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Homélie de la messe de la Nuit de Noël à l’église de la Madeleine du Père Julien PALCOUX – 2013

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Oferenn Noz an Nedeleg

La Madeleine 23h00

Frères et sœurs,

L’habitude que nous avons de fêter Noël, et d’entendre cet Evangile de la nuit, ne doit pas nous faire oublier combien la fête de la Nativité du Seigneur Jésus est remplie de paradoxes. Tout d’abord, Celui qui est la « vraie Lumière » comme nous dit St Jean, est celui qui nous rejoint dans les ténèbres. Dans la première lecture que nous avons entendue tirée du livre d’Isaïe, le prophète annonce la naissance d’un enfant. Et les noms donnés à cet enfant sont : « Dieu Fort, Père à jamais, Prince de la paix. » Quel contraste entre ces noms prestigieux et cet enfant annoncé ! Et les paradoxes continuent : il y a un recensement ordonné par l’empereur pour toute la terre, quand le Roi du monde entre dans le temps sous l’aspect d’un nouveau-né ! Là aussi, quel contraste entre les puissants de ce monde et l’abaissement de Dieu. Paradoxe encore entre un peuple qui a été depuis longtemps préparé à accueillir le Messie et qui ne l’accueillera pas et des bergers qui sont dehors et qui seront les premiers témoins de la naissance du Verbe de Dieu. La fête de la Nativité du Fils de Dieu est remplie de paradoxes. Qui nous redisent ce soir une chose, une réalité : Dieu prend le contre-pied de notre monde. Quand Dieu entre dans notre monde, quand Dieu entre dans une vie, dans un cœur, Il surprend et bouleverse. Dieu n’agit jamais comme on s’y attend. Cette vérité de Noël nous conduit à être attentifs et vigilants aux signes de la présence de Dieu aujourd’hui dans notre monde. Dieu n’est jamais là où on l’attend. Une autre vérité se dégage de cette scène : c’est que la pauvreté du cœur permet d’accueillir le mystère de Dieu. Jésus n’a jamais fait l’éloge de la misère humaine, mais celui de la pauvreté du cœur qui nous fait reconnaître notre pauvreté, notre petitesse, face à la grandeur de Dieu. Et c’est ce que nous fêtons ce soir en contemplant la grandeur de Dieu qui s’abaisse dans un Nouveau-né, en contemplant la Toute-Puissance divine qui accepte de se faire dépendante et fragile.

Cette fête de la Nativité nous rappelle aussi une triste réalité, valable au temps de Jésus comme au nôtre : c’est qu’il n’y a pas de place pour Dieu : « car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. » « La salle commune », c’est l’espace commun, c’est l’espace public, ouvert à tous. Alors, nous pouvons ce soir nous interroger dans deux directions : pour nous-mêmes et pour notre espace public.

Pour nous-mêmes : demandons-nous quelle place nous accordons à Dieu dans nos journées, dans notre pensée, dans notre temps. Dans l’Evangile que nous entendrons demain, St Jean nous dira : « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu ». Il est difficile de faire de la place à Dieu dans sa vie. Bon nombre de personnes se tournent vers Dieu lorsqu’elles sont en difficulté. Mais sinon, on prend bien soin de mettre Dieu de côté afin qu’il ne nous dérange pas trop ! Et il sera d’autant plus difficile de lui faire de la place dans l’espace public si déjà nous ne lui en faisons pas dans notre vie, dans notre temps.

Quant à l’espace public : nous vivons dans une société qui tend de plus en plus à exclure Dieu, à le rejetter. On le voit à travers un usage mal compris et mal appliqué de la laïcité : au lieu de garantir la liberté des citoyens à pratiquer leur religion, la laïcité devient parfois l’arme contre la religion. On le voit à travers les lois votées qui détruisent la famille. Or, excusez-moi, mais en s’incarnant et en naissant, Dieu choisit de venir dans un foyer composé d’un homme et d’une femme, nous révélant ainsi la solidité de la structure familiale. Défendre le fait que Dieu habite dans l’espace public, c’est permettre à chacun de pouvoir le rencontrer ; c’est donner à toute personne l’occasion de pouvoir rencontrer Dieu. Prenons un exemple concret : l’ouverture des églises. L’église est la maison de Dieu. Laisser Dieu être avec nous, le laisser être « Emmanuel », le laisser habiter au milieu de nous, c’est le laisser habiter dans nos églises. Dans combien d’églises, Dieu n’est-Il plus présent dans le tabernacle ? peut-être parce qu’il y a moins de prêtres, certainement. Mais aussi parce qu’il y a trop peu de fidèles pour réclamer que Dieu revienne habiter dans les tabernacles ! Combien d’églises demeurent aujourd’hui fermées en raison des dégradations, des vols ? Et aujourd’hui, on s’étonne lorsqu’on trouve une église ouverte ! Alors que c’est l’inverse qui devrait exister ! On devrait s’étonner d’en trouver fermées. Mais si tous ceux qui venaient aux messes de Noël demandaient à leur curé ou à leur maire que leurs églises soient ouvertes, eh bien on remettrait Dieu au centre de nos villes et de nos villages, et on permettrait pleinement à Dieu d’être avec nous. Nous qui, ce soir, fêtons la naissance du Fils de Dieu, nous ne pouvons pas nous taire et ne rien faire devant l’effacement progressif de Dieu de l’espace public. Il n’en va pas seulement du respect de la tradition de notre pays, qui n’en déplaise à certains, est un pays aux racines chrétiennes, mais il en va aussi de permettre à toute personne de pouvoir accéder à Dieu ou du moins de se poser la question de Dieu. Défendre la place de Dieu dans l’espace public est un acte authentiquement missionnaire.

Ce soir, alors que nous vivons dans un monde qui, par bien des aspects, est habité de ténèbres, nous accueillons avec une grande joie cette Bonne Nouvelle de la Lumière qui rejoint l’homme dans les ténèbres. Rien ne peut empêcher la Lumière de briller et de nous rejoindre. Rien ! Ce soir, cette Bonne Nouvelle est annoncée à tous les hommes de « bonne volonté », à tous ceux qui cherchent dans leur vie à faire le bien, à vivre selon le bien. Chacun peut entrer dans cette Nouvelle Alliance. C’est à chacun de nous de répondre à Dieu en l’accueillant dans notre vie, en lui donnant du temps et en acceptant aussi qu’Il bouleverse notre vie tout comme une nouveau-né bouleverse et transforme la vie de sa famille. Amen !

 

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