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Homélie de la Solennité de l’Ascension du Père Julien PALCOUX

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Solennité de l’Ascension 2017

Chers frères et sœurs,

A la lecture des textes de ce jour, nous retrouvons de nombreux éléments de la Passion et du mystère de Pâques, si bien que nous pouvons nous demander : est-ce que l’Ascension de Jésus n’est pas pour les Apôtres un nouveau Vendredi Saint ? L’auteur de la lettre aux Hébreux évoque des instructions que Jésus donne à ses Apôtres au cours d’un repas…on retrouve une allusion au Jeudi Saint. Une fois Jésus élevé aux Cieux, on retrouve des hommes vêtus de blancs qui viennent stimuler la foi des Apôtres, comme dans le tombeau le Jour de la Résurrection. L’Ascension de Jésus, qui met un terme à son Incarnation, est à la fois une nouvelle Passion et une nouvelle Résurrection.

Nous pouvons retenir de l’Ascension de Jésus qu’elle marque une nouvelle étape dans la fortification de la foi de l’Eglise. Pendant 40 jours, Jésus Ressuscité n’a cessé d’ouvrir ses Apôtres, ses disciples à la réalité de la Résurrection. Tout en étant présent dans son humanité ressuscitée, Jésus a montré à sa toute jeune Eglise qu’Il était désormais présent dans l’Ecriture, dans ceux qui se rassemblent en son Nom, dans le Pain et la Vin Consacrés. Il leur a montré la réalité de la corporéité de la Résurrection : il a un corps, il mange, il est affranchi de nos limites spatio-temporelles. Après ses 40 jours de catéchèse intensive, où les Apôtres vont devoir engager leur foi pour croire en la Résurrection, Jésus part rejoindre son Père, mettant un terme définitif au régime de l’Incarnation et faisant entrer ses Apôtres et son Eglise dans le régime de la Foi. De la foi seule ! Désormais Jésus nous sera plus présent dans sa divinité alors qu’il nous est plus éloigné quant à son humanité. Désormais, l’Eglise entre pleinement dans le régime de la sacramentalité : Jésus est présent à travers des signes qu’il a institués et habités.

Le départ définitif de Jésus, qui n’est pas un abandon puisque Jésus a fait la promesse à ses Apôtres de ne pas les laisser orphelins mais d’attendre la Promesse du Père, laisse ses Apôtres dans un état étrange où vont cohabiter deux mouvements intérieurs. D’une part, ils restent tendus et regardent vers le Ciel, le cœur habité de tristesse et de mélancolie, et d’autre part, ils se font un peu bousculer pour partir évangéliser. Ces deux mouvements sont importants car nous les retrouvons dans l’Eglise aujourd’hui.

L’Eglise est tendue et doit être tendue vers le Ciel là où son Epoux est entré en premier, pour reprendre une expression de St Paul là où la Tête du Corps est entrée en premier. Dans sa manière de prier, l’Eglise doit orienter vers Dieu, montrer le chemin de Dieu. Elle ne peut se satisfaire d’un rôle seulement social. La liturgie de l’Eglise est le reflet de la liturgie céleste. Et l’Eglise doit nous faire tendre vers et nous aider à préparer La Rencontre avec Dieu.

Et puis, il y a un deuxième mouvement : l’Eglise est envoyée mission : « Allez donc ! De toutes les nations faîtes des disciples, baptisez-les au Nom du Père et du Fils et du St Esprit ; et apprenez-leur à garder les commandements que je vous ai donnés. »

Bien sûr, nous pouvons penser aux périphéries, chères à notre Pape François, mais n’oublions que les périphéries ne sont pas que géographiques ou sociales. Elles sont aussi dans notre cœur, dans ces lieux où nous ne sommes pas complètement ouverts à la Grâce de Dieu, à son Amour ou à sa Miséricorde. Il est parfois plus facile d’évangéliser les autres que son propre cœur.

La force de l’Evangélisation de l’Eglise réside non seulement dans la qualité du témoignage des Apôtres mais aussi dans la mise en œuvre du commandement que Jésus nous a laissés : « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on verra que vous êtes mes disciples. » Telles sont les pistes que Jésus nous laisse pour pouvoir accomplir le mieux possible notre mission de disciples. Sans oublier que Jésus nous a laissé sa Mère au pied de la Croix en lui confiant la mission de veiller sur nous. Que Notre-Dame nous aide à demeurer le cœur ouvert vers Dieu, vers le Ciel et qu’elle veille sur la mission de l’Eglise : qu’elle demeure fidèle au commandement de Jésus : « De toutes les nations faîtes des disciples, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du St Esprit. » Amen !

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