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Homélie de la messe du cinquième dimanche de Pâques du Père Julien PALCOUX

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5ème Dimanche de Pâques

Frères et Sœurs,

L’Evangile que vous venez d’entendre est souvent choisi par les familles lors des obsèques, parce qu’il fait échos à une situation de détresse des Apôtres qui se préparent au départ de cette vie de Jésus et qui se préparent à vivre son absence. Et les Apôtres sont perdus, désemparés. C’est souvent une situation que les familles endeuillées expérimentent. Dans cet extrait d’Evangile, Jésus vient conforter la foi de ses disciples : « Vous croyez en Dieu ; croyez aussi en Moi. » En fait Jésus invite ses Apôtres à vivre leur foi en Dieu à travers Lui Jésus. C’est une première question qu’il faut nous poser frères et sœurs. Ce n’est pas forcément facile de vivre sa foi en passant par le Christ. Beaucoup de personnes chrétiennes de culture, non de pratique, disent croire en quelque chose qui dépasse l’homme, qui est au-dessus de nous. Beaucoup croient en un Dieu Créateur. Mais la foi chrétienne va beaucoup plus loin que cela. Elle affirme que Jésus est le Médiateur entre Dieu et les hommes, qu’Il est le visage de Dieu : « Celui qui m’a vu a vu le Père » répondra Jésus à Philippe, qu’Il est le Verbe de Dieu, la Parole de Dieu, qu’Il est Dieu : « Je suis dans le Père et le Père est en moi » répondra encore Jésus à Philippe. L’Eglise, dans la liturgie, nous invite à ce regard christocentrique, notamment avec toutes ces conclusions d’oraison que vous connaissez bien : « Par Jésus le Christ Notre Seigneur. » Mais, même si en tant que pratiquants plus ou moins réguliers, nous sommes habitués à la Médiation du Christ Jésus, notamment à travers la Communion Eucharistique, à travers l’Adoration du St Sacrement, il est bon de nous interroger à nouveau : dans ma vie chrétienne, dans ma vie de prière, quelle place a Jésus ? « Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie. Personne ne va vers le Père sans passer par Moi. » nous dit Jésus.

Cette parole de Jésus nous apprend aussi que Jésus est LA Réponse à toutes les questions que nous nous posons. Thomas demande à Jésus : « Comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Traduction : Comment vivre notre vie de foi ? Comment aller à Dieu ? Philippe : « Montre-nous le Père ! » Traduction : Comment est Dieu ? Où est-il ? Où pouvons-nous le voir, le trouver ? Réponse : en Jésus. « Je suis le chemin, la vérité, la vie. » La réponse à toutes nos questions n’est pas dans une conduite de vie, dans des règles, dans des principes, mais dans une personne : Jésus. Si notre foi ne met pas la personne de Jésus au centre, alors elle est incomplète.

Ce recentrement sur la personne de Jésus a une conséquence directe et logique : c’est qu’il implique un recentrement, un enracinement dans l’Eglise qui est le Corps du Christ. St Pierre dans la deuxième lecture cite cette Parole de l’Ecriture : « Approchez-vous du Seigneur Jésus : il est la pierre vivante que les hommes ont éliminée, mais que Dieu a choisie. » Il ne peut en fait y avoir d’adhésion à la personne de Jésus sans incorporation à l’Eglise. Et c’est même d’ailleurs souvent l’inverse : beaucoup découvrent plus profondément le Christ à travers un engagement, un service dans l’Eglise. Placer le Christ au centre de sa vie chrétienne, de sa vie spirituelle conduit à s’engager dans l’Eglise. Et St Pierre nous précise quelle est notre mission : « Soyez les pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel, et vous serez le sacerdoce Saint, présentant des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter. » La mission des baptisés est d’offrir des offrandes spirituelles. Qu’est-ce que cela veut dire ? cela veut dire offrir spirituellement sa vie, son temps, ses activités, ses bonnes actions, mais aussi ses contrariétés, ses pauvretés, ses sacrifices. Offrir ses prières, ses pensées. Ses offrandes spirituelles sont d’une grande valeur. L’Eglise se construit aussi à partir de tout ce qu’on peut lui apporter et pas seulement à partir de tout ce que nous consommons. Demandons-nous aussi ce matin : qu’est-ce que j’offre à l’Eglise comme offrande spirituelle ? Comment est-ce que je contribue à édifier ce Temple spirituel, Corps du Christ ?

Et entrant alors plus profondément dans la construction et la mission de l’Eglise, on découvre qu’il y a tellement à faire, infiniment plus que ce que nous faisons. Par ailleurs, en entrant plus profondément dans l’Eglise, dans sa vie de tous les jours, on entre dans son histoire et dans ses histoires. La première lecture évoque une querelle dans la toute jeune Eglise au sujet de veuves qui se sentent délaissées. Cela fait sourire car il y a toujours eu de petites tensions dans l’Eglise ; il y a toujours différentes sensibilités qui coexistent qu’elles soient politiques, liturgiques, spirituelles. Il y a toujours des récriminations. Mais ce que l’Ecriture nous apprend, ce que l’Esprit-Saint nous enseigne à travers les actes des Apôtres, c’est qu’il ne faut pas se laisser manger par les mécontentements, par les récriminations. Il faut en fait revenir aux fondamentaux, revenir à l’essentiel : la prière et l’annonce de l’Evangile. Les Apôtres le disent : « Il n’est pas normal que nous délaissions la parole de Dieu pour le service des repas. » En revenant à l’essentiel, on fait confiance à l’Esprit-Saint pour qu’Il nous suggère les moyens de répondre aux autres besoins. En l’occurrence dans les Actes des Apôtres, l’Esprit-Saint suggèrera l’institution du diaconat. Puisque l’Eglise est un Corps vivant qui ne cesse de grandir, toutes les crises qu’elle traverse sont par définition des crises de croissance, même si elles ne sont pas toujours perçues comme telle. Si les crises qu’affronte l’Eglise ne sont pas vues comme des crises de croissance, alors c’est que notre regard n’est pas juste. Quand les chrétiens sont enracinés en la personne de Jésus, quand ils offrent leur vie en offrande spirituelle et participent ainsi à l’édification du Temple spirituel, alors l’œuvre de Dieu s’accomplit comme en témoignent les Actes des Apôtres : « La Parole du Seigneur gagnait du terrain, le nombre de disciples augmentait fortement à Jérusalem. »

Demandons la grâce au Seigneur pour nous-mêmes et pour tous les croyants de se recentrer toujours davantage sur le Christ Jésus et prions pour que l’Eglise, en ces temps plus difficiles, ne se laisse pas manger par des soucis de réorganisation territoriale, de querelles internes, mais qu’elle se recentre sur sa mission : prier et annoncer l’Evangile. Amen !

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