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Homélie de la messe de la Nuit de Noël 2014 du Père Julien PALCOUX

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Messe de la Nuit de Noël

23h00 Eglise de La Madeleine

Frères et sœurs,

 

Plus de 2000 ans après la naissance du Fils de Dieu, la fête de Noël demeure une fête remplie de paradoxes. Il y a 2000 ans, dans une grotte de Bethléem, le Fils de Dieu venait au monde. Deux conceptions du pouvoir s’affrontaient : d’une part l’empereur affirmant son pouvoir politique par le recensement de « toute la terre » ; d’autre part Dieu manifestant son pouvoir dans un Amour qui se donne et ne demande qu’à être accueilli. Les Hébreux attendaient le Messie : Il vient ; il n’y a pas de place pour Lui.  On attend un Roi ; c’est un bébé qui arrive. Il y  a 2000 ans, la fête de Noël était déjà remplie de paradoxes. Aujourd’hui, c’est pareil. La fête de Noël est très populaire. Même les non-chrétiens la fêtent ! Mais en perçoivent-ils le sens profond ?

 

            Ce soir, ce que nous fêtons, c’est d’abord l’Avènement du Sauveur et de notre Salut. La joie profonde de Noël réside dans cette annonce des anges : « Aujourd’hui, dans la ville de David vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. » Noël n’est pas seulement un anniversaire, celui de la naissance du Fils de Dieu. C’est aussi l’entrée du Salut dans notre monde et dans notre temporalité. Mais l’Evangile nous révèle le secret pour accueillir la Bonne Nouvelle de cette nuit très sainte : il faut être et se reconnaître pauvre. Les premiers témoins de la naissance du Fils de Dieu sont les bergers, ceux qui passent la nuit dehors. Le cœur de la fête de Noël n’est accessible qu’à ceux qui ont un cœur de pauvre, un cœur d’enfants. Sinon, on n’en reste qu’aux cadeaux et aux repas si sympathiques soient-ils…Avoir un cœur de pauvre, c’est accueillir le mystère de Dieu sans mettre Dieu en demeure de se justifier de tout et de n’importe quoi. C’est ne pas mettre en cause Dieu, c’est ne pas l’accuser, ne pas lui en vouloir ; mais au contraire l’accueillir dans son mystère, dans son offrande, dans son Amour.

            « Avoir un cœur de pauvre », comme les bergers, comme les enfants qui s’émerveillent que Dieu puisse venir sur terre, c’est toute autre chose que de construire son bonheur sans Dieu comme si Dieu était une menace pour le bonheur de l’homme, pour sa liberté. « Avoir un cœur de pauvre », c’est savoir et accepter que le bonheur ne se construit pas et ne se mesure pas en terme de pouvoir d’achat et en terme d’indice de consommation des ménages comme on nous le rabâche tous les jours. « Avoir un cœur de pauvre », c’est reconnaître que nous avons besoin d’un Sauveur parce que nous ne sommes pas parfaits, parce que nous ne réussissons pas tout, parce que nous sommes pécheurs ; et c’est entendre cette parole de Dieu qui nous dit que nous ne sommes pas réduits à nos échecs, à notre souffrance ; c’est entendre cette parole de Dieu qui nous relève et qui nous dit : « Tu peux mieux ». Tel est le vrai sens de la fête de Noël.

 

            Dans les paradoxes évoqués dans l’Evangile, il y en a un qui est, malheureusement, particulièrement actuel : il n’y avait pas de place pour Dieu. « Elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. » Pas de place pour Dieu dans la salle commune. Pas de place pour Dieu dans l’espace public. Cela ne vous rappelle rien ?

Pas de crèche dans l’espace public ! L’argument qui consiste ici à mettre en avant la laïcité est faux ; dans le fond, il s’agit d’un rejet de Dieu. Ni plus ni moins. Une crèche dans un espace public n’a jamais forcé quelqu’un à croire ! C’est même, n’en déplaise aux intégristes laïcs d’aujourd’hui, l’héritage de notre tradition judéo-chrétienne. Dans le fond, la laïcité ne s’oppose pas à la religion ; elle la protège, au contraire. La laïcité ne s’oppose pas à la tradition et à la culture d’un pays ; elle l’assume ! Le problème qui est derrière est en fait la volonté de substituer à la tradition judéo-chrétienne qui est celle de notre pays une tradition de laïcité. J’ose espérer alors que tous ceux contestent la place des crèches dans l’espace public s’abstiennent ce soir de fêter Noël qui est, (faut-il le leur rappeler ?), la fête de la naissance de Jésus.

Cet épisode des crèches est aussi le révélateur d’une société qui cherche à cultiver l’oubli de Dieu. Et nous ne pouvons malheureusement qu’en mesurer les dégâts : on applaudit le droit à l’avortement, pendant qu’on projette de fabriquer d’autres bébés artificiellement, sans père ou même sans mère. On se félicite d’avoir libéré la jeunesse de l’influence de l’Eglise, tout en déplorant l’embrigadement de certains dans l’Islam radical. On a voulu se libérer du joug des repères moraux issus du christianisme, on se désole à présent que la morale ait déserté même les plus hautes instances de l’Etat, tous partis politique confondus ! On se plaint que le « vivre ensemble » devienne impossible quand on supprime celui qui en est à l’origine et qui en est la source d’unité ! Tout cela parce qu’on rejette Dieu !

            Fêter ce soir Noël nous invite surtout à re-choisir Dieu, à accueillir Dieu dans nos vies, dans nos familles, dans notre temps, dans notre journée, dans notre espace public. Puisse cette belle fête de la Nativité du Fils de Dieu nous redonner force et courage pour vivre notre foi chrétienne dans la sérénité, l’estime et la fierté ! Amen !

 

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