La Commission des Épiscopats de la Communauté Européenne (Comece) s’est félicitée le 23 février de la résolution adoptée par le Parlement européen en faveur de la nomination d’un coordinateur chargé de la lutte contre la haine antichrétienne. Les évêques appellent désormais la Commission européenne à concrétiser cette initiative, alors que les actes antichrétiens restent en hausse sur le continent.
L’Union Européenne va-t-elle enfin se doter d’un coordinateur pour lutter contre les violences exercées sur les chrétiens ? Le projet, à l’état embryonnaire depuis décembre 2024, semble plus que jamais encouragé par les institutions européennes alors que le Parlement européen a voté une résolution en ce sens, fin janvier 2026. Bien qu’un tel acte ne comporte aucune valeur contraignante, la Commission des Épiscopats de la Communauté Européenne (Comece) s’est réjouie de cette avancée dans un communiqué publié le 23 février 2026 tout en appelant à la concrétisation de cette volonté.
« Prenant acte de cette importante déclaration du Parlement européen, la Comece encourage la Commission européenne à envisager sérieusement la nomination d’un coordinateur de l’UE chargé de ce domaine », écrivent ainsi les évêques européens.
Dans sa résolution du 26 janvier 2026, le Parlement indiquait en son paragraphe 84 regretter que, « alors que le christianisme demeure aujourd’hui la religion la plus persécutée au monde, avec plus de 380 millions de personnes touchées, il n’existe aucun coordinateur européen chargé de lutter contre la christianophobie, là où un coordinateur a été nommé pour lutter contre l’islamophobie ». Pour les évêques des 27 Etats membres, il est donc temps de passer à l’action. Outre la création d’un titre de coordinateur dédié à cette mission, la Comece recommande « d’apporter également un soutien financier à la lutte contre la haine antichrétienne dans l’UE en l’intégrant pleinement dans le texte législatif du nouvel instrument de financement AgoraEU ». Ce programme proposé par la Commission européenne finance des projets dans les domaines de la culture, des médias, de la citoyenneté, des droits et des valeurs européennes.
Les évêques invitent également à ce que le titre du futur coordinateur européen reprenne le terme de « haine antichrétienne » plutôt que celui de « christianophobie ». Cette requête, expliquent-ils, a pour but « d’éviter de fonder de telles initiatives sur le concept controversé de ‘phobie' ».
843 actes antichrétiens recensés en 2025
La demande de la Comece de nommer un coordinateur de la lutte contre les actes antichrétiens en Europe remonte à décembre 2024. Elle faisait écho à une montée non négligeable des actes perpétrés aussi bien contre les personnes que contre les symboles et édifices chrétiens. »Nous considérons que le moment est venu de franchir cette étape, sans remettre en cause la spécificité des communautés juive et musulmane, qui disposent déjà de coordinateurs similaires », avait ainsi déclaré Alessandro Calcagno, conseiller de la Comece qui réclamait un « accès égal aux outils de protection. »
Rien qu’en France, en 2025, 843 actes antichrétiens ont été recensés en 2025, soit une hausse de 9% par rapport à 2024 selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. 322 actes antichrétiens recensés entre janvier et mai 2025, soit une augmentation de 13% par rapport à la même période en 2024. Les atteintes aux biens constituent la majorité des faits, tandis que les atteintes aux personnes ont presque doublé.
ALETEIA