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Homélie de la messe de la Solennité de l’Epiphanie 2015 du Père Julien PALCOUX

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Solennité de l’Epiphanie 2015

Frères et sœurs,

 

A quelques jours de la naissance du Fils de Dieu, l’arrivée de ces Mages venus d’Orient nous redit que le monde entier est appelé au Salut, que tout le monde est appelé à reconnaître Jésus comme le Messie, le Fils de Dieu.

Tous les textes entendus sont très clairs sur cette question. La première lecture : « Les nations marcheront vers ta Lumière, et les rois vers la clarté de ton aurore. » Les nations, ce sont tous eux qui ne sont pas juifs. La deuxième lecture : « Ce mystère, c’est que les païens sont associés au même héritage, au même Corps, au partage de la même promesse dans le Christ Jésus. » L’Evangile : « Des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le Roi des Juifs qui vient de naître ? » » La fête de l’Epiphanie nous redit que le Salut offert en Jésus de Nazareth est pour tous et pas seulement pour un peuple, en l’occurrence le peuple juif ! Dans la naissance du Fils de Dieu, la dimension catholique du salut est annoncée. Mais, cela ne suffit pas. Il y a une autre réalité qui est dite à travers ces textes : c’est que le Salut est offert en Jésus Christ. Les mages  viennent d’un autre pays, d’une autre culture, d’une autre religion, et ils viennent adorer et se prosterner devant l’Enfant Jésus qu’ils reconnaissent  comme le Sauveur. Ces deux éléments (la dimension universelle du Salut et la reconnaissance de Jésus comme le Sauveur) fondent l’enseignement du Concile Vatican II sur la question du salut et notamment pour les personnes appartenant à une autre religion que la religion chrétienne et appartenant à une autre Eglise que l’Eglise Catholique. L’enseignement du Concile Vatican II sur cette question peut se résumer en 3 points :

  • Il y a des germes de vérité répandus partout dans le monde, dans les cultures et dans toutes les religions. Chacun par conséquent est associé au Salut en proportion de ces éléments de vérité. Chacun est également associé au Salut en fonction de la manière dont nous vivons et dont nous faisons le Bien. C’est le message de Noël délivré par les anges : « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et paix aux hommes de bonne volonté. »
  • La plénitude du Salut est offerte en Jésus-Christ. Ce point a dû être rappelé il y a 14 ans par, à l’époque le Cardinal Ratzinger préfet de la Congrégation de la doctrine de la foi, dans une note publiée en 2001 intitulée Dominus Jesus, suite aux mauvaises interprétations doctrinales  de certains théologiens qui en arrivaient à dire que tout le monde était sauvé quelle que soit la religion. La religion était alors simplement une donnée culturelle et non révélée. Le Christ Jésus est un Saveur parmi d’autres et non Le Sauveur.
  • L’unité des chrétiens s’est trouvée abîmée et déchirée par des querelles dogmatiques, politiques. D’où la séparation des Eglises. Mais la plénitude du salut demeure dans l’Eglise, qui malgré ses hauts, ses bas, ses péchés, ses beautés a conservé la succession apostolique et la primauté de Pierre, dans cette église qui est appelée l’Eglise catholique.

La fête de l’Epiphanie nous redit aussi notre mission qui est de manifester, de révéler Dieu au monde. Dans l’Evangile, les Mages sont conduits à demander : « Où est le Roi des Juifs qui vient de naître ? » Les Mages peuvent arriver à Jésus parce qu’on va leur dire où est né le Roi des Juifs. La mission de l’Eglise est de révéler, de montrer où est Jésus. Et c’est aussi notre mission à nous. Nous devons en quelque sorte être capables de rendre compte de notre foi dans notre monde. Cette nécessité qui incombe à notre mission de baptisés nous conduit à nous détourner du relativisme qui consisterait à dire : « A chacun sa religion » comme on dirait « à chacun ses problèmes. » Du reste, la jeunesse chrétienne nous le fait bien comprendre quand elle recherche une Eglise avec une identité claire, pas arrogante ni supérieure, mais avec une identité qui permet de se structurer. Pourquoi aujourd’hui tant de jeunes baptisés, faiblement catéchisés ou pas du tout catéchisés, se détournent de la foi chrétienne et passent à d’autres religions ou choisissent de vivre sans la foi chrétienne ? Parce qu’on ne leur a pas permis de se construire dans une identité chrétienne claire. L’Eglise manque à sa mission lorsqu’elle n’est pas capable de montrer et d’indiquer où est Jésus, lorsqu’elle ne permet pas de rencontrer Jésus. L’Eglise manque à sa mission lorsqu’elle réduit sa mission à enseigner la morale (et pendant combien d’années avons-nous eu un catéchisme extrêmement moralisant réduisant l’Evangile à une morale, à une manière de vivre…), à enseigner le dogme, à pratiquer l’amour du prochain, en taisant ou en ne révélant pas au Nom de qui elle le fait et qui elle annonce ! La fête de l’Epiphanie nous redit que pour permettre la rencontre avec le Sauveur, il faut des gens qui le connaissent et qui sont capables de l’annoncer.

 

La fête de l’Epiphanie nous redit aussi qu’il y a des forces d’opposition à Dieu, qu’il y a des forces de mort qui agissent dans le monde. Le Roi Hérode est pris d’inquiétude pour Lui parce qu’il voit Dieu comme une menace pour Lui, pour son pouvoir.  De ce fait, Il veut tuer Dieu. Cela nous révèle que lorsque Dieu est vu comme un danger, comme une menace pour l’homme, l’homme cherche à tuer Dieu, à le combattre. Ces deux attitudes, l’Adoration ou la volonté de tuer Dieu, sont présentes dès la crèche. Elles sont présentes tout au long de la vie de Jésus ; elles sont présentes au plus haut point au moment de la Passion ; et elles sont présentes aujourd’hui par rapport à l’Eglise qui continue l’œuvre du Christ. Alors, cela nous invite à réfléchir sur la manière dont nous abordons cette confrontation aux forces de mort, aux forces d’opposition par rapport à l’Eglise, par rapport à l’évangélisation. Cette confrontation est normale ; c’est l’absence de confrontation qui serait inquiétante. D’autant plus que l’émergence de ces forces d’opposition révèle en contrepartie ou par opposition l’émergence de Dieu qui se rend présent.

 

Frères et sœurs, sachons chercher Dieu qui se révèle, qui se rend présent, derrière les manifestations des forces d’opposition qui surgissent. Ne nous laissons pas perturber par la manifestation de forces d’oppositions au sein même de l’Eglise, au sein même de la paroisse ; elles sont le signe que l’œuvre de Dieu s’accomplit. Amen !

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