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Homélie de la Solennité de l’Ascension du Père Julien PALCOUX

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Solennité de l’Ascension

Frères et sœurs,

La Solennité de l’Ascension de Jésus met un terme définitif à son mode d’existence humaine. On peut distinguer deux phases d’inégale durée dans l’existence humaine de Jésus. La première phase est comprise dans l’humanité que Jésus assume, qui est notre humanité, marquée par les limites que nous connaissons, même si dans cette humanité « limitée » qu’assume Jésus, deux caractéristiques importantes voient le jour : la première, c’est que Jésus n’est porteur d’aucun péché ; la deuxième, c’est que c’est sous le voile de cette humanité limitée que la divinité de Jésus jaillit pour accomplir tel ou tel miracle. La deuxième phase est comprise dans l’humanité ressuscitée que Jésus inaugure au moment de sa Résurrection.

On est souvent attentifs dans l’enseignement de la foi, dans la catéchèse, et même dans la prédication, aux trois années de ministère de Jésus, années pendant lesquelles Il forme ses disciples, Il annonce le Royaume des Cieux. On l’est moins, en revanche, par rapport à cette temporalité particulière de 40 jours que vit Jésus entre sa Résurrection et son Ascension. Et pourtant, de nombreuses vérités se trouvent confirmées. J’en relève quelques-unes.

Tout d’abord, ces 40 jours, sont l’occasion de la consolidation de la foi des disciples en la Résurrection de Jésus. Au cours de ces jours saints, Jésus a confirmé l’immortalité de l’âme et même de la chair. Il a initié ses Apôtres et disciples à ses différents modes de présence : dans l’Ecriture, dans le Pain partagé, le mode le plus complet étant celui du pain partagé, c’est-à-dire de l’Eucharistie, où Jésus est présent spirituellement et corporellement, à la différence des Ecritures où Jésus n’est présent que spirituellement. Le meilleur exemple est le récit des pèlerins d’Emmnaüs où, au moment même où les disciples reconnaissent Jésus quand il rompt le pain, Jésus disparaît. C’est très clair : Il leur dit : « Je suis le Pain ».

Au cours de ces 40 jours, Jésus a aussi guéri l’incrédulité de ses disciples. St Thomas représente ceux qui doutent, ceux qui veulent des preuves pour croire. Jésus guérit son incrédulité par les marques de sa Passion. Désormais, au-delà de St Thomas, l’Eglise, encore porteuse de la Passion de son Maître à travers les épreuves de ses enfants, porte en même temps le remède contre l’incrédulité.

Il y a encore autre chose : au cours de ces 40 jours, Jésus a aussi fait à ses disciples et Apôtres un don incommensurable : le don de la paix. « La Paix soit avec vous ! » : c’est la parole que le Christ prononce à chaque manifestation. Cette paix, c’est le don du Ressuscité par excellence. C’est le don de Celui qui a anéantit toute peur, parce qu’Il est passé par la mort et qu’Il en est revenu ! Et cette paix, Jésus la donne à ses disciples et la confie à son Eglise.

On peut trouver bien d’autres richesses dans cette temporalité. J’en ai cité les plus générales. Au terme de ces 40 jours donc, Jésus remonte définitivement au Ciel, d’où Il est descendu.

L’Ascension de Jésus met un terme à son mode de présence humaine pour nous faire entrer dans son mode de présence sacramentelle. L’Ascension marque l’entrée de l’Eglise dans le régime de la foi. Vous savez que c’est une des raisons pour lesquelles, traditionnellement, on célébrait les premières Communions le Jeudi de l’Ascension : c’était une manière, alors que Jésus nous quittait, de réaffirmer sa présence dans la Saint Communion.

Jésus, perçu jusqu’alors de manière indubitable par tous comme fils d’homme, est désormais perçu comme Fils de Dieu. Il remonte d’où Il est descendu. Il va commencer à être, de manière ineffable, plus présent par sa divinité, bien qu’Il soit plus lointain par son humanité. C’est un des grands mystères de son existence à la droite de Dieu.

Je souhaiterais terminer en relevant une indication que nous donne l’Eglise, qui pourrait passer inaperçue aujourd’hui, mais qui est importante. C’est que l’Ascension de Jésus devrait être pour chacun de nous une cause de joie, du même ordre que sa Résurrection. Or, il me semble, que l’on a du mal à vivre cette joie de l’Ascension. La prière d’ouverture de la messe le dit : « Dieu qui élève le Christ au-dessus de tout, ouvre-nous à la joie et à l’action de grâce. » Jésus le dit à plusieurs reprises à ses disciples : « Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie, car je m’en vais vers le Père. » Pourquoi devrions-nous être dans la joie ? Parce que l’Ascension de Jésus annonce notre finalité, qui est de vivre avec Dieu et de Dieu. La perspective de la vie éternelle devrait nous réjouir et nous devrions même l’attendre avec joie…Là, ce n’est pas la même chose pour tout le monde…

Demandons la grâce au Christ monté aux Cieux de fortifier notre foi et de faire grandir en nous le désir de le rencontrer au Ciel. Amen !

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