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Homélie de la messe du 11ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX

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11ème Dimanche du Temps Ordinaire

Voici un bel évangile à méditer dans le contexte de l’année de la miséricorde : Jésus remet les péchés de la femme pécheresse et renvoie Simon le Pharisien à ses préjugés et, au-delà, à sa conscience.

Ce qui saute aux yeux dans cette scène de la vie de Jésus, c’est que Jésus se laisse approcher pour tous : aussi bien par une prostituée qui vient, à sa manière, lui demander pardon, que par ceux qui cherchent à le piéger. Le salut est offert à tous aussi bien aux pécheurs qu’aux personnes mal-intentionnées. On se souviendra du reste que Judas était aussi invité au salut et que Jésus lui a aussi lavé les pieds, lui donnant par avance le pardon qu’il refusera. Il n’y a aucune condition, aucun critère pour accéder à Jésus, si ce n’est celui d’un cœur ouvert au pardon, avec une contrition sincère et authentique. Et c’est la première bonne nouvelle de cet Evangile : tout le monde peut accéder à Jésus quel qu’il soit, quelle que soit son histoire, quel que soit son péché. Nul ne peut être enfermé dans son passé. Une autre bonne nouvelle est que, jusqu’au bout, Jésus cherche à ouvrir les cœurs fermés : c’est le sens de son dialogue avec Simon le Pharisien. Jésus ne pose jamais aucune limite ni de temps, ni de conversion, ni de pardon. Les limites viennent des hommes.

Cet Evangile nous donne aussi à réfléchir sur l’acte même du pardon. Et il apparait clairement que le pardon est un acte d’amour, tant pour celui qui le demande, que pour celui qui le donne ou pour celui qui le reçoit. Il y a un lien fondamental entre notre capacité d’aimer et notre capacité à pardonner. C’est ce que nous allons regarder d’un peu plus près.

Dans l’Evangile, Jésus ne fait pas de différence entre le débiteur qui doit 50 pièces d’argent et celui qui doit 500. Tous les deux doivent. Le maître remet pareillement aux deux. Simplement, il y en a un qui saura avoir plus reçu que l’autre. Cet élément nous apprend que l’important pour Jésus est de remettre les péchés dès l’instant qu’on les regrette sincèrement. La première lecture évoquait déjà cette qualité de contrition dans le cœur du Roi David. Son repentir était sincère ; Dieu l’a pardonné. Si le pardon que Dieu nous offre est un acte d’amour pour nous, ce que Dieu regarde, ce n’est pas notre péché, mais notre contrition. Alors se pose à nous ce matin cette première question : quelle réelle contrition avons-nous de nos péchés ? Si, dans l’ensemble, nous avons du mal à vivre ce sacrement de la confession, demandons-nous si nous n’avons pas d’abord du mal à regretter nos péchés.

Ensuite, le pardon présuppose l’Amour. Fondamentalement, pour pardonner il faut aimer la personne. On ne pardonne pas à celui que l’on n’aime pas. Le pardon est en fait une preuve d’amour. C’est la raison pour laquelle le pardon de Dieu nous est toujours offert, parce que nous savons que Dieu nous aime de manière infinie et parfaite. Il y a dans notre vie certainement des personnes que nous aimons, mais qui nous ont fait du mal et peut-être à qui nous avons refusé un pardon. Demandons-nous en cette année de la miséricorde si l’occasion n’est pas venue de poser un acte d’amour en demandant pardon ou en donnant le pardon.

Enfin, le pardon a pour conséquence l’Amour : « Mais celui à qui on pardonne peu, montre peu d’amour. » Celui qui a fait l’expérience d’un pardon reçu sait qu’il est aimé et le pardon reçu appelle de lui en conséquence une attitude de gratitude et d’humilité. Celui qui a fait l’expérience d’un pardon reçu ne peut plus porter un jugement sur les autres pécheurs. A ce sujet, il me semble important de vous redire que l’Eglise ne juge jamais des personnes, mais qu’elle porte un jugement sur des actes ; et de vous redire que les personnes ne sont jamais réductibles à leurs actes.

Nous voyons bien les liens intimes qui unissent le pardon et l’amour. L’expérience du pardon est une preuve et un acte d’amour. Il faut donc s’interroger si dans notre vie, dans la vie de coupe, de relations familiales, amicales, paroissiales, si nous ne vivons pas le pardon. Mais le pardon sera plus facile à vivre si nous le vivons déjà dans notre relation à Dieu.

Pour terminer, je voudrais reprendre cette autre parole de Jésus : « Si ses péchés, ses nombreux péchés sont pardonnés, c’est à cause de son grand amour. » En fait dans cette page d’Evangile, nous sommes entre deux visions du salut. Le pharisien a une vision du salut reposant sur la justice par rapport à l’observance d’une Loi. Il a une vision légaliste de la justice et du salut. La pécheresse a une vision du salut reposant sur la miséricorde de Dieu. Il y a un cœur fermé et un cœur ouvert.

La deuxième lecture aborde cette problématique. St Paul dit bien : « Ce n’est pas en observant la Loi que l’homme devient juste devant Dieu, mais seulement par la foi en Jésus-Christ. » C’est un fait que la Loi, pourtant nécessaire, est impuissante à sauver. C’est Dieu qui sauve par la foi que nous avons en Lui. Le salut n’est pas le fruit d’une justice légaliste mais d’un amour miséricordieux. La justice de Dieu c’est la miséricorde qui manifeste l’Amour, le fondement de toute justice.

Et nous voyons bien ici que ce qui compte aux yeux de Jésus, c’est l’amour et non le péché. Regardez, un débiteur de 50 pièces d’argent ou de 500, pour Jésus, c’est la même chose. Ce qui fera la différence, c’est l’Amour.

Cette parole de Jésus nous redit aussi que l’amour permet de racheter nos péchés. Comme le dit St Jean, le disciple de l’Amour : « L’amour couvre une multitude de péchés. » Il y a pour nous une rédemption de nos péchés et une perfection chrétienne à obtenir dans l’exercice de l’Amour. Pour reprendre ce que dira St Augustin à un catéchumène : « Aime et fais ce que tu veux. » Le principal est d’aimer ; notre nature humaine étant blessée par le péché originel, notre amour sera toujours blessé, notre nature toujours marquée par le péché. Nous n’aimerons jamais comme il faut, parfaitement. Seul Dieu le peut. Mais, l’amour rachètera par lui-même nos manques et notre péché.

Demandons au Seigneur au cours de cette messe la grâce d’ouvrir nos cœurs à la miséricorde de Dieu pour être capable de recevoir de Dieu et de nos frères et sœurs le pardon, pour être capable de le demander et de le donner. Amen !

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