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Homélie de la messe du septième dimanche de Pâques du Père Julien PALCOUX

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7ème Dimanche de Pâques

A l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père

Frères et sœurs,

Il est assez rare d’entrer dans le cœur de la prière de Jésus. Dans l’Evangile, nous voyons Jésus s’éloigner pour prier ; parfois nous l’entendons prier son Père à voix haute ; parfois encore, nous le voyons enseigner la prière, notamment lorsqu’Il donnera à ses disciples la Prière du Notre-Père. Une autre fois encore, Pierre, Jacques et Jean entreront dans la prière de Jésus lors de l’épisode de la Transfiguration. Mais, jamais il ne nous est donné d’entrer dans la prière de Jésus comme nous le faisons ces jours-ci. Cette belle prière de Jésus, que l’on appelle la Prière Sacerdotale, trouve sa place juste avant que Jésus ne vive la Passion et la Résurrection. En fait, Jésus prépare ses disciples à son départ et Il remet entre les mains du Père sa mission humaine qu’Il achève.

Je voudrais relire avec vous cette prière, non pas dans la perspective du don de l’Esprit-Saint à la Pentecôte qui approche, mais dans la perspective de la rencontre que nous vivrons tous au terme de notre vie humaine avec Dieu. En fait, à travers cette prière, Jésus nous enseigne comment mourir, comment préparer cette ultime rencontre avec Dieu. Cela peut paraître bizarre à dire, mais nous avons à préparer cette rencontre avec Dieu au cours de notre vie terrestre. Bien souvent, on a peur de la mort, on esquive la question, la perspective de la mort. Jésus aussi a eu peur de mourir et a demandé à son Père que « cette coupe passe loin de Lui. » Tout cela est normal et très humain. Mais il n’empêche qu’il faut préparer cette rencontre, parce que pour nous la mort ne se limite pas qu’à la fin de la vie humaine, mais elle est une rencontre avec Dieu et l’entrée dans la vie éternelle, la vie divine. Et cette rencontre est tout d’abord cause de joie. Bien sûr, cela n’enlève pas l’angoisse de la mort, le désir qu’elle n’arrive pas. Mais, dit autrement, au-delà de la mort, la rencontre avec Dieu devrait nous réjouir. C’est ce que Jésus dit à ses disciples : « Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie, parce que je vais vers le Père et que le Père est plus grand que moi. » Pensons à cela : est-ce que nous nous réjouissons de la rencontre avec Dieu ou pas tellement ?

Dans la prière de Jésus, il y a deux mouvements. Jésus remet sa mission entre les mains de son Père : « Moi, je t’ai glorifié sur la Terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais confiée. (…) J’ai fait connaître ton nom aux hommes. » Demandons nous nous aussi ce que nous allons apporter à Dieu. Soyons heureux de lui apporter les talents qu’Il nous a donnés et que nous aurons multipliés. Soyons heureux de lui apporter l’Amour que nous aurons donné tout au long de notre vie. Et puis, pour ce qui aura été raté, pas complètement accompli, eh bien, confions-nous à sa miséricorde. St Jean dit : « Notre cœur aurait beau nous accuser, Dieu est plus grand que notre cœur et Il connaît toutes choses. »

« J’ai fait connaître ton Nom aux hommes »…Comment faisons-nous connaître son Nom autour de nous ? Profitons d’être sur terre pour préparer cette rencontre dans la sérénité, pas dans la peur.

Et puis, dans la prière de Jésus, il y a un deuxième mouvement : Jésus prie pour ses disciples, pour chacun de nous. «  Je prie pour eux. Ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés. » Bien sûr, il est bon de penser que chacun de nous a sa place dans la prière de Jésus. Nous pensons bien plus au fait que nous nous prions Jésus ; mais, pensons aussi que Jésus a prié pour nous personnellement.

Alors, c’est aussi une question qu’il faut nous poser : comment est-ce que nous préparons les autres, les nôtres, à notre départ ? Il y a dans la Bible, dans l’Ancien Testament plus exactement, une magnifique tradition de bénédictions de la part des Patriarches mourant pour tous les leurs qui demeurent sur terre. Ils leur disent Adieu et les confient chacun à Dieu. Jésus fait la même chose. Il implore la bénédiction de Dieu sur tous ceux qu’Il laisse. Jésus demande à son Père qu’Il nous protège du Mauvais, mais Il nous rappelle que tant que nous sommes dans le monde, nous avons à combattre contre le mauvais. Et Il prie pour notre combat. St Pierre dit dans la deuxième lecture : « Si l’on fait souffrir l’un de vous comme chrétien, qu’il n’ait pas honte et qu’il rende gloire à Dieu à cause de ce nom de chrétien. »

Frères et Sœurs, la préparation de la rencontre avec Dieu doit être une belle chose. Sans être du monde, nous sommes dans le monde. Et notre condition d’homme et de femme dans le monde nous appelle à accueillir, comme les Apôtres, la Promesse de Dieu : l’Esprit-Saint. Reconnaissons que nous avons besoin de l’Esprit de Dieu pour vivre correctement ici-bas, pour nous aider dans nos devoirs d’état : d’époux, d’épouse, de père, de mère. Reconnaissons que nous avons besoin de cet Esprit de Vie et d’Amour pour transformer notre vie. Prions aussi pour tous ceux qui ont perdu le goût de vivre, qui sont déçus ou qui vivent cette vie comme des morts-vivants. Préparons-nous à accueillir l’Esprit de Vie, l’Esprit du Ressuscité. Amen !

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