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Dans le Golfe persique sous tension, l’Église maintient la prière et le dialogue

Mgr Aldo Berardi, vicaire apostolique de l’Arabie du Nord (AVONA), accompagne depuis janvier 2023 les communautés catholiques du Bahreïn (où se trouve le siège du vicariat), ainsi que celles d’Arabie Saoudite, du Koweït et du Qatar. La région est aujourd’hui marquée par une forte escalade militaire ; depuis fin février 2026, des frappes américano‑israéliennes sur l’Iran ont été suivies de ripostes iraniennes visant plusieurs pays du Golfe.

Comment les récentes frappes iraniennes ont-elles impacté la vie quotidienne des catholiques dans votre vicariat ?

À partir du moment où la guerre a commencé, le 28 février, les premières frappes ont immédiatement eu lieu dans le Golfe. L’Iran a très vite répliqué, prenant tout le monde par surprise. Les sirènes d’alerte se sont déclenchées presque aussitôt, et durant les premiers jours, nous ne savions pas vraiment comment réagir. Quelques jours plus tard, nous restons encore, sur nos gardes. Les drones qui survolent la zone provoquent parfois des débris, entraînant des dégâts sur les habitations comme sur les lieux publics.

Quelles mesures concrètes avez-vous prises face aux interdictions de rassemblements ?

On a d’abord dû fermer les églises, car on ne savait pas s’il s’agissait d’un bombardement généralisé. Lorsque nous avons compris que les frappes visaient surtout des bases militaires américaines et quelques sites stratégiques, nous avons progressivement adapté notre fonctionnement.

Cela a fortement perturbé l’activité pastorale :

  • Au Qatar, par exemple, la zone des églises a été complètement fermée par les autorités, car tous les lieux de culte chrétiens sont regroupés au même endroit. Elles restent encore fermées aujourd’hui : personne n’y entre et personne n’en sort pour des raisons de sécurité.
église Notre-Dame du Rosaire, au Qatar
  • Au Koweït, tout rassemblement et tout événement ont été interdits. Nous avons donc célébré les messes en ligne pendant un temps. Depuis quelques jours, les messes en présentiel ont pu reprendre, mais les autres activités restent annulées. Cette mesure concerne d’ailleurs aussi les musulmans : les rassemblements liés au Ramadan, notamment les festivités du soir, ont été suspendus.
co-cathédrale de la Sainte-Famille au Koweït
  • A Bahreïn, en revanche, aucune consigne particulière n’a été donnée. Les messes publiques ont été interrompues pendant un ou deux jours seulement, puis les églises ont rouvert. La cathédrale est de nouveau accessible et les célébrations ont repris.
cathédrale Notre-Dame d'Arabie, à Bahrein

Le catéchisme, en revanche, se fait désormais en ligne. Dans chaque pays, des milliers d’enfants y participent : rien qu’au Qatar, ils sont environ 6 000, ce qui demande beaucoup d’organisation et de connexions. Les groupes spirituels – groupes charismatiques, parcours pour les couples, différents ministères paroissiaux – ont également suspendu leurs rencontres en présentiel. Pour l’instant, tout se fait en ligne. La situation perturbe évidemment la vie de l’Église, mais le lien entre les fidèles demeure très fort. Les paroissiens restent solidaires et se soutiennent les uns les autres.

Dans un contexte marqué par la peur et l’instabilité, quel rôle spécifique l’Église peut‑elle jouer comme artisan de paix et de dialogue entre les communautés et les religions de la région ?

L’Église choisit de maintenir le dialogue, car il existe un risque réel de glissement vers un conflit à caractère religieux. Il est essentiel de manifester notre proximité avec les populations tout en demeurant fidèles à nos principes évangéliques. Il importe aussi de rappeler que la situation actuelle ne relève pas d’une guerre religieuse, mais qu’elle s’inscrit avant tout dans des logiques économiques et géopolitiques.

Plusieurs initiatives concrètes témoignent de la vitalité du dialogue interreligieux dans la région du Golfe. À Bahreïn, les relations avec l’État sont également très bonnes et un dialogue interreligieux sincère et cordial s’y développe notamment grâce à l’existence du King Hamad Global Center for Coexistence and Tolerance.

Quels appels souhaiteriez‑vous adresser aux catholiques de France pour soutenir les communautés chrétiennes du Golfe et porter avec elles cette situation ?

D’être dans la prière et la solidarité. J’ai été profondément touché par la lettre du cardinal Jean‑Marc Aveline, envoyée au nom de la Conférence des évêques de France (CEF). Il m’y exprimait son soutien et m’assurait de sa prière. C’est un geste très beau et très fraternel qui nous a beaucoup touchés. Cela nous rappelle que notre force demeure dans la prière. C’est notre arme la plus puissante, car nous n’en avons pas d’autres que celles de l’Évangile.

C’est aussi, pour les catholiques de France, une invitation à mieux connaître les pays du Golfe. La péninsule Arabique n’est pas seulement un lieu d’affaires. On est parfois surpris d’y découvrir des églises et des communautés chrétiennes. Il existe une véritable vie spirituelle. On y voit une foi bien vivante, avec de nombreux enfants au catéchisme qui découvrent l’Évangile. Tous les rites catholiques y sont présents : c’est une catholicité très concrète et très vivante.

L’espoir est que cette spirale puisse être brisée afin de retrouver une vie paisible

Le Pape a appelé à cesser les armes et à dialoguer. Comment recevez-vous cet appel au niveau local ?

Son message est clair : il faut promouvoir le dialogue diplomatique, rouvrir les canaux de discussion, faire taire les armes et tenir compte de l’appel des peuples à la paix. Dans ce contexte, la prise de parole du pape Léon XIV était très importante. Comme l’a rappelé le cardinal Parolin, l’idée de « guerre préventive » est particulièrement problématique : qui peut décider qu’une guerre est préventive, et selon quels critères ? Ce type de raisonnement peut conduire à de graves abus.

Le Pape a également évoqué le risque d’une spirale de violence, une dynamique qui peut entraîner les nations toujours plus loin, jusqu’à la destruction. C’est précisément cette dérive que l’on redoute : une escalade incontrôlable. L’espoir, aujourd’hui, est que cette spirale puisse être brisée afin de retrouver une vie paisible. Les pays du Golfe ont longtemps été perçus comme des régions relativement sûres, marquées par un développement et une forte croissance économique. C’est cet équilibre qu’il faut désormais préserver.

infographie - vicariat apostolique d'Arabie du Nord

LE VICARIAT APOSTOLIQUE D’ARABIE DU NORD

Pouvez-vous nous présenter le vicariat apostolique de l’Arabie du Nord ?

Il couvre le Bahreïn, le Qatar, le Koweït et l’Arabie saoudite et compte environ deux millions de catholiques. Le vicariat d’Arabie du Sud, dont le siège est à Abou Dhabi, rassemble quant à lui plus d’un million de fidèles, répartis notamment aux Émirats arabes unis, à Oman et au Yémen. Au total, la présence catholique dans l’ensemble de la région du Golfe dépasse les trois millions de fidèles.

Comment la présence d’Eglise s’est-elle développée dans la région ?

Il est important de distinguer les « chrétiens d’Orient » des « chrétiens en Orient ». Dans la péninsule arabique, l’Église est essentiellement une Église d’expatriés et d’immigrés. Elle s’est progressivement constituée au cours du dernier siècle, et s’est particulièrement développée avec la découverte du pétrole et l’essor économique de la région.

La première église catholique établie dans le Golfe se trouve à Bahreïn : l’église du Sacré‑Cœur de Manama, construite il y a environ 85 ans. Elle a été suivie par l’église Notre‑Dame d’Arabie au Koweït, inaugurée en 1950. Ces édifices comptent parmi les plus anciennes églises du vicariat. Depuis lors, d’autres constructions ont vu le jour, notamment la co‑cathédrale de la Sainte‑Famille au Koweït et l’église Notre‑Dame du Rosaire au Qatar, inaugurée en 2008. Plus récemment encore, la région s’est dotée d’une nouvelle cathédrale consacrée en 2021 à Bahreïn.

Quelle représentativité des rites ?

Le clergé est composé d’environ 70 prêtres et religieux. La majorité appartient à l’ordre des Capucins. Sont également présents les Trinitaires, dont je fais partie, les Salésiens, ainsi que l’Institut du Verbe incarné. À ces quatre communautés religieuses s’ajoutent des prêtres fidei donum, généreusement envoyés par certains diocèses pour répondre à des besoins particuliers, liés notamment à certains rites (latins, maronites, coptes catholiques, syro-malabare, syro-malankare, melkite etc…) ou à certaines langues (langues européennes, arabe, malayalam, tagalog, hurdu, tamil, singalai, kokani, bingalais). Nous comptons aussi des prêtres incardinés, originaires des Philippines. Enfin, nous avons trois communautés de religieuses enseignantes que sont les Sœurs du Rosaire de Jérusalem (présentes au Koweït) et les sœurs du Carmel Apostolique (présentes au Koweït et à Bahreïn).

CEF

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Messes du 9 au 15 mars 2026

Semaine 10

Lundi 9 mars – Ste Françoise Romaine, religieuse

  • Messe à l’église de La Madeleine à 18:30

Mardi 10 mars – de la férie

  • Centre Bethléem de 16:30 à 18:30 – Patronage
  • Messe à l’église de La Madeleine à 18:30

Mercredi 11 mars – de la férie

  • Centre Bethléem et Presbytère de Rugles de 10:00 à 11:00 – Catéchisme
  • Eglise de Bourth à 17:00 – Chemin de Croix
  • Messe à l’église de Bourth à 18:00
  • Centre Bethléem à 20:30 – Une Association Familiale Catholique à Verneuil ? Pourquoi pas ! Venez vous informer et en discuter

Jeudi 12 mars – de la férie

  • Messe à l’église de Bois-Arnault à 18:00
  • Eglise de St Germain de Rugles à 11:00 – Chemin de Croix
  • Eglise de la Madeleine à 11:00 – Chapelet de la confrérie
  • Eglise de la Madeleine à 12:00 – Chemin de Croix
  • Messe à l’Ephad Le Beauclerc à 15:00
  • Eglise de la Madeleine à 17:30 – Adoration
  • Centre Bethléem à 18:30 – Pizza veillée de prière aumônerie
  • Messe à l’église de la Madeleine à 18:30
  • Eglise Notre-Dame à 9:15 – Laudes
  • Messe à l’église Notre-Dame à 9:30
  • Messe à l’église de Cintray à 18:00
  • Messe à l’église de St Germain de Rugles à 9:15
  • Messe à l’église de La Madeleine à 11:00

Messes du 16 au 22 mars 2026

Semaine 11

Lundi 16 mars – de la férie

  • Messe à l’église de La Madeleine à 18:30

Mardi 17 mars – S. Patrice, évêque

  • Centre Bethléem de 16:30 à 18:30 – Patronage
  • Messe à l’église de La Madeleine à 18:30

Mercredi 18 mars – S. Cyrille, évêque, docteur de l’Église

  • Centre Bethléem et Presbytère de Rugles de 10:00 à 11:00 – Catéchisme
  • Eglise de Mandres à 17:00 – Chemin de Croix
  • Messe à l’église de Mandres à 18:00

Jeudi 19 mars – Saint Joseph, époux de la Bienheureuse Vierge Marie

  • Eglise de la Madeleine à 15:00 – Chapelet de Montligeon
  • Messe à l’église de St Germain de Rugles à 18:00
  • Eglise de St Germain de Rugles à 11:00 – Chemin de Croix
  • Eglise de la Madeleine à 11:00 – Chapelet de la confrérie
  • Eglise de la Madeleine à 12:00 – Chemin de Croix
  • Messe à la Maison de Retraite Korian la Risle à 15:00
  • Eglise de la Madeleine à 17:30 – Adoration
  • Centre Bethléem à 18:30 – Aumônerie 6ème
  • Messe à l’église de la Madeleine à 18:30
  • Eglise Notre-Dame à 9:15 – Laudes
  • Messe à l’église Notre-Dame à 9:30
  • Presbytère de Rugles à 10:00 – Aumônerie 6ème
  • Messe à l’église de Armentière sur Avre à 18:00
  • Messe à l’église de St Germain de Rugles à 9:15
  • Centre Bethléem à 9:30 – Préparation 1ère communion
  • Messe à l’église de La Madeleine à 11:00
  • Centre Bethléem de 12:00 à 16:00 – Foi et lumière