Menu Fermer

19 mai, saint Yves, (Erwan-Eozen-Youenn) prêtre et juge : 17 octobre 1253 – 19 mai 1303 à Minihy-Tréguier,

Saint Yves, (Erwan-Eozen-Youenn) prêtre et juge : 17 octobre 1253 – 19 mai 1303 à Minihy-Tréguier, 

 

Yves Hélory de Kermartin, ce célèbre avocat des pauvres, des veuves et des orphelins naquit à Minihy-Tréguier en Bretagne, en 1253, et était fils du seigneur de Kermartin et de Azou de Kenkis, près de Tré­guier. Yves est le second des trois filles et deux garçons de la famille.

Innocent IV étant pape, Conrad IV empereur et saint Louis roi de France.

 

 A l’âge de quatorze ans il fut envoyé aux écoles de Paris, où il étu­dia la philosophie, la théologie et le droit canonique ; il étudia le droit civil à Orléans, et revint ensuite en Bretagne.

Son entourage n’est pas sans remarquer ses talents intellectuels, c’est un savant et un lettré, si bien que l’évêque de Rennes le nomma son Official, c’est-à-dire juge ecclésiastiques. Il reçut alors les Ordres sacrés, sauf la prêtrise. Sur les réclamations de son Ordi­naire, qui était l’évêque de Tréguier, Alain de Bruc, il alla exercer dans cette dernière ville la même charge qu’à Rennes.

 

En plus de la charge d’official, l’évêque veut lui confier une paroisse. Il faut donc qu’Yves accepte enfin de recevoir le sacerdoce, ce que son humilité lui avait fait jusque-là refuser.

En 1285, Yves fut ordonné prêtre et nommé curé de Trédrez puis Louannec, où il restera 6 ans. Dé­cidé à bien remplir ses nouveaux devoirs, il se démit de sa charge d’Offi­cial.

 

Yves fut le modèle des pasteurs. Il était d’une humilité si profonde qu’il ne pouvait souffrir la plus petite louange. Il faisait toujours ses visi­tes à pied, et portait des sandales comme les religieux de saint François, dont il avait embrassé le Tiers-Ordre. Etant simple étudiant à Paris, il avait commencé à s’abstenir de viande ; à Orléans, il cessa de boire du vin et entreprit de jeûner tous les vendredis. Ensuite, augmentant de jour en jour ses mortifications il jeûna au pain et à l’eau tous les mercredis, vendredis et samedis de l’année. Son lit n’était qu’un peu de paille sur une claie d’osier ; et sa Bible, ou une pierre, lui servait d’oreiller … Il dis­tribuait aux pauvres les revenus de son bénéfice et de son patrimoine. Il ne pouvait supporter la vue des pauvres nus : visitant un jour un hôpital il y en trouva plusieurs mal vêtus, il leur donna tous ses habits. Un autre jour que le tailleur lui essayait un habit, il aperçut dans la cour un pauvre demi-nu, aussitôt il lui fit donner l’habit neuf et garda le vieux.

Toutes les misères étaient accueillies à Kermartin et souvent, pour les vêtir, Yves donnait sa dernière soutane, ou plutôt son unique, car il n’en avait jamais qu’une. À la nuit tombante, le manoir se transformait en asile de nuit pour les infirmes, les vieillards, les pèlerins. Le saint, aidé de son clerc, les plaçait près du feu, faisait leur lit, les bordait et au besoin graissait les chaussures d’un pèlerin. Rien ne le rebutait. Lui-même donnait dans la chambre du premier étage, sur une méchante litière de paille, quand ce n’était à même le sol, au milieu de ses livres, un gros Digeste posé sous sa tête en guise d’oreiller. Le matin tout ce monde assistait à sa messe, dans sa chapelle toute proche.

 

Ce qui a rendu saint Yves illustre, c’est l’intégrité avec laquelle il exerça sa fonction d’Official. Il tâchait d’accorder les parties quand il les voyait sur le point d’entrer en procès ; et, lorsqu’elles voulaient plaider, il favorisait toujours ceux qu’il reconnaissait avoir le meilleur droit. De toutes les causes qu’il soutint, soit comme juge, soit comme avocat, il n’y en eut jamais une seule d’injuste. De juge, il devenait quelquefois avocat en faveur des pauvres et des orphelins. On cite le cas de cette vertueuse veuve de Tours, qui avait reçu de deux filous le dépôt d’une valise ren­fermant une grosse somme d’argent, sous condition de ne la rendre qu’en présence des deux déposants. Six jours après, l’un d’eux sut si bien s’y prendre qu’il obtint la remise de la valise. Son complice cita alors la veuve en justice, en exigeant le remboursement intégral de la somme déclarée. Elle allait être condamnée, lorsque Yves représenta, en pleine audience, que la veuve était prête à produire la valise, mais avec la condition sous laquelle on la lui avait confiée, c’est-à-dire la présence des deux dépo­sants. Le juge approuva cette conclusion. Pris dans ses propres filets l’es­croc se troubla et finit par avouer que la valise ne contenait rien autre qu’un peu de ferraille.

 

En 1302, il voulut, avec toute une famille dont il était l’hôte faire un pèlerinage à Saint-Renan, au diocèse de Quimper. Il en revint si exténué qu’il dut s’aliter au retour. Les visiteurs se succédaient à son chevet ; l’évêque et les dignitaires ecclésias­tiques vinrent lui apporter le témoignage de leur affection et de leur admiration. Émus de pitié en le voyant couché sur sa courte­pointe, la tête sur deux livres, chacun essayait de le persuader de mettre au moins un peu de paille sous son pauvre corps. Mais il se prétendait mieux ainsi qu’autrement. Le 15 mai 1303, il voulut encore célébrer la messe dans sa chapelle. Ce ne fut pas sans une peine extrême et les assistants durent le soutenir dans leurs bras à la fin de la messe. Au cours de la messe ses larmes coulaient abondamment, tant il était ému.

Comme on l’aidait à dépouiller les vêtements sacrés, une pénitente, qui avait appris son état, accourut se confesser. Elle était dans un état de grossesse avancée. Toujours compatissant, Yves l’entendit, puis se recoucha pour ne plus se relever. Comme il cherchait à faire disparaître les marques de son austérité et faisait porter son cilice à un ermite du voisinage, l’abbé cistercien de Bégard intercepta la relique et la conserva précieusement. Après une confession générale de toute sa vie, il reçut le viatique et l’extrême-onction. Comme on lui parlait d’un médecin ; « C’est mon seul médecin », dit-il les mains jointes, en montrant son crucifix. À l’aube du dimanche 19 mai il s’endormait paisiblement dans le Seigneur, le visage illuminé, plus rose et plus beau que jamais.

Benoît XI étant pape et Philippe IV le Bel roi de France.

 

Son corps fut porté à la cathédrale de Tréguier. Une foule énorme se pressait sur le passage des prêtres, baisant ses vêtements et s’en disputant les lambeaux, après qu’on l’eut dépouillé pour la toilette funèbre. Le défilé ne cessa guère devant le cercueil jusqu’à l’ensevelissement qui eut lieu sous la cathédrale même dont son précieux corps devenait l’un des plus précieux joyaux. Aussi, rien d’étonnant qu’en 1372, l’évêque de Tréguier lorsqu’il voulut restaurer sa cathédrale, évoquât le souvenir de saint Yves pour inciter ses diocésains à l’aumône. De toutes parts, en effet, les pèlerins accouraient vénérer les reliques du saint thaumaturge.

 

Epilogue

 

Plus encore que, pendant sa vie, se multiplient les miracles par son intercession si bien que les requêtes arrivaient de toutes parts en Avignon (siège de la papauté à cette époque), pour réclamer son élévation sur les autels. Devant les instances du duc Jean III de Bretagne et du roi Philippe VI de Valois, le pape Jean XXII consentit à ouvrir le procès de canonisation dès le 20 février 1330. Pour appuyer la demande de canonisation, on y relève soixante dix neuf miracles de tous genres, dont quatorze résurrections. La canonisation n’était pas tant justification des miracles que de l’héroïsme de ses vertus.

 

Le vieux précepteur d’Yves, alors nonagénaire, sa sœur aînée ses condisciples, ses serviteurs, ses concitoyens, tous ceux qui lui devaient une faveur s’empressèrent de venir déposer. Le 4 juin 1331, l’enquête était terminée et les procès-verbaux en étaient remis à Jean XXII ; mais le soin de les publier était réservé à l’un de ses successeurs. Le pape mourut en effet sur les entrefaites et la cause resta en suspens. Clément VI, originaire de Limoges dont la vicomté dépendait pour lors de la couronne ducale de Bretagne, saisit avec empressement l’occasion d’exalter la mémoire de saint Yves en l’élevant au rang des saints, le 19 mai 1347 à Avignon. Il fixa sa fête pour l’Eglise universelle à cette même date.

Cet événement venait sanctionner la dévotion populaire et lui donner une nouvelle impulsion. Le duc de Bretagne et plusieurs évêques se disputaient des reliques insignes ; le roi de France, Philippe VI, lui élevait une chapelle à Paris à l’angle de la rue Saint-Jacques et de la rue des Noyers, dont son fils, le futur Jean le Bon, posa la première pierre et que ses successeurs, Charles V et Charles VI, se plurent à embellir. Ce quartier de la place Maubert, où il vécut lors de ses études parisiennes, était à cette époque le quartier des bretons.

 

La renommée d’Yves Hélory de Kermartin est mondiale : le 19 mai 1947, le VIe centenaire de sa canonisation (19 mai 1347) attirait à Tréguier, où la basilique–cathédrale garde son tombeau et ses reliques, cent mille pèlerins de toute nation et de toute langue, deux cardinaux, le nonce apostolique, de nombreux archevêques et évêques, des centaines de prêtres, les représentants officiels du gouvernement français et de plusieurs gouvernements étrangers, les délégués des universités, des barreaux de France, de Belgique, de Hollande, du Luxembourg, d’Angleterre, des Etats–Unis…

 

Cet invraisemblable triomphe, suite et prélude à beaucoup d’autres, est la preuve de l’extraordinaire survie de Saint–Yves. Depuis plus de 600 ans, sa mémoire est en bénédiction. Pourquoi cet humble prêtre breton a-t-il laissé après lui un tel rayonnement ?

” Juge intègre, avocat des pauvres, des veuves et des orphelins, providence de tous les nécessiteux, Yves Hélori fut aussi le modèle des pasteurs : prédicateur infatigable, il parcourut les campagnes, bouleversant les foules par le feu de sa parole et le rayonnement de sa vie. A sa mort, le 19 mai 1303, son tombeau ne tarda pas à devenir un véritable centre de pèlerinage… Il n’est guère de paroisse en Bretagne où le culte de saint Yves ne soit rappelé par une statue ou un vitrail. “

 

Mais la dévotion à saint Yves n’était pas le fait des seuls grands. L’affluence des pèlerins continuait d’être telle en 1463 que le duc de Bretagne dut accorder aux Anglais, avec qui il était en guerre, une sauvegarde de quinze jours pour assister aux pardons de Tréguier.

 

Les marins implanteront son culte jusque dans le Nouveau Monde. Le cardinal Alain de Coetivy obtenait, le 20 avril 1455, l’érection de la chapelle et de l’hospice de Saint- Yves-des-Bretons à Rome, destiné aux pèlerins de cette province. Le culte de saint Yves grandit presque de jour en jour jusqu’au XVII siècle, popularisé par l’image et la statuaire. Le XVIII siècle vit une baisse notable de ce culte, comme de la piété en général, et la Révolution profana son tombeau à Tréguier ; mais par la suite, le culte reprit et le tombeau fut restauré dans cette même cathédrale de Tréguier. La chapelle de Paris, abandonnée, finit par être démolie en 1823. Mais après la Révolution, la dévotion populaire reprit et n’a fait que grandir depuis. 

 

Iconographie

 

Avocats et hommes de loi, le prirent tout naturellement pour patron, aussi on le représente souvent habillé en juge, tenant à la main un parchemin ou un étui contenant des écrits et des documents juridiques. Il est parfois représenté rendant la justice.

 

Fête de la Bretagne à la Saint-Yves : la « famille, école de sainteté » était à l’honneur cette année.

 

De nos jours un pardon important a lieu tous les ans à Tréguier. La Fête de la Saint-Yves a inspiré la création de la Bretagne, autrefois appelée « Fest’Yves / Gouel Erwan » ou encore « Fête de la Bretagne à la Saint-Yves ».

 

St Yves est le saint patron de la Bretagne (avec Sainte Anne) où le prénom Yves est un des plus populaire. Le 19 mai en Bretagne c’est quelque chose comme une fête nationale, à l’instar des Irlandais, qui ont fixé leur fête nationale au 17 mars, fête de Saint Patrick.

Les prêtres Bretons, le considérant comme leur patron, accourent le 19 mai, car à la grande procession, de tradition, ce sont des prêtres qui portent la relique de Saint Yves.

 

C’est une cérémonie traditionnelle depuis le 29 octobre 1347, à la suite de la canonisation de saint Yves le 19 mai. Mgr Richard du Poirier, évêque de Tréguier, recevait une bulle rédigée en Avignon par le pape Clément VI, autorisant « la célébration solennelle de la translation des reliques du bienheureux Yves Hélory.

 

Dimanche 17 mai dernier, à Tréguier, le pardon de Saint-Yves a une nouvelle fois rassemblé des milliers de fidèles, réuni dans la ferveur. Sous la présidence de Monseigneur Laurent Le Boulc’h, évêque de Coutances et Avranches, en présence d’évêques et de pères abbés de Bretagne et de toute la province ecclésiastique de Rennes. A 8h30, la messe fut célébrée en breton par M. l’abbé Yann Talbot

Et à 10h30 le Grand-messe fut présidée par M. l’abbé Jean-Claude Caro, ancien curé de l’église St-Yves de St-Brieuc.

Cette année, le thème du pardon étant la famille, Mgr Le Boulc’h a souligné dans son homélie que les enfants ne choisissent pas leurs parents. Mais aussi que les parents rêvent parfois d’une destinée pour leurs enfants, « alors qu’il faut les accueillir tels qu’ils sont. La famille est le premier creuset de l’amour », la famille du sang, la famille du cœur, ou « celle de la fraternité » comme celle qu’a créée saint Yves ici.

La foule était très nombreuse tant dans la cathédrale qu’en extérieur pour suivre la grand-messe pontificale qui célèbre le saint patron des avocats. Tous, fidèles, avocats, juristes, prêtres… sont ensuite partis en procession, organisée autour de différentes bannières. Les binious et bombardes, précédant les nombreux hommes d’église. Au son des cantiques et prières, les pèlerins ont accompagné la relique du chef de Saint-Yves à sa paroisse natale à Minihy-Tréguier.

 

*****

 

Saint Yves, tant que vous avez vécu parmi nous, vous avez été l’Avocat des pauvres, le défenseur des veuves et des orphelins, la Providence de tous les nécessiteux.

Ecoutez aujourd’hui notre prière ! Obtenez-nous d’aimer la justice comme vous l’avez aimée !

Faites que nous sachions défendre nos droits sans porter préjudice aux autres, en cherchant avant tout la réconciliation et la paix.

Suscitez des défenseurs qui plaident la cause de l’opprimé pour que justice soit rendue dans l’amour.

Donnez-nous un cœur de pauvre, capable de résister à l’attrait des richesses, Vous, le modèle des prêtres, qui parcouriez nos campagnes, bouleversant les foules par le feu de votre parole et le rayonnement de votre vie, obtenez à notre pays les prêtres dont il a besoin !

Actualités de la Paroisse - articles récents

Messes du 15 au 21 juillet 2024

Semaine 28

Lundi 15 juillet – S. Bonaventure, évêque et docteur de l’Eglise

  • Messe à l’église de La Madeleine à 18:30

Mardi 16 juillet – Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel

  • Messe à l’église de La Madeleine à 18:30

Jeudi 18 juillet – de la férie

  • Eglise de la Madeleine à 15:00 – Chapelet de Montligeon
  • Messe à l’église de Courteilles à 18:00

Vendredi 19 juillet – de la férie

  • Messe à l’église de La Madeleine à 9:00

Samedi 20 juillet – S. Apollinaire, évêque et martyr

  • Eglise de la Madeleine à 14:00 – Mariage Vincent Lartigue & Caroline Laverdet
  • Messe à l’église de St Victor sur Avre à 18:00

Dimanche 21 juillet – 16ème dimanche du Temps Ordinaire

  • Messe à l’église de La Madeleine à 11:00

Messes du 8 au 14 juillet 2024

Semaine 27

Lundi 8 juillet – de la férie

  • Messe à l’église de La Madeleine à 18:30

Mardi 9 juillet – S. Augustin Zhao Rong, prêtre, et ses compagnons, martyrs

  • Messe à l’église de La Madeleine à 18:30
  • Messe à l’église des Barils à 18:00

Jeudi 11 juillet – S. Benoît, abbé (Fête en Europe)

Vendredi 12 juillet – de la férie

  • Messe à l’Ehpad La Vannerie à 15:00
  • Eglise de la Madeleine à 17:30 – Adoration
  • Messe à l’église de La Madeleine à 18:30

Samedi 13 juillet – S. Henri

  • Eglise de La Madeleine à 9:15 – Laudes
  • Messe à l’église de La Madeleine à 9:30
  • Eglise de la Madeleine à 14:00 – Mariage de Nicolas Mauduit & Morgane Voglevey
  • Eglise de Ambenay à 16:00 – Mariage de Frédéric Pontré & Myriam Goffroy
  • Eglise de la Madeleine à 16:00 – Mariage de Victor Lamm & Antoinette Chadenet
  • Messe à l’église de Francheville à 18:00

Dimanche 14 juillet – 15ème dimanche du Temps Ordinaire

  • Messe à l’église St Germain de Rugles à 9:15
  • Messe à l’église de La Madeleine à 11:00
  • Eglise de la Madeleine à 12:30 – Baptême
  • Randonnée pastorale à 14:00 – Courteilles, Balines, Verneuil