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Homélie de la messe du 26ème Dimanche du Temps ordinaire du Père Julien PALCOUX

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26ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

Aujourd’hui, nous allons méditer sur la question de la volonté divine. Au premier abord, reconnaissons que bien souvent nous envisageons la volonté divine comme opposée à la nôtre ou comme une menace à la nôtre. Qui ne s’est jamais dit en lui-même : pourvu que Dieu ne me demande pas ça !

Cette réaction, ce réflexe est un héritage du péché originel qui nous permet de mesurer la distance que l’homme a prise avec Dieu. De ce fait, nous comprenons mieux pourquoi Jésus nous donne cette prière dans le Notre-Père : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » C’est bien parce que faire la volonté de Dieu n’est pas évident et que nous avons besoin de son aide. Profitons donc des textes de ce dimanche pour convertir notre propre vision de la volonté divine.

A la lumière de l’Evangile, le premier point que je reprendrai est que la volonté de Dieu se construit dans le temps et qu’elle s’accomplit dans le temps. On ne peut pas réduire le fait de faire la volonté de Dieu à une réponse immédiate et immuable. Non seulement la volonté de Dieu se construit dans le temps, mais elle se découvre dans le temps. La volonté de Dieu n’est pas figée, elle est souple ; elle laisse place au doute, à l’hésitation, aux refus, aux erreurs, aux immaturités, au péché. Et lorsqu’elle s’enracine dans une réponse donnée à Dieu à un moment donné, alors elle s’approfondit. Le meilleur exemple est celui de la Vierge Marie qui dit « oui » au Seigneur lors de l’Annonciation. Si Marie a dit « oui » une fois pour toutes, son « oui » ne va pas cesser de s’approfondir tout au long de sa vie. Après avoir dit « oui » au projet de Dieu, il va lui falloir redire « oui » à un accouchement dehors (alors qu’elle sait qu’elle porte le Fils de Dieu), « oui » à ce qu’elle ne comprend pas : les prophéties du vieillard Syméon et de la prophétesse Anne, « oui » aux réponses bizarres, blessantes de Jésus : « Je dois être aux affaires de mon Père », ou alors « Qui sont ma mère, mes frères ? », ou encore : « Femme, que me veux-tu ? » lors des Noces de Cana…Et puis, il faudra redire « oui » à Dieu lors de la Passion, de la Crucifixion, de la mort de Jésus. Vous voyez, le « oui » de Marie donné une fois pour toutes lors de l’Annonciation ne cesse de mûrir tout au long de sa vie pour devenir un « oui » toujours plus ouvert et toujours plus fécond à Dieu. Marie accomplit la volonté divine dans le temps.

En éclairant l’Evangile de ce jour avec la première lecture, on peut dire que la volonté divine c’est que l’homme se convertisse : « Je ne désire pas la mort du méchant. » dit le Seigneur. Dieu nous laisse le temps de la conversion. Le principal est d’avoir un cœur ouvert à Dieu. Les plus proches amis de Jésus sont les plus grands pécheurs, convertis bien sûr : Pierre, Paul, Marie-Madeleine. Dans son ministère, Jésus ne cesse de montrer qu’il préfère des pécheurs au cœur ouvert à Dieu plutôt que des gens sûrs d’eux, en apparence bien rangés dans la société, mais avec un cœur fermé. Interrogeons-nous sur les conversions que nous vivons ou que nous sommes appelés à vivre dans notre vie de tous les jours. Le travail de conversion n’est pas réservé au Carême. Quel temps prenons-nous pour rencontrer Dieu ? Appliquons-nous les principes chrétiens dans notre vie ? familiale ? au travail ? dans nos relations ? Quelle place faisons-nous au pardon ? Ce sont dans tous ces petits actes de la vie ordinaire que se construit la volonté divine. En fait la seule et unique question, et c’est ce qu’a compris Marie-Madeleine, c’est la suivante : comment aimons-nous ? Ces deux questions : celle de la conversion et celle de l’Amour n’en font en fait qu’une seule, et c’est précisément ici que réside la volonté de Dieu.

La deuxième lecture aborde de manière très concrète des pistes pour mettre en œuvre dans nos vies la volonté de Dieu : « Ayez les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments ; recherchez l’unité. » Bien sûr, tout cela peut rester théorique. St Paul est concret : imitons le Christ, nous dit-il. Il s’est abaissé, faîtes de même. L’invitation qui nous est faite est celle d’une véritable humilité : « Ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. » La volonté de Dieu se construit dans la vérité par rapport à soi, par rapport à son péché, par rapport aux appels que Dieu nous donne, dans l’amour que nous mettons en œuvre les uns envers les autres, c’est-à-dire dans la place que nous laissons au pardon dans nos relations et dans l’humilité vraie, pas l’humilité de surface, de vernis que beaucoup affichent.

Prions pour que nous puissions approfondir la volonté de Dieu en nous, dans nos vies, dans les appels que Dieu nous donne, et prions pour tous ceux qui refusent la volonté de Dieu ou qui la combattent. Amen !

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