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Homélie de la messe du 5ème dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX

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5èm dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

 

Aujourd’hui, les textes que nous entendons dans la liturgie mettent en lumière deux qualités remarquables de Jésus : sa compassion par rapport à toute souffrance et sa souveraine liberté, sa totale liberté.

            L’activité quotidienne de Jésus est la réponse de Dieu à la souffrance de l’homme. Vous avez entendu la première lecture tirée du livre de Job ? Dans le style dépressif » on ne fait pas mieux : « Depuis des mois, je n’y ai gagné que du néant ; je ne compte que des nuits de souffrance. (…) Le soir n’en finit pas : je suis envahi de cauchemars jusqu’à l’aube. » Job est le champion de la souffrance. Il a tout connu : souffrance, déchéance physique, morale, spirituelle ; trahi par ses amis ; il n’a plus aucun soutien…et en plus, il a toujours été juste ! Mais, frères et sœurs, cette description qui peut paraître excessive rejoint beaucoup plus de monde qu’on ne le croit. Combien aujourd’hui dans notre monde, vivent comme des zombies, subissant la vie comme un fardeau ? Combien sont accablés par des souffrances de toute sorte ? morales ? physiques ? spirituelles ? Souffrances d’autant plus insupportables qu’on rejette Dieu ou alors, on le rend coupable, alors que si l’homme ouvrait son cœur à Dieu, il ouvrirait du même coup son cœur à la guérison ! Même si aujourd’hui on met d’autre mots sur ces maux, des mots plus économiques, politiques (chômage, fiscalité écrasante), dans le fond la réalité est la même : la vie devient un fardeau pour beaucoup.

            Le médicament est Dieu lui-même. Jésus le montre. Il passe son temps à guérir, à libérer, à remettre debout. Jésus nous révèle par son action que Dieu souffre de la souffrance de l’homme. Et sa compassion se déverse à travers le contact avec Lui, à travers les sacrements. En ce dimanche où nous voyons Jésus se pencher sur la souffrance de l’homme, en ce dimanche qui jouxte l’anniversaire de la première apparition de la Sainte Vierge à Sainte Bernadette à Lourdes, le 11 février 1858, je souhaiterais remercier toutes les personnes de la paroisse qui visitent nos frères et sœurs malades dans les différents établissements hospitaliers, à domicile. Vous, les membres du Service Evangélique des Malades, les membres des équipes d’aumônerie d’hôpital, vous  êtes les instruments de la compassion de Dieu pour nos amis âgés, isolés, malades, déprimés. Heureux êtes-vous de pouvoir soulager ne serait-ce qu’un peu, le poids de nos frères et sœurs malades ! Et pourtant, nous manquons de volontaires pour pouvoir honorer comme il faudrait toutes les demandes qui nous sont faites ! Il y a tant de détresse dans ces couloirs à côté desquelles nous passons !

 

            Les textes nous présentent une autre caractéristique du visage de Dieu : celui de sa souveraine liberté. Jésus est libre ; totalement libre ! Il est « tout à tous » comme dit St Paul dans la deuxième lecture, tout en étant la propriété de personne. Voilà le modèle parfait de la liberté.  3 points me paraissent importants quant à la liberté de Jésus :

  • Le 1er, c’est que Jésus nourrit sa liberté dans sa prière. Il prie longtemps, bien avant le lever du jour. En priant, il nourrit sa divinité, mais aussi présente à son Père notre humanité, les personnes qu’il rencontre. Il demande la force de la fidélité à sa mission. N’oublions pas que la prière est un lieu de croissance dans la liberté.
  • Le 2èm, c’est que Jésus fuit toute gloire humaine. Il empêche les esprits mauvais de révéler qui Il est. Ce n’est pas le moment. Le fruit doit mûrir. Et puis, il fuit la recherche, la volonté de mettre la main sur Lui, de se l’accaparer. Jésus n’est la propriété de personne ; Il ne veut pas devenir le leader d’un groupe ; le héros d’un parti ! Il veut demeurer libre de tout attachement.
  • Le 3èm, c’est que Jésus conserve au fond de son cœur l’objectivité de sa mission qui est d’aller chez tous : « Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi, je proclame la Bonne Nouvelle ; car c’est pour cela que je suis sorti. » Certes Jésus a des attaches humaines, des amis : Lazare, Marthe, Marie chez qui Il allait souvent; mais, il ne se laisse jamais enfermer dans un cercle de relations. Il honore toutes les invitations : publicains, pécheurs, collecteurs d’impôts, Samaritains ! On jase, mais Jésus n’en a cure ! Il fait ce qu’il doit faire.

St Paul  nous donne la clé de cette liberté : elle consiste à être orientée vers Dieu et elle se cultive dans l’humilité, dans le fait de se mettre au service les uns des autres, sans attendre ni de reconnaissance, ni de récompense !

 

            Alors à la suite de Jésus, l’Eglise aussi est libre. Elle l’est pas nature, par essence. Mais, elle doit prendre garde à demeurer libre. Elle doit sans arrêt purifier sa liberté.

            Tout d’abord, par rapport au monde des grands, par rapport au monde politique. Si l’Eglise entre en dialogue avec le monde politique, elle ne doit pas s’y soumettre. Il y a des endroits où, pour cultiver ses intérêts, l’Eglise entre dans une certaine compromission, acceptant de taire telle ou telle partie de son message, qui choque, qui ne plaît pas. L’Eglise doit se souvenir que l’Evangile qu’elle annonce est une force qui agit aussi à contre-courant ; et elle ne doit pas en avoir honte : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile : » dit St Paul. L’Evangile doit être annoncé dans son intégralité et non pas de manière partielle, quelle que soit la difficulté des sujets abordés. Après, évidemment, il y a la manière de les aborder ; ça c’est autre chose.

L’Eglise doit aussi demeurer libre par rapport aux groupes qui la composent. Elle ne doit pas devenir le rassemblement d’un seul profil de personnes. Elle risque alors de perdre sa qualité « catholique ». Tout le monde a sa place dans l’Eglise, quel que soit son âge, son histoire, son origine. Ce qui fait la particularité et la richesse d’une paroisse, c’est la diversité de ses membres et de ses générations. Et, n’en déplaise à quelques personnes critiques par rapport à la pastorale de la paroisse, cette réalité existe bien chez nous. Par contre, nous avons à faire attention à une chose, propre à tout groupe qui s’entend bien et qui s’apprécie ; c’est de demeurer ouvert aux personnes nouvelles qui ne font pas encore partie de la paroisse. Il est vrai que nos liens, internes à la paroisse, se sont fortement développés ; mais faisons en sorte que cette qualité de relations demeure un appel pour que d’autres aient le désir de nous rejoindre. On attire plus facilement les gens extérieurs en montrant, en vérité, que l’on s’apprécie, plutôt qu’en critiquant ce qui se fait.

Dernier lieu de croissance en liberté pour l’Eglise : notre liberté individuelle. St Paul nous rappelle que nous ne devons rechercher aucune reconnaissance, aucun intérêt personnel. Notre seule satisfaction doit être de faire ce que nous avions à faire.

Demandons au Seigneur que notre paroisse demeure docile à l’Esprit-Saint pour continuer à grandir. Amen !

 

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thibault brigitte - 14/11/2015 - 10:19

Je rends grâce de pouvoir lire cette homélie qui parle beaucoup à mon coeur .
Je vous remercie Père Julien .

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