Par l’Esprit Saint, nous prenons conscience que nous sommes enfants de Dieu. Depuis le jour de la Pentecôte, il se fait le témoin, le messager, l’agent et le gage de notre filiation divine.
À Pâques, Dieu nous révèle en plénitude que Jésus est son Fils depuis toujours. Mais Il fait davantage, Il nous change afin que nous devenions ce que Jésus est par nature : des fils de Dieu. Le jour de la Pentecôte, Il a envoyé en nous son Esprit qui atteste que nous sommes bien ses enfants. C’est ainsi que l’Esprit Saint est le témoin, le messager, l’agent et le gage de cette filiation divine. Examinons ces quatre points.
L’Esprit Saint est témoin de notre filiation divine
« La preuve que vous êtes des fils, c’est que Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans vos cœurs où il crie : Abba, Père ! » (Gal, 4, 6) écrit saint Paul. En tant que témoin, l’Esprit nous assure intérieurement que l’élan qui nous pousse vers Dieu est un élan filial, c’est-à-dire un élan de fils. « L’Esprit en personne se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu » (Rm 8, 16) écrit encore l’Apôtre aux Romains. En tant que témoin de notre filiation divine, l’Esprit nous assure que celle-ci ne relève pas du sentiment mais de la certitude de foi.
L’Esprit Saint, messager explicite
Mais ce témoignage intérieur ne peut être reçu comme une vérité théologale que s’il dépasse le simple plan de la subjectivité. Voilà pourquoi il est nécessaire qu’une annonce explicite, venant de l’extérieur, soit faite de cette filiation divine afin qu’elle atteigne un statut de réalité objective et universelle. C’est à ce niveau que l’Esprit est le messager de notre nouveau statut de frère de Jésus-Christ et de fils du Père. Ce message indubitable, doctrinal, l’Esprit le confie à l’Église et, à travers elle, à tous les croyants qui en deviennent à la fois les témoins et les hérauts auprès des hommes.
L’Esprit Saint, agent de notre vie en Dieu
Cependant, il ne suffit pas que cette vérité nous soit annoncée ni que nous en éprouvions la réalité dans notre for intérieur. Elle doit encore se concrétiser par des actes qui lui correspondent et qui en attestent l’imprégnation dans tout notre être. À cet effet, l’Esprit est l’agent de notre filiation divine : il nous fait nous comporter en enfants de Dieu, que ce soit dans la prière, dans nos relations avec les autres, dans notre rapport au monde ou avec nous-mêmes. « Tous ceux qui sont mus par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu » (Rm 8,14) confirme saint Paul dans l’épître aux Romains. Après nous avoir renouvelés intérieurement, l’Esprit nous pousse à agir : « Puisque l’Esprit est notre vie, que l’Esprit nous fasse aussi agir » (Ga 5, 25). Car la filiation divine n’est pas un état statique, une rente de situation assurée une fois pour toute, mais plutôt un programme de vie, un style de comportement, intérieur et extérieur, qu’il faut cultiver continuellement. Le secours de l’Esprit Saint n’est pas de trop pour soutenir les exigences de cette condition existentielle.
L’Esprit Saint, preuve des promesses de Dieu
Toutefois, notre statut d’enfant de Dieu ne s’accomplira en plénitude que dans la vie transcendante du Royaume. Ici-bas, il ne fait que commencer. Il reste en forme inchoative. Cependant, afin de nous en donner un avant-goût savoureux, Dieu nous donne son Esprit de telle sorte que nous en goûtions dès maintenant les prémisses. C’est dans cette anticipation de l’éternité que l’Esprit représente un gage de cette filiation. Saint Paul parle des « arrhes de l’Esprit » (2 Co 1, 22) pour confirmer la foi des Corinthiens en la réalisation des promesses de Dieu en Jésus-Christ ressuscité. Par cette expression d’ « arrhes », il faut comprendre les premiers fruits (comme une avance sur salaire) de la plénitude de vie qui sera la nôtre dans la Jérusalem céleste où Dieu proclamera au croyant : « Je serai son Dieu et lui sera mon fils » (Ap 21, 7).
ALETEIA