La crise écologique « n’est pas un problème isolé, mais plutôt l’aspect écologique de la crise socio-économique contemporaine », a assuré le pape Léon XIV dans une vidéo diffusée ce 16 juin. Plaidant pour une approche qui prenne en compte ce « contexte plus large », il souligne le rôle essentiel que peut jouer la religion
« Malgré les sceptiques ou les cyniques, l’espérance peut être une puissante force motrice » face à la crise écologique, déclare le pape Léon XIV dans un message vidéo diffusé ce 16 juin 2026 lors de l’Austrian World Summit. Il affirme que la dimension religieuse est « essentielle » pour faire face à ce défi et plaide pour un « nouveau cadre financier international centré sur la personne ».
Organisé sous le patronage de la présidence autrichienne depuis 2017 au palais de la Hofburg à Vienne, l’Austrian World Summit est une conférence annuelle sur le climat rassemblant des représentants des mondes politique et économique ainsi que de la société civile. Ce sommet a été créé par l’acteur américano-autrichien Arnold Schwarzenegger, figure particulièrement engagée sur les questions climatiques, qui avait participé à une rencontre consacrée à cette thématique à Castel Gandolfo avec Léon XIV le 1er octobre 2025.
Un problème loin d’être isolé
Dans le message vidéo envoyé aux participants de la conférence autrichienne, le Pape cite sa récente encyclique Magnifica humanitas, dans laquelle il affirme que la crise environnementale « n’est pas un problème isolé, mais plutôt l’aspect écologique de la crise socio-économique contemporaine ». Plaidant pour une approche qui prenne en compte ce « contexte plus large », il souligne le rôle que peut jouer la religion, même si, pour certains, « la foi peut sembler avoir peu à apporter aux questions liées au changement climatique et à la protection de l’environnement ».
Cependant, « la dimension religieuse est en réalité essentielle pour traiter ces questions de manière adéquate », estime Léon XIV. Il souligne combien « ceux qui croient que notre monde a été créé par Dieu et qu’il est intrinsèquement bon se sentent tenus d’assumer une responsabilité encore plus grande dans la protection de la création, car c’est là une exigence de leur foi », rappelant que beaucoup de religions considèrent la création comme un « don divin » qui doit être respecté. « La foi religieuse renforce la volonté générale de protéger la vie et de prendre soin de la nature », insiste-t-il.
« Il est évident que beaucoup de gens sont inquiets », souligne le Pape, mettant en avant la « prise de conscience croissante » du lien entre la guerre et la crise écologique, notamment concernant le pillage des ressources naturelles et la dégradation de la qualité de vie. Plaidant pour une réponse qui passe par un « multilatéralisme cohérent et tourné vers l’avenir », il souligne combien les débats actuels font souvent émerger des craintes : celle du changement, de la « perte du pouvoir » ou encore celle de « résultats incertains ».
Un nouveau cadre financier international centré sur la personne.
Pour surmonter ces peurs, le pape estime que « les chefs religieux et les communautés peuvent apporter une perspective particulière » pour soutenir les efforts, notant que la Bible « regorge d’exemples montrant comment l’espérance, qui est en fin de compte un don de Dieu lui-même, peut vaincre les craintes des gens ». « Malgré les sceptiques ou les cyniques, l’espérance peut être une puissante force motrice », insiste-t-il, jugeant « possible que les avancées de la COP30 débouchent sur une transition juste vers des sociétés où le bien commun prime sur le profit ».
Léon XIV demande pour cela aux « pays les plus riches » de s’acquitter de leurs « obligations » et d’apporter un soutien financier aux pays les plus pauvres. Il plaide aussi pour un « nouveau cadre financier international centré sur la personne », pour permettre à tous les pays de « réaliser pleinement leur potentiel, dans le respect de la dignité de leurs citoyens ». Il encourage enfin le développement d’une « véritable culture de la sollicitude envers notre environnement ».
ALETEIA