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Homélie de la messe de l’Epiphanie du Seigneur du Père Julien PALCOUX

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Epiphanie 2014

Frères et sœurs,

Cette belle fête de l’Epiphanie est à mi-chemin entre la fête de Noël qu’elle continue de développer et la fête du baptême du Seigneur, que nous fêterons dimanche prochain, qui inaugure la mission de Jésus et par conséquent celle de l’Eglise. Et dans cette fête de l’Epiphanie, tout est déjà présent en un peu plus développé qu’à Noël. Il y a ceux qui viennent adorer « le Roi des Juifs » qui vient de naître ; à Noël, c’étaient les bergers qui venaient adorer l’Enfant Nouveau-Né. Il y a ceux qui veulent tuer l’Enfant alors qu’à Noël, il y avait ceux qui ne l’accueillaient pas. L’Epiphanie développe la fête de Noël et nous plonge déjà dans la mission de l’Eglise, qui est de conduire à Dieu.

C’est dans ce contexte missionnaire que je souhaiterais méditer avec vous sur cette belle fête qu’est l’Epiphanie. Que nous apprend la manifestation du Fils de Dieu pour la mission de l’Eglise aujourd’hui ? 3 choses, 3 vérités a-temporelles :

  1. Que le Salut est universel, pour tous, et pas seulement pour un peuple, le peuple juif.

  2. Que Dieu est vu comme une menace, comme un danger pour l’homme, et que par conséquent on cherche à le tuer.

  3. Que la rencontre avec Jésus transforme fondamentalement, permettant ainsi de donner un sens nouveau à notre existence.

« Où est le Roi des Juifs qui vient de naître ?» demandent les Mages en arrivant à Jérusalem. Les Mages viennent de l’Orient. Ils ne sont donc pas juifs de religion et par conséquent n’ont pas été préparés comme le peuple juif à accueillir le Messie. Leur venue à Jérusalem nous révèle que Dieu a préparé leur cœur et leur intelligence à croire au Fils de Dieu et à l’adorer. Leur venue nous apprend que le salut en Jésus Christ est pour tout le monde et pas seulement pour un peuple. Mais cette universalité du Salut se retrouve aussi dans les moyens que Dieu choisit pour conduire à Lui tous les peuples. Dieu conduit vers Lui chacun à sa manière. Et c’est ce que cette fête de l’Epiphanie nous apprend. Dieu n’abandonne personne. Fêter l’Epiphanie du Seigneur, c’est par conséquent reconnaître que Dieu habite et travaille tous les cœurs, où qu’ils soient, dans l’église ou en dehors de l’Eglise, dans la religion catholique ou en dehors de la religion catholique. Fêter l’Epiphanie, c’est nous ouvrir au travail de Dieu dans les cœurs. Et c’est là frères et sœurs, que nous touchons un élément important pour le dynamisme missionnaire de l’Eglise. Trop souvent, voyez-vous, ces dernières décennies, on a pensé que la mission de l’Eglise reposait sur de beaux plans, de beaux projets, de belles structures, de beaux schémas…oui sauf qu’on a voulu faire entrer Dieu dans nos plans au lieu de partir de ce que Lui nous disait, au lieu de discerner ce qu’Il faisait dans les cœurs des uns et des autres; Résultat : on s’est épuisé, on a épuisé tout le monde à coup de réunions, de temps forts, et on a usé tout le monde. Bien souvent, on a eu la prétention de faire du neuf, par opposition à l’ancien, au traditionnel, au lieu de voir l’ensemble dans une perspective d’évolution normale et harmonieuse. Or, le dynamisme missionnaire de l’Eglise réside dans l’œuvre de l’Esprit dans les cœurs des uns et des autres, mais pas dans des plans tout ficelés.

Permettez-moi de prendre un exemple historique pour illustrer ce que je vous dis là. J’insiste parce que c’est je crois fondamental aujourd’hui de ne pas nous tromper dans la direction à prendre. Dans les toutes premières heures de la jeune Eglise, une discussion a eu lieu au sujet de l’ouverture, oui ou non, de l’Eglise aux païens. Et si oui, à quelles conditions ? Fallait-il que les païens souhaitant devenir chrétiens adhèrent à la Loi de Moïse (donc pour les hommes, fallait-il exiger la circoncision) ou le baptême seulement suffisait ? Ce qui a permis à l’Eglise d’avancer et de trancher la question, ce ne sont pas les beaux discours qui ont eu lieu de part et d’autre, entre les tenants de l’ouverture et ceux du respect de la tradition mosaïque. Si on n’en restait que là, on n’était dans une impasse, avec une confrontation, voire une opposition idéologique mortifère. Ce qui a sorti l’Eglise de cette impasse, c’est le constat de ce que l’Esprit Saint faisait chez les uns et les autres. Chez Pierre, Juif de chez Juif, l’Esprit-Saint lui avait révélé qu’Il pouvait manger de tous les aliments et l’Esprit l’avait conduit à aller chez des païens demandant à devenir chrétien. L’Esprit Saint a permis de sortir de cette opposition et du coup a permis un formidable essor dynamique. Nous ouvrir à l’œuvre de l’Esprit dans les cœurs est la garantie d’un nouveau dynamisme missionnaire pour notre Eglise aujourd’hui, d’une sortie des querelles idéologiques mortifères qui ont divisé les paroisses depuis trop longtemps, d’une sortie des querelles de prise de pouvoir. C’est entrer dans la dynamique de la nouvelle évangélisation que nous sommes appelés à vivre. C’est dans cet esprit que je vous invite à vivre la démarche synodale initiée par notre évêque, et que je vous invite à adhérer à la mission de notre paroisse. Ici aussi, dans notre paroisse, le Seigneur nous envoie, pas forcément des Mages, mais des personnes extérieures à nos circuits internes qui ont été conduites à leur manière par Dieu. Puisse chacun d’entre nous avoir un cœur ouvert pour les reconnaître et leur proposer d’entrer dans la maison…

 

Cette fête de l’Epiphanie nous révèle aussi que Dieu est combattu, qu’on veut le tuer. Oh, il ne s’agit pas là d’entrer dans un procès du monde, mais d’être réaliste. Il y a des forces de mort qui s’opposent à Dieu aujourd’hui, comme il y a 2000 ans. Là aussi, il nous sera difficile d’œuvrer à la mission de l’Eglise si on ne voit pas clair sur ces dangers là. Regardez les Mages, Hérode a voulu se servir de leurs bonnes intentions pour tuer Jésus. Le démon est malin et passe par tout. Alors aujourd’hui aussi, la mission de l’Eglise rencontre des oppositions et parfois des menaces. Dieu est vu comme une menace pour l’homme, pour son pouvoir, pour sa liberté, pour son indépendance. Alors que c’est Lui qui est à l’origine de sa liberté, de son pouvoir. Dieu est une menace pour l’homme quand l’homme ne se place pas bien par rapport à Dieu. Et quand l’homme ne se place pas bien par rapport à Dieu, il entre dans une attitude de souffrance et de mort.

Alors au seuil de cette année électorale, nous pouvons nous demander au milieu de tout un tas de critères propres à chacun, critères personnels, évangéliques etc…, nous pouvons et nous devons nous interroger sur les projets qui vont nous être présentés : contribuent-ils au Bien Commun de la société dans laquelle nous vivons ? Ayons aussi à coeur de remarquer les projets ou les propositions qui constituent une menace pour l’Eglise et pour sa mission. Bien sûr, c’est à chacun de se prononcer. L’Eglise ne peut aider qu’à éclairer les consciences ; mais ne soyons pas naïfs : les forces de mort et d’opposition à Dieu existent !

 

Dernier élément à noter en cette fête de l’Epiphanie et concernant notre mission : la transformation radicale de ceux qui rencontrent Jésus. Les Mages ont rencontré le Fis de Dieu, et ils « regagnent leur pays par un autre chemin ».Non seulement la rencontre avec le Fils de Dieu a donné sens et consistance à leur démarche, mais encore elle les a transformés puisqu’ils repartent autrement qu’ils ne sont venus. Cette transformation est le gage d’une rencontre authentique de Dieu. La vie n’est plus la même après qu’avant. En cette fête de l’Epiphanie du Fils de Dieu, demandons-nous, nous qui avons la chance de connaître le Christ par la foi, demandons-nous si notre vie est réellement transformée. Est-ce que Dieu donne réellement sens et direction à notre vie ? Et si tel n’est pas le cas, demandons la grâce à l’Enfant Jésus de réellement le rencontrer. Amen !

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