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Homélie de la messe de Pâques du Père Julien PALCOUX

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Sul ar Bask

Frères et sœurs,

            Et si Jésus n’était pas ressuscité ? Alors, rassurez-vous ! Je ne suis pas en train de vous dire qu’Il n’est pas ressuscité…mais quelles incidences y aurait-il dans notre vie si Jésus n’était pas ressuscité ? Qu’est-ce que cela changerait ?

            Eh bien, on pourrait dire beaucoup de choses…Tout d’abord, si Jésus n’était pas ressuscité, cela signifierait que Dieu n’a été vainqueur ni des forces du mal ni des forces de mort…On vivrait alors dans une perspective d’injustice éternelle…cela serait l’enfer, parce qu’évidemment, tous, à des degrés différents, nous faisons l’expérience de l’injustice dans notre vie. Mais, au-delà même du sentiment d’injustice que nous expérimentons, nous savons, nous croyons qu’il y aura une autre justice là-haut ; parfois même nous l’espérons ou nous l’attendons ! Donc, si Jésus n’était pas ressuscité, alors ce serait d’abord le triomphe, le règne des puissances du mal. Pas de vie éternelle ; pas de retrouvailles là-haut !

            Si Jésus n’était pas ressuscité, alors vaine serait notre foi. Vide. Qu’aurions-nous à annoncer ? Que Dieu nous aime ? Mais, où se donne à vois son Amour ? Dans la mort de Jésus sur la Croix, et plus rien ? Non, ça ne va pas…Si Jésus n’était pas ressuscité, alors il n’y aurait aucun contenu à dans l’annonce de la foi, rien à annoncer si ce n’est qu’une doctrine, et il n’y aurait aucune force, aucun dynamisme d’évangélisation, puisque la force même de l’évangélisation découle de l’annonce de la Résurrection : « Et maintenant allez dire à ses disciples et à Pierre : « Il vous précède en Galilée » » avons-nous entendu cette nuit ! L’Evangile lui-même et la force de l’annonce de l’Evangile découlent directement de la puissance de la Résurrection. La foi devient efficace par la puissance de la résurrection.

            On pourrait dire encore beaucoup de choses sur les conséquences de la non Résurrection de Jésus ; mais il y a encore une chose qui je relève : si Jésus n’était pas ressuscité, alors aucun des sacrements ne seraient efficaces, puisqu’ils n’auraient aucune vie, aucune substance à transmettre. Et l’Eglise n’existerait pas ! On apprendrait la vie de Jésus à l’école, et c’est tout. Mais, il n’y aurait aucune actualité de la foi chrétienne, et, par conséquent, aucune raison pour que l’Eglise existe.

            Alors, si je vous dis tout cela, c’est pour vous montrer une chose, c’est qu’en fait, même si la Résurrection demeure un mystère, une vérité difficile à croire, en fait  nous en vivons. Nous ne vivons pas dans tout ce que je viens de décrire plus haut ; mais nous vivons bien dans les conséquences de la Résurrection.

 

            L’Evangile du jour nous rappelle que croire en la Résurrection n’est pas une chose facile. La Résurrection n’est pas de l’ordre de ce que l’on peut démontrer. La seule preuve qu’il y a est la disparition du corps de Jésus. Vous parlez d’une preuve ! La Résurrection est une Vérité accessible par l’Amour et par la foi. Par l’Amour, il n’y a qu’à regarder qui arrive en premier au tombeau, qui entre en premier et qui croit en premier : St Jean ! Le disciple que Jésus aimait ! Celui qui aime arrive en premier à croire ce que les yeux ne voient pas encore. Notre nature humaine habitée par l’Amour, orientée par l’Amour, arrive à pressentir la réalité de la Vie au-delà de la mort.

St Pierre, lui, n’est pas le disciple de l’Amour. Il a d’autres qualités, mais pas d’abord celle-ci. Il n’entre pas dans le tombeau ; tout comme il n’était pas entré 3 jours auparavant dans la cour de la maison du grand prêtre. Pourquoi ? Parce qu’il avait peur ; peur pour lui. Alors que le disciple que Jésus aimait, lui, n’avait pas écouté ses peurs, Il aimait ; il était entré ! S’il est vrai que l’Amour chasse la crainte, comme dit St Jean, l’Amour fait accéder à la Résurrection.

Mais ce que l’Amour oriente, la foi le parfait : « Il vit et il crut. » Croire que Jésus est ressuscité n’est accessible que par la foi. La foi découle de la Résurrection de Jésus et nous conduit à croire en la Résurrection.

 

            Alors, frères et sœurs, en ce dimanche de Pâques, nous ne commémorons pas seulement la Résurrection de Jésus ; nous ré-entendons que nous vivons déjà de la Résurrection de Jésus.  Par le sacrement du baptême, nous sommes rendus participants de la mort et de la Résurrection de Jésus. Le processus de mort au péché et de renaissance en vie nouvelle est  à l’œuvre en nous, en attendant qu’il ne le soit complètement à la fin des temps. Fêter la Résurrection du Christ, c’est reprendre conscience, c’est nous ouvrir plus profondément au don de la vie divine qui coule en nous ; c’est aussi ré-approfondir notre devoir d’annoncer la Résurrection du Seigneur Jésus ; c’est nous ré-engager dans un dynamisme missionnaire renouvelé. L’Eglise et les paroisses ont besoin de vivre davantage de la Résurrection pour dépasser tous les petits conflits internes et pour s’ouvrir pleinement à la mission d’annonce de la foi chrétienne. Puisse la fête de Pâques, à travers nous, éclairer tous ceux qui ne croient pas ou tous ceux qui rejettent ou combattent la foi chrétienne. Amen !

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