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Homélie de la messe du 5ème dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX

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5ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

 

Aujourd’hui, nous voyons Jésus appeler ses premiers disciples, ceux qui seront les colonnes de l’Eglise : Pierre et André ; Jacques et Jean. Ce qui fonde l’Eglise, sa raison d’être, sa mission, c’est l’appel de Jésus et la réponse à cet appel. Evangile intéressant à méditer dans le contexte paroissial qui est le nôtre d’une réflexion sur la mission, sur l’appel…

            Tout d’abord, tout part de l’appel de Jésus.  Ce qui constitue l’Eglise, ce n’est pas une convergence de points de vue, de sensibilité, d’opinions ; c’est une réponse que l’on donne à l’appel de Jésus. Et je vous ferai remarquer que cet appel est très libre. Dans d’autres versions, les évangélistes prennent soin de nous dire : « Jésus appela à Lui qui Il voulait. » Dans la version de St Luc que nous avons, il y a la foule qui suit Jésus, qui a soif d’enseignement. Jésus aurait pu appeler comme disciples des personnes de cette foule ; eh bien, non, ce n’est pas ce qu’Il fait. Il va appeler deux autres personnes, qui n’ont rien à voir à la foule, deux autres personnes qui font complètement autre chose et Il leur demande un service. Tout est là ! Et, à partir de ce service qu’Il leur demande, ils vont devenir disciples, puis apôtres. Frères et sœurs, il faut méditer sur cette manière de faire ; il faut s’en imprégner. Il faut savoir demander à des personnes nouvelles, qu’on ne voit pas à l’Eglise, qui ne sont pas dans nos équipes, il faut savoir leur demander des services. Le message de l’Evangile s’adresse d’abord « aux hommes de bonne volonté » comme nous le rappelaient les Anges à Noël. Il y a plein de personnes de bonne volonté, qui sont heureuses de rendre un service, que cela soit pour ouvrir une église, soit pour visiter des personnes malades ou seules, soit pour faire de l’accueil. Et les gens sont heureux de pouvoir rendre service. Mais, par pitié, il faut arrêter lorsque l’on cherche des personnes pour une mission, pour un service, il faut arrêter de toujours regarder chez les personnes qui sont déjà dans nos circuits. Il faut mettre un terme à ce réflexe mortifère, car non seulement nous allons épuiser toujours les mêmes, mais surtout nous allons nous scléroser et mourir en nous repliant sur nous-mêmes ! C’est tout l’inverse qu’il faut faire. Il faut accueillir de nouvelles personnes. Comment cela ? en faisant comme Jésus, en étant capables de demander un coup de main, de l’aide pour telle ou telle chose.

            Dans quelques semaines, nous allons vivre une mission conduite par des Pères Lazaristes. Bien sûr, les Pères iront rendre visite aux personnes qui le souhaitent, qui ne peuvent plus venir à la messe, qui ont des difficultés dans leur vie ;  mais surtout, n’oubliez pas de nous indiquer des personnes nouvelles à aller visiter, des familles avec des enfants où, à première vue, il n’y a pas de baptêmes, de catéchisme. Pour nous, la mission sera déjà réussie, si nous envoyons les Pères chez des gens nouveaux.

 

            L’appel de Jésus est le point de départ de la vocation des disciples. Mais, maintenant, il faut qu’ils rencontrent Jésus. Personnellement. Il faut qu’ils obéissent à sa parole : « Avance au large et jetez les filets pour prendre du poisson. » Il y a toujours un risque à obéir à la parole de Dieu. Est-ce que nous allons lui faire confiance ? A quoi bon re-essayer ? Ils ont déjà essayé de pêcher toute la nuit ; ils sont fatigués ! Mais, ils repartent et acceptent d’écouter, de faire confiance. Et là, miracle ! ça mord ! La pêche miraculeuse. Pour rencontrer personnellement Jésus, il faut accepter de lui faire confiance et de lui obéir, même si cela n’a pour nous aucun sens. Il faut avoir fait l’expérience de sa pauvreté. La conscience de notre pauvreté, de nos limites, nous amène à risquer l’obéissance, la confiance à Jésus. Et le résultat est là : les disciples prennent une telle quantité de poissons qu’ils sont obligés de se faire aider par  la barque d’à côté. La fécondité est la réponse de Dieu à l’obéissance, à la confiance en Jésus. Et une fécondité telle, que l’on a besoin des autres. Nul ne peut se suffire à lui tout seul dans la mission de l’Eglise ; nous avons nécessairement besoin des autres. Il faut en fait pour rencontrer Jésus en vérité se rendre compte que nous ne pouvons rien par nous-mêmes ; mais que c’est par Lui que nous pouvons. Imaginez ce qu’aurait été cette scène si les disciples avaient correctement pêché durant la nuit. Certainement, cette première rencontre aurait été ratée.

 

            Ces différents éléments nous renseignent sur la nature même de l’Eglise. On se trompe lorsque l’on considère l’Eglise sous l’angle exclusif d’une institution humaine. Certes, l’Eglise est une institution. Certes, elle est composée d’hommes. Mais l’Eglise est d’abord une institution divine. Beaucoup de visions actuelles faussées de l’Eglise sont issues des années post-conciliaires où l’on a excessivement accentué le côté humain de l’Eglise, au détriment de l’équilibre divin-humain, sous prétexte de la rendre plus proche des gens. Ces dérives ont été aggravées même par la manière dont on a géré l’Eglise, parfois comme une entreprise ou comme une société.

            Un des pires exemples a été la gestion de la diminution du nombre de prêtres. On a souvent entendu, il y a 15, 20 ans : « Il n’y aura plus de prêtres demain dans l’Eglise ; c’est aux laïcs de s’engager ». Mais, on n’en savait rien. Ce qui est sûr, c’est qu’on a contribué avec cette idéologie à faire fuir les vocations vers  les communautés nouvelles, traditionnelles. Et on a formaté des générations de laïcs dans l’idée selon laquelle l’Eglise reposerait sur eux. Sauf que 15, 20 ans  après…cela ne correspond pas du tout à la situation présente. En fait, on a pensé à la place de Dieu ; on a géré d’un point du vue essentiellement humain la situation. A-t-on été et est-on ouvert aux prêtres que Dieu donne aujourd’hui ? Là, on sait critiquer ; mais faisons-nous confiance à Dieu qui envoie les pasteurs qu’il faut à l’Eglise d’aujourd’hui ? Certes, le profil des pasteurs d’aujourd’hui est différent de celui d’hier, et ceux de demain seront encore différents de ceux d’aujourd’hui. C’est normal ; c’est le signe que l’Eglise est vivante et que Dieu la conduit.

            Les difficultés que l’Eglise rencontre dans sa mission, les pauvretés qu’elle vit, sont autant d’appels à se mettre davantage à l’écoute de Dieu et à Lui obéir. Que Jésus nous donne l’audace de savoir inviter des personnes nouvelles à venir nous rejoindre. Qu’Il nous donne le goût du risque et le désir de lui obéir.  Qu’il nous donne l’attitude de foi qui nous permette de vivre ces périodes de transition dans la confiance et la sérénité. Amen !

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