jeunesse.Ce Grand Séminaire prendra un nouveau tournant en 1852 lorsqu’il accueillera la première université d’Amérique du Nord, « l’Université de Laval ». Le 15 septembre 1664, il érige la Paroisse de Québec sous le titre de l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. L’une de ses dernières œuvres est l’institution de la fête de la Sainte-Famille, le 4 novembre 1684.

 à sa mort, le 6 mai 1708, il a dépensé tous ses biens et ne possède plus un centime mais il laisse 35 paroisses, 102 prêtres dont 13 Canadiens, 97 religieuses dont 50 Canadiennes, pour une population de 12 000 colons. Il a été béatifié le 22 juin 1980 par Jean-Paul II, avec Kateri Tekakwitha (canonisée le 21 octobre 2012) et Mère Marie de l’Incarnation (déclarée également sainte le 3 avril dernier).

Le 8 décembre dernier s’ouvrait à la cathédrale de Québec le jubilé du 350èmeanniversaire de la fondation de cette 1ère paroisse catholique au nord du Mexique, et ainsi mère de toutes les paroisses en Amérique du Nord (où repose le corps de saint François). Pour cette occasion, l’archevêque Mgr Gérald Cyprien Lacroix a officiellement inauguré dans sa cathédrale la 7ème Porte Sainte au monde. Elle restera ouverte jusqu’à la fin du jubilé, le 28 décembre 2014, fête de la Sainte-Famille instituée par saint François de Laval !

Aujourd’hui, boulevards, paroisses, écoles, villes et de nombreux monuments portent son nom au Québec. Mais à quand une paroisse, une chapelle, une avenue Saint François de Laval dans le diocèse d’évreux ? Emmanuel Oger Extrait du Bulletin des Saints Anges N° 36 de dimanche dernier

 

La Sainte église célèbre sa fête le 6 mai :

nous aurons à cœur de l’honorer particulièrement !

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