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Qui est vraiment catholique aujourd’hui ?

Pour le père Benoist de Sinety, curé de la paroisse Saint-Eubert de Lille, la question n’est pas tant de savoir si tel ou tel est catholique, mais comment nous nous aidons les uns les autres pour « essayer d’être chrétien ».

Qui est vraiment catholique ? Et que veut dire une telle formule, s’interrogeait cette semaine un ami journaliste sur les réseaux sociaux. Les attaques ad hominem fusent de toute part : le ministre de l’Intérieur et sa chasse aux migrants, la présidente des Scouts et Guides de France et ses prises de positions politiques et morales, tel ou tel millionnaire, homme d’affaires de moindre notoriété mais toujours suspecté par une bande ou une autre de mal penser ou d’être en rupture avec la doxa officielle… Chacun y passe et, soyons honnêtes, fait aisément de nous un procureur impitoyable ou un avocat passionné.

Croire en Jésus Christ, se soumettre au magistère de l’Église, réciter le Credo, reconnaître légitime l’autorité de la succession apostolique : autant de critères qui ne peuvent aucunement prétendre définir à eux seuls et mêmes réunis, quelque chose de suffisant. On peut bien sûr reconnaître ce qui n’est pas conforme à l’Évangile et en déduire que, par nature, tel ou tel acte serait contraire au témoignage de la foi en Jésus Christ — qui ne s’épuise d’ailleurs pas dans la seule Église catholique — mais peut-on aller plus loin ? En ces jours où les ordinations de diacres et de prêtres viennent ensoleiller nos horizons, n’est-il pas important de chercher à comprendre ce que peut bien receler de mystérieux pour être à ce point sujet à controverse, ce terme de catholique ?

Une vocation à l’universel

Être catholique c’est d’abord reconnaître à son Église une vocation à l’universalité, à l’universel, désirer et œuvrer afin que le message dont elle est porteuse soit répandu sur toute la surface de la terre. Car c’est bien du message qu’il s’agit avant de se laisser fasciner par l’institution elle-même. Ce message, qu’on appelle la Bonne Nouvelle, est celui confié aux disciples par le Christ pour qu’ils le portent au plus lointain comme au plus proche, partout. Et chaque fois que les hérauts furent tentés d’en limiter l’accès, voire de se restreindre dans l’ambition de le proclamer plus haut, ils eurent tort, depuis le concile de Jérusalem jusqu’à nos conservatismes contemporains.

Être catholique, c’est chercher à répondre à ce commandement d’un Amour qui oblige à servir le Message confié par pure grâce, tout en acceptant sans cesse de se laisser instruire par lui.

Cette universalité n’est pas l’uniformité. Elle lui est même radicalement opposée. Même si les apparences sont trompeuses. Les grands textes qui énoncent la foi des baptisés, les credo notamment, sous un aspect juridique évident, ne cherchent ni à formater les êtres ni à définir une discipline : ils donnent des mots pour rassembler, pour mettre en communion des personnes et non pour faire ânonner un troupeau. Il est d’ailleurs remarquable que dans l’Évangile la seule décision d’organisation de la foule à laquelle Jésus se résolve, consiste à les faire asseoir par groupe de cinquante sur des prés d’herbe fraîche afin de les nourrir de pains et de poissons, fruits de sa prière, après les avoir abreuvés de sa parole.

Le désir de communion

Être catholique, c’est chercher à répondre à ce commandement d’un Amour qui oblige à servir le Message confié par pure grâce, tout en acceptant sans cesse de se laisser instruire par lui. Ce Message qui valide sa présence par le désir de communion qu’il fait germer dans le cœur de ceux qui en sont les porteurs. Il arrive parfois que nous soyons amers : l’autre nous semble tellement plus pieux, tellement plus droit, tellement plus riche de charismes divers… alors que nous sommes si médiocres.

Il arrive aussi que nous connaissions l’ivresse spirituelle de nous croire meilleur, plus juste en regardant ceux que nous considérons comme pécheurs et que nous désignons volontiers comme tels. Il y a des récits dans les quatre évangiles suffisamment clairs sur ces aveuglements mortifères pour qu’il ne soit pas utile ici de s’étendre davantage.

La vérité dans la charité

Le Message du Christ nous convoque à la vérité sur nous-mêmes et sur les autres. Mais jamais au détriment de la charité. Dire à son frère qu’il se trompe est un devoir chrétien. Lui signifier par là qu’il est méprisable, voire pire, est un péché mortel (« Quiconque a de la haine pour son frère est un meurtrier », 1 Jn 3,15). Le Message n’est pas confié à des justes mais à des pécheurs, à des bien portants mais à des malades. Croire le contraire c’est se détacher de ce qu’est le catholicisme pour en faire une secte de prétendus parfaits.

Taire, a contrario, cette vérité que le Message révèle, c’est dissimuler un trésor sans même vouloir pour soi-même en goûter vraiment les fruits. La question n’est pas tant de savoir si tel ou tel est catholique, mais comment nous nous aidons les uns les autres, en nous reprenant et en nous corrigeant avec charité et bonté, afin que nos paroles et nos actes cherchent à rendre plus visible le visage de Celui en qui nous plaçons notre foi. Sans craindre d’appeler « mal » ce qui l’est. Sans renoncer à suivre la lumière, quelle que soit la densité des ténèbres qui parfois semblent nous engloutir. Sans abdiquer cette urgence de l’amour où le Christ nous tient. En espérant enfin, au soir de notre vie, pouvoir murmurer comme dans un dernier souffle : « J’ai essayé d’être chrétien. »

Source ALETEIA

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  • Messe à l’église de la Madeleine à 18:30

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  • Messe à l’église Notre-Dame à 9:30
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  • Eglise de la Madeleine à 16:00 – Chapelet de la confrérie
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  • Messe à l’église de la Madeleine à 18:30
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  • Messe à l’église Notre-Dame à 9:30
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  • Messe à l’église de St Germain de Rugles à 9:15
  • Centre Bethléem à 9;30 – Préparation première communion
  • Messe à l’église de La Madeleine à 11:00 – Enfants du caté – Baptêmes