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15 mars – sainte Louise de Marillac, fondatrice des Filles de la Charité : 12 août 1591 – 1660

Sainte Louise de Marillac, fondatrice des Filles de la Charité : 12 août 1591 – 1660

 

Très tôt orpheline, épouse éprouvée, veuve contemplative et active, mère inquiète et grand-mère sereine, enseignante et soignante, travailleuse sociale et organisatrice de la charité. Mariée à 20 ans, Louise partage son temps entre l’éducation de son fils Michel et des œuvres de charité. La prise en charge de sept jeunes cousins orphelins ruine le ménage. Veuve à 34 ans, la rencontre avec saint Vincent de Paul est déterminante. A partir de ce moment, aucune misère ne lui est indifférente. Ce sera le travail des Filles de la Charité. Elle en écrit le règlement avec Vincent de Paul : Vous aurez chacune pour monastère une maison de malade, pour cellule une chambre de louage, pour cloître les rues de la ville ou les salles des hôpitaux, pour clôture l’obéissance, pour voile la sainte modestie.

Elle meurt le 15 mars 1660, en paix. Elle est la patronne des travailleurs sociaux.

 

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Louise est la nièce du chancelier royal Michel de Marillac (frère de son père) et du maréchal Louis de Marillac, (demi-frère de son père), [arrêtés tous deux et condamnés à mort par Richelieu après la « Journée des Dupes » du 10 novembre 1630] : elle naquit le 12 août 1591, à Ferrières-en-Brie où elle fut baptisée.

 

Durant de longues années, Louise sera habitée par l’anxiété, la culpabilité. Du fait de sa naissance illégitime, hors mariage, elle est rejetée par sa famille, placée dans des institutions.  Après le remariage de son père (1595), elle fut mise quelques temps en pension chez les dominicaines de Poissy où Louis avait une tante religieuse (1602), puis dans un petit pensionnat où elle s’initia aux travaux ménagers et à la peinture.

 Le remariage de son père fut célébré à l’église parisienne de Saint-Paul avec Antoinette La Camus, veuve de Louis Thiboust : elle était mère de trois garçons et d’une fille ; elle était la tante du fameux Jean-Pierre Camus, futur évêque de Belley et ami de saint François de Sales dont il répandit les œuvres. Du mariage de Louis de Marillac et d’Antoinette La Camus, naquit Innocente (17 décembre 1601).

 

 

 Louise n’a qu’un seul désir, s’enfermer dans un cloître, loin du monde et par la prière et les mortifications vaincre la « justice de Dieu ». Aussi, après la mort de son père (25 juillet 1604, elle a treize ans), elle avait songé à devenir capucine, mais elle fut refusée, à cause de sa « faible santé », par le provincial des Capucins, Honoré de Champigny. Le 6 février 1613, son tuteur lui fit épouser à la paroisse Saint-Gervais de Paris, un secrétaire des commandements de Marie de Médicis, Antoine Le Gras, écuyer, homme de bonne vie, craignant Dieu.

Avec son mariage, les ombres de sa naissance et de sa jeunesse se dissipent. Le jeune couple est porté par la faveur royale. Louise a son heure d’euphorie. Elle s’apprête à jouer un rôle mondain. Les Le Gras reçoivent dans leur Hôtel du Marais et fréquentent la Cour. Cette période de bonheur et d’éclat est illuminée par la naissance du petit Michel.

Un premier orage dissipe bien des illusions : la reine mère est écartée du pouvoir et sa Cour dispersée. De plus, Louise est assaillie d’inquiétudes familiales. Son fils ne se développe pas tout à fait normalement, et ses sept neveux d’une de ses demi-sœurs défunte, devenus orphelins, lui sont à charge ; sa fortune en pâtit gravement. A ces difficultés vient s’ajouter la maladie de son mari. A partir de 1621, ce dernier souffre durement et devient difficile à vivre. C’est aussi pour Louise une rude croix. De semaine en semaine, en l’année 1623, ses tourments s’avivent ; elle sombre dans un état de désolation qui la mène jusqu’au désespoir, doutant même de l’immortalité de l’âme et de l’existence de Dieu.

 

 

Mélancolique, inquiète et scrupuleuse, Louise de Marillac était sans cesse agitée par le doute sur elle-même que Jean-Pierre Camus, son directeur spirituel, même aidé de saint François de Sales qui la visita chez elle, avait beaucoup de mal à apaiser. Son angoisse grandit encore lorsque son mari tomba malade d’un mal que l’on jugeait incurable et dont elle se croyait la cause pour n’être pas entrée en religion. Le jour de la Pentecôte (4 juin 1623), elle était à la messe, à Saint-Nicolas-des-Champs sa paroisse, lorsqu’en un instant, une grâce de l’illumination spirituelle la libère de ses troubles de conscience : Je fus avertie que je devais demeurer avec mon mari et qu’un temps viendrait où je serai en état de faire vœu de pauvreté, chasteté et obéissance, et que ce serait avec des personnes dont quelques-unes feraient le semblable. Je fus encore assurée que je devais demeurer en repos pour mon directeur, et que Dieu m’en donnerait un qu’il me fit voir alors, ce me semble, et je sentis répugnance de l’accepter. Néanmoins, j’acquiesçai, mais il me sembla que ce n’était pas pour devoir faire encore ce changement. Ma troisième peine me fut ôtée par l’assurance que je sentis en mon esprit que c’était Dieu qui m’enseignait ce que je venais de comprendre. puisqu’il y avait un Dieu, je ne devais pas douter du reste.  Elle perçoit donc un avenir dans une communauté où elle pourra se consacrer à Dieu.

Jean-Pierre Camus était absent, il n’y avait guère d’apparence qu’il revînt de sitôt, il lui conseilla de passer sous la direction de Vincent de Paul, celui-là même que Dieu lui avait fait voir et pour qui elle sentait de la répugnance. Vers la fin de 1624, elle se mit sous la direction de saint Vincent de Paul qui s’était fait longtemps prier pour accepter.

Au delà de l’aspect maladif et tourmenté de Louise, Vincent de Paul découvre peu à peu la richesse enfouie de cette personnalité. Il l’a conduit vers une relation à Dieu plus sereine, et l’oriente vers la rencontre du pauvre à travers l’œuvre des Confréries de la Charité.

Louise se décentre d’elle-même, son regard découvre plus pauvre qu’elle. Elle réalise que Dieu a besoin de Hommes pour perpétuer son oeuvre

 

 

Subjuguée par la charité contagieuse de Vincent de Paul, elle devient rapidement sa collaboratrice dans toutes ses actions charitables. Après la mort de son mari (21 décembre 1625), elle fit vœu de viduité et mena dans le monde une vie toute religieuse où elle conjuguait, avec un règlement très strict, la prière et le secours des pauvres, sans cesser d’être attentive à l’éducation de son fils.

 

Veuve, elle quitte son hôtel du Marais pour habiter rive gauche, sur la paroisse Saint-Nicolas-du-Chardonnet, elle s’installe rue des Fossés-Saint-Victor (actuellement 43 rue du Cardinal Lemoine), tout près du collège des Bons-Enfants que Mme de Gondi venait de donner à Vincent de Paul. Celui-ci l’employait dans les Charités, ces groupements de dames et de filles pour l’assistance des malades dans les paroisses et les visites à domicile.

 

En 1628, lorsque son fils fut entré au séminaire Saint-Nicolas-du-Chardonnet, elle disposa de davantage de temps pour se consacrer aux œuvres et Vincent de Paul la chargea de surveiller les Charités, de modifier leur règlement et de visiter celles des provinces. Elle n’eut aucun mal à persuader Vincent de Paul que les Dames associées ne pouvaient rendre aux malades les services pénibles qu’exigeait leur état, et qu’il fallait songer à réunir des personnes zélées pour se dévouer entièrement à l’œuvre sans autres devoirs et préoccupations au dehors.

 

C’est ainsi que naquirent les Filles de la Charité.

En 1633, avec l’assentiment de Monsieur Vincent, devenu son directeur de conscience, elle groupe dans sa maison les premières Servantes des Pauvres – ou Filles de la Charité -, appelée communément Sœurs de Saint Vincent de Paul.

Louise devient la cheville ouvrière des Confréries de charité fondées par Monsieur Vincent au cours de ses missions. Elle crée des petites écoles pour les fillettes pauvres ; elle organise l’accueil et l’éducation des enfants trouvés ; elle développe la visite à domicile pour les malades pauvres ; elle envoie des sœurs auprès des galériens.

Louise de Marillac et Vincent de Paul oeuvrent ensemble pendant 35 ans

 

L’afflux des vocations impose le transfert de la communauté en 1636 au village de la Chapelle, puis en 1641 au faubourg Saint-Denis, et le 15 mars 1660 sur la paroisse Saint-Laurent, dans une maison de la rue du Bac appelée à devenir la maison générale.

 

En février 1660, la santé de Louise décline. Elle  reçoit dans la paix le sacrement des malades et le 15 mars, lundi de la Passion, celle qui a été toute donnée à Dieu pour le service des pauvres, rend son âme à Dieu.

Epilogue

– Jusqu’à sa mort elle gouverna les Filles de la Charité au n° 21 de l’actuelle rue Monge, pour qui elle rédigea trois règlements successifs.

– Grâce à sa grande culture humaniste et religieuse, elle assure des journées de récollection pour les Dames de la Charité. Elle parle bien et on aime l’entendre. Chaque jour davantage, la vie intérieure de Louise devient prière. Avec une conscience vive de l’amour de Dieu, elle porte une « grande tendresse et dévotion » à l’Eucharistie, cette « admirable invention ».

Sa dévotion à l’Esprit-Saint qui a ouvert son âme à la lumière divine en 1623, se renforce d’année en année : Nous devons laisser agir pleinement la grâce que l’Esprit-Saint veut répandre dans notre être pour nous disposer à faire la volonté de Dieu qui doit être notre seul désir.

Louise est animée d’un grand amour pour la Vierge Marie :  Je suis à vous, Sainte Vierge, pour être plus parfaitement à Dieu. Elle lui consacre la Compagnie lors d’un pèlerinage à Chartres en 1644. Elle souhaite que la Conception Immaculée de Marie soit reconnue et célébrée car  elle est l’unique pure créature qui ait toujours été agréable à Dieu.

 

– La cause de Louise de Marillac fut introduite sous Léon XIII (18 juin 1896) et l’héroïcité de ses vertus fut proclamée sous Pie X (1911).

Béatifiée par Benoît XV le 9 mai 1920, elle est canonisée par Pie XI le 11 mars 1934 et Jean XXIII la proclame patronne de tous ceux qui s’adonne aux œuvres sociales chrétiennes, en 1960.

Son corps repose à Paris au 140 rue du Bac, à la chapelle de la Médaille Miraculeuse, où il est exposé à la vénération des fidèles.

 

– Louise de Marillac, de concert avec son sage et zélé directeur, s’adjoignit donc quelques filles dévouées qui se consacrèrent entièrement au service des pauvres et des malades, ainsi qu’à l’instruction chrétienne de l’enfance.

C’était le grain de sénevé qui deviendrait un grand arbre, sous le nom de Compagnie des Filles de la Charité, et qui étendrait ses rameaux sur toutes les misères humaines. Aussi le saint directeur disait-il un jour à Louise de Marillac et à ses filles : Courage, mes filles, si vous êtes fidèles à Dieu, Il vous fera la grâce de faire de grandes choses dont on n’a jamais ouï parler. Ne le voyez-vous pas déjà ? Avait-on jamais entendu dire que des filles allassent servir de pauvres criminels? Avait-on vu des filles se donner au service des pauvres enfants abandonnés? A-t-on jamais ouï dire que des filles se soient données à Dieu pour servir des fous…? Avez-vous jamais ouï dire, écrivait-il un autre jour à Louise de Marillac, que des filles aient été aux armées pour soigner les blessés ?

Toutes ces oeuvres extérieures de charité, inouïes jusqu’alors, ne pouvaient procéder que d’une intense charité intérieure, comme cette charité elle-même ne pouvait naître que d’une foi extraordinairement vive chez Louise de Marillac. C’est là, en effet, ce qui soutenait ses forces corporelles, toujours chancelantes. Aussi le Pape Pie XI déclarait-il, en proclamant les miracles de notre sainte, que les plus grands de tous étaient ceux de sa vie, de ses oeuvres, et de sa postérité, composée aujourd’hui de quarante mille religieuses.
– La fondation de Louise irrigua une capitale d’un demi million d’habitants. Elle eut la charge du vétuste et énorme Hôtel-Dieu, puis dès sa création en 1657, de l’hôpital général de la Salpêtrière, qui reçoit le flot des pauvres que la Fronde (guerre civile de l’époque) a multiplié.

Louise fonda également avec Monsieur Vincent, l’œuvre des Enfants Trouvés en 1638, installée plus tard dans le château de Bicêtre.

 

– Quand elle mourut, le 15 mars 1660, les Filles de la Charité comptaient déjà plusieurs fondations, à Angers, en Pologne, à Madagascar ; mais la fondatrice était constamment restée à Paris, secondant inlassablement saint Vincent de Paul (fêté le 19 juillet) dans toutes ses œuvres charitables.

 

Éphéméride du 15 mars :

En 1850, après deux mois de débats à l’Assemblée, adoption de la loi sur l’enseignement primaire et secondaire, dite loi Falloux, du nom du ministre de l’Instruction publique. Elle accorde la liberté d’enseignement et la création d’écoles « libres », mettant fin au monopole absolu de l’Etat en matière d’éducation. L’Eglise bénéficie de ce statut jusqu’aux lois restrictives de 1881, puis de 1904, supprimant les congrégations enseignantes. L’école libre connaîtra un dernier rebondissement le 24 juin 1984, quand près d’un million et demi de personnes défilent à Paris pour sa sauvegarde. Le président désavouera alors son ministre de l’Education nationale, qui démissionne. Depuis le nombre d’écoles libres ne cesse de progresser.

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Tâchez à vivre contente parmi vos sujets de mécontentement et honorez toujours le non-faire et l’état inconnu du Fils de Dieu. C’est là votre centre et ce qu’il demande de vous pour le présent et pour l’avenir, pour toujours. Si sa divine Majesté ne vous fait connaître, de la manière qui ne peut tromper, qu’il veut quelque autre chose de vous, ne pensez point et n’occupez point votre esprit en cette chose-là (Lettre de saint Vincent de Paul à Louise de Marillac). Au nom de Dieu, Mademoiselle, corrigez cette faute et apprenez une fois pour toutes que les pensées amères procèdent du démon, les douces et aimables de Notre-Seigneur.  (Lettre de saint Vincent de Paul à Louise de Marillac).

Lettre à Saint Vincent de Paul

Le petit chapelet est la dévotion que j’ai demandé la permission à votre charité de faire, il y a trois ans et que je fais en mon particulier. J’ai dans une petite cassette quantité de ces petits chapelets, avec les pensées écrites sur ce sujet, pour laisser à toutes nos sœurs après ma mort, si votre charité le permet ; pas une ne le sait. C’est pour honorer la vie cachée de Notre-Seigneur dans l’état d’emprisonnement aux entrailles de la Sainte Vierge, et la congratuler de son bonheur durant ces neuf mois, et les trois petits grains pour la saluer de ses beaux titres de Fille du Père, Mère du Fils, Epouse du Saint-Esprit. Voilà le principal de cette dévotion que, par la grâce de Dieu, très indigne que je suis, je n’ai point discontinuée, depuis le temps marqué, et que j’espère quitter, aidée de la même grâce de Dieu, si votre charité me l’ordonne. Et ce petit exercice, en mon intention, est pour demander à Dieu, par l’Incarnation de son Fils et les prières de la Sainte Vierge, la pureté nécessaire à la Compagnie des sœurs de la Charité et la fermeté d’icelle Compagnie selon son bon plaisir.       Sainte Louise de Marillac

 

 

Les âmes qui cherchent Dieu le trouvent partout,

mais particulièrement dans les pauvres.

 

Ô mon cher ange, dites à mon divin Sauveur que je l’adore

et que je l’aime de tout mon cœur.

 

O mon cher ange, allez, je vous en conjure, où mon Jésus repose ; dites-lui à ce divin Sauveur que je l’adore et que je l’aime de tout mon cœur. Invitez cet adorable Prisonnier d’amour à venir dans mon cœur,  à y fixer son séjour. Ce cœur est trop petit pour loger un si grand Roi, mais je veux l’agrandir, par l’amour et par la foi.

Amen.

T e x t e s   d u   j o u r
H o r a i r e s   d e s   m e s s e s
I N F O