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Homélie de la messe du 6ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX

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6ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

Une écoute peu attentive ou superficielle de cet Evangile pourrait donner l’impression que Jésus relativise la Loi. C’est d’ailleurs l’interprétation que les scribes et les Pharisiens feront. En fait, il n’en est rien. Deux choses sont importantes. Jésus apparaît tout d’abord comme le Maître de la Loi, et non pas comme le sujet. Et puis, c’est en réalité tout l’inverse. Jésus délivre un enseignement beaucoup plus exigent que celui de la Loi. J’en reprends simplement un exemple : « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il en répondra au tribunal.’ Eh bien moi, je vous dis : tout homme qui se met en colère contre son frère, en répondra au tribunal. »Quelle attitude Jésus nous invite –t-il à adopter par rapport à la Loi ? Jésus nous montre que la Loi tend vers un accomplissement qui est l’Amour : l’amour de Dieu et du prochain. En fait, Jésus place l’amour au-dessus de la Loi ; non pas en opposition, mais en finalité. Et puis Jésus nous invite à avoir une intelligence de la Loi, c’est-à-dire qu’Il nous invite à la comprendre, à en rechercher la finalité. La perfection chrétienne, ou je pourrais le formuler autrement, la sainteté, ne se jouent pas dans l’application totale et complète de la Loi, mais dans l’Amour. Le Saint Pape Jean-Paul II a mis en valeur le principe de la gradualité de la Loi. Il nous invitait, à la suite de Jésus dans l’Evangile, à adopter une attitude bienveillante par rapport à la Loi divine, à l’enseignement de l’Eglise, qui parfois, peuvent nous sembler très/trop exigeants, durs. Jean-Paul II nous invitait à nous positionner par rapport à la Loi en question, à la règle, pour ensuite nous inviter à progresser vers l’accomplissement de la Loi. La sainteté se joue effectivement sur ce chemin que nous parcourons.

Mais l’attitude de Jésus révèle une autre question, que nous retrouvons d’ailleurs toujours aujourd’hui, qui est celle de la purification de la Loi. Si la Loi est d’inspiration divine, elle est toujours confiée à des hommes. Et si, dans son essence la loi divine est parfaite, dans son application elle est toujours liée à notre humanité qui, elle, est pécheresse. Par conséquent au fur et à mesure que la Loi s’étend dans le temps, elle est de plus en plus sujette à une altération et à une certaine corruption. C’est le prix à payer pour une rencontre avec le monde. Ailleurs dans l’Evangile, au sujet du mariage, Jésus évoque la Loi de Moïse en expliquant que Moïse a donné cette Loi en raison de l’endurcissement du cœur des hommes. Mais, ajoute-t-il, « au début il n’en était pas ainsi. »

Ce que je vous dis de la Loi divine est vrai dans d’autres domaines. Il y a eu de multiples réformes dans la famille des bénédictins, réformes dues à l’altération, parfois à la corruption, des règles monastiques. Ainsi sont nées de différentes réformes les Trappistes, les Franciscains. Il y a eu la même chose chez les Carmes avec notamment Sainte Thérèse d’Avila et Saint Jean de la Croix. Il en va de même en liturgie, où régulièrement il faut « purifier » notre manière de prier pour revenir à l’essentiel. Cette purification est l’œuvre de l’Esprit-Saint qui aide à revenir à l’essentiel. Un des signes des sociétés décadentes réside dans le fait qu’on promulgue des lois qui sont opposition à la Loi naturelle. C’est malheureusement le mouvement dans lequel est entré l’Occident depuis plusieurs décennies. La loi civile est en opposition à la Loi naturelle. On le voit lorsqu’on demande à la Loi de faire ce que la nature ne peut pas faire. Cette décadence est aujourd’hui facilitée par le fait que la Loi naturelle, la Loi qui est inscrite dans le cœur de l’homme, qui lui fait sentir qu’il devient heureux en faisant le bien et non le mal, est contestée par certains et en tout cas méconnue même chez les chrétiens. Et lorsqu’on n’est plus d’accord sur un socle de valeurs communes, alors la vie ensemble devient de plus en plus difficile et on est obligé de multiplier les Lois pour répondre aux difficultés grandissantes qui viennent du rejet de la Loi naturelle et ultimement de Dieu.

Evangéliser dans le monde d’aujourd’hui…grande question que se posent beaucoup de diocèses. Qu’est-ce que la « Nouvelle Evangélisation » ? Comment évangéliser ? En tout cas, deux pistes se dégagent de la médiation de cet Evangile que nous faisons : premièrement en faisant redécouvrir la Loi naturelle. Cette Loi à laquelle toute personne dont le bon sens n’a pas été perturbé adhère. Que l’on soit chrétien ou non, on reconnaît qu’il y a une plus grande valeur à faire le bien plutôt que le mal. Deuxièmement : en travaillant à la formation des consciences ; à l’éclairage des consciences. Tout le monde a cette petit voix intérieure qui lui dit : « Ce que tu vas faire n’est pas bien. » ou alors « Ce que tu vas faire est bien. » Mais, la relativisation des valeurs, la déchristianisation des institutions, des familles complique l’éducation des consciences. La multiplication des Lois ne protègera pas plus ; elle ne rendra pas plus heureux. Par contre, l’Evangile et la foi libèreront davantage l’homme et le rendront heureux. Confions au Seigneur tous ceux qui ont une vocation de parents, d’éducateurs, de catéchistes, de formateurs, afin qu’ils s’inspirent toujours davantage de l’Evangile et de la miséricorde de Dieu. Amen !

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