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Homélie de la messe du 15 ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX

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15ème Dimanche du Temps Ordinaire

 

Frères et Sœurs,

La réponse à la question posée dans l’Evangile : « Que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? » est très simple : Aimer. Aimer Dieu et son prochain. La réponse est aussi simple d’apparence qu’elle est difficile à mettre en œuvre. Alors, nous allons regarder quelques aspects liés à la question de l’Amour. Mais, ce qu’il ne faut pas perdre de vue, c’est que la réponse à la question de l’Amour se joue dans l’équilibre, le juste équilibre à trouver entre l’Amour de Dieu et l’Amour des autres. A aimer seulement Dieu, sans se soucier de ceux qui sont dans le besoin à côté de nous, révèle un déséquilibre profond de notre foi et constitue un contre-témoignage. A nous occuper seulement de nos frères et sœurs en difficultés, en mettant Dieu de côté, ou en taisant celui au Nom de qui nous agissons, révèle une immaturité de la foi, préjudiciable à l’évangélisation. On risque alors de ne faire que du social, mais pas l’exercice de la charité demandé par l’Evangile. Tout se joue dans une question d’équilibre.

Arrêtons-nous d’abord sur la première partie de la réponse de Jésus : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit. » Le commencement de tout est d’aimer Dieu. Dieu en premier. Parce que c’est Lui qui est l’Amour, c’est Lui qui est la source de tout amour. On ne peut pas aimer les autres en vérité si notre capacité d’aimer n’est pas enracinée en Dieu. Mais, cet amour de Dieu qui est premier doit être total : il s’agit d’aimer de tout son cœur, de toute son âme, de tout son esprit, de toute sa force. Nous avons ici les quatre dimensions de l’Amour, les quatre dimensions qui font que l’Amour est total : aimer avec son cœur, avec son âme, avec sa force et avec son esprit. Trop souvent, nous réduisons l’amour à sa seule dimension affective. Mais l’affectivité n’est qu’une dimension de l’Amour. Aimer de tout son cœur, c’est aimer avec les sentiments, avec son affectivité ; aimer de toute son âme, c’est aimer spirituellement, avec son âme. Tout amour a aussi une dimension spirituelle. Aimer avec toutes ses forces, c’est aimer physiquement, avec toutes ses énergies, ses puissances ; aimer de tout son esprit, c’est aimer avec son intelligence, avec son psychisme, avec sa mémoire.

Ce matin, nous pouvons déjà nous demander si nous honorons, dans l’Amour que nous portons à Dieu, toutes ces dimensions. Mais, prenons garde à ne pas réduire l’Amour de Dieu à la seule dimension affective ou à du sentimentalisme. Comment nourrissons-nous notre amour de Dieu dans notre intelligence ? Que lisons-nous par exemple pour nourrir notre foi ? Comment nourrissons-nous notre amour de Dieu dans notre âme ? Quelle vie de prière avons-nous ? Dans notre force ? Qu’est-ce que concrètement nous faisons pour Dieu ?

Venons-en maintenant à la deuxième partie de la réponse de Jésus : « et tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

L’Evangile enchaine immédiatement sur une question importante : qui est mon prochain ? Vous connaissez tous la parabole du Bon Samaritain. Qui est mon prochain ? réponse de Jésus : Celui qui se trouve à mes côtés. La proximité dont il est question peut être géographique, physique, affective. On peut distinguer plusieurs cercles de proximité. Le premier, celui qui nous est naturel est celui du sang, de la famille. Dans son prolongement, on peut distinguer un cercle plus large qui est celui d’un peuple qui partage une identité commune, une histoire commune, une langue commune à l’échelle d’une région par exemple, ou d’une nation. Un autre cercle est constitué de ceux qui partagent la même foi et qui, de ce fait, font partie de la même famille. Et puis, de manière encore plus large, on peut voir un autre cercle constitué de tous les hommes qui partagent la même humanité.

Il est intéressant de voir comment Jésus se débrouille dans ces différents cercles. Ce que l’on peut dire, c’est qu’Il ne s’est jamais laissé enfermer dans aucun. Par rapport au cercle familial : « Qui sont ma mère, qui sont mes frères ? » répondra-t-Il à des personnes de sa famille. Jésus ne se laisse pas enfermer dans les liens du sang. Au contraire, Il ouvre le lien familial à toute personne cherchant à faire la volonté de Dieu. Il ne se laissera non plus jamais enfermer dans le cercle de l’Israël identitaire. Il ne cessera jamais de récuser le titre de « Roi des Juifs ». En revanche, Il édifie un cercle nouveau, ouvert à tous, mais constitué de ceux qui le reconnaissent comme Messie, Fils de Dieu.

Frères et sœurs, il nous faut aussi réfléchir sur nos propres cercles de proximité. Comment les honorons-nous ? Tout d’abord par rapport à notre famille. Est-ce que nous ne délaissons pas tel ou tel ? Est-ce que nous ne risquons pas de nous laisser enfermer dans ces cercles ? Et puis, comment honorons-nous ceux de qui nous sommes proches par la foi, parce que nous avons la même, et qui, à quelques heures d’avion de l’Europe, se font tuer, martyriser, parce qu’ils sont chrétiens ? Prenons garde à ne pas nous laisser manipuler par les faiseurs d’opinion, par ceux qui vont nous désigner de qui il faut être proche. N’oublions pas nos frères et sœurs chrétiens qui paient de leur vie le fait de maintenir une présence chrétienne dans des terres qui l’étaient.

Pour terminer, je voudrais m’arrêter sur ce qui peut passer pour un détail dans l’Evangile, mais qui ne l’est pas pour un chrétien. Le Bon Samaritain va prendre soin de l’homme qui a été agressé et verser sur ses plaies de l’huile et du vin. Puis il le conduit dans une auberge. Nous savons que l’huile, le vin ont des vertus curatives. Le Samaritain soigne les blessures de l’homme agressé. Mais, pour un chrétien, l’huile et le vin sont aussi des signes de la grâce des sacrements. L’huile peut représenter à la fois l’onction des malades, comme la grâce de Dieu qui se déverse sur nos blessures ; le vin représente le sacrement de l’Eucharistie. Quant à l’auberge où le blessé va continuer à être soigné, elle est une image de l’Eglise qui prend soin de ses enfants malades et qui les soigne. Ces détails sont importants car ils disent aussi la mission des baptisés qui est de prendre soin de la santé de nos proches, tant sur le plan physique et sur le plan spirituel. Le meilleur médicament à apporter à un blessé de la vie est de lui faire rencontrer le Christ, le Seul et Vrai Médecin, Celui qui soigne toutes les blessures de notre humanité. On touche ici du doigt la différence entre ce que l’on peut appeler l’humanisme, la philanthropie qui consiste à aider et à aimer tout homme, parce qu’il est homme, et la charité qui consiste à apporter à tout homme l’amour que vient de Dieu et que Dieu a pour cette personne à travers l’amour que je lui porte.

Demandons au Seigneur la grâce que les baptisés aient toujours une conscience plus grande et plus profonde de la mission qui est la leur d’être des instruments de la charité et de se faire le prochain de tous ceux que le Seigneur met sur notre route. Amen !

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