Messes du 25 au 31 mai 2020

Lundi 25 mai – S. Bède le Vénérable, prêtre et docteur de l’Eglise ; S. Grégoire VII, pape ; Ste Marie-Madeleine de Pazzi, vierge

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Mardi 26 mai – S. Philippe Néri, prêtre

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Mercredi 27 mai – S. Augustin de Cantorbéry, prêtre

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Jeudi 28 mai – De la Férie

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Vendredi 29 mai – De la Férie

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Samedi 23 mai – De la Férie

  Messe à Notre Dame de Verneuil à 18:30

Messe à saint Germain de Rugles à 18:30

Dimanche 24 mai – Pentecôte

  Messe à l’église de Bourth à 9:15

Messe à l’église de la Madeleine à 11:00

Je donne à la quête

Je donne au denier

Messes du 18 au 24 mai 2020

Lundi 18 mai – S. Jean Ier, pape et martyr

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Mardi 19 mai – De la Férie

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Mercredi 20 mai – S. Bernardin de Sienne, prêtre

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Jeudi 21 mai – Ascension

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Vendredi 22 mai – Ste Rita de Cascia, religieuse

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Samedi 23 mai – De la Férie

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Dimanche 24 mai – 7ème Dimanche de Pâques

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Je donne à la quête

Je donne au denier

Paroisse : Feuille de messe de la Pentecôte et consignes

Chers paroissiens,
dans l’attente de vous retrouver pour la plupart ce dimanche, je vous invite à trouver la feuille de chants de la messe et à bien relire les consignes.merci de votre aide, pour que le mystère de la Pentecôte que nous célébrerons samedi et dimanche soit source d’une vraie joie missionnaire.Viens Esprit saint, nous t’attendons !

Père Jérôme PAYRE

Paroisse de Verneuil. Le retour à l’église doit se faire masqué !

Avec la reprise des cérémonies religieuses, la paroisse de Verneuil s’est organisée pour recevoir ses fidèles dans le respect des règles sanitaires, comme de venir masqués.

La bonne nouvelle va réjouir les chrétiens privés de célébrations depuis le début de l’épidémie de Covid-19 : à partir de ce week-end des 30 et 31 mai 2020, ils vont pouvoir retourner à la messe. « Nous nous réjouissons de pouvoir célébrer la Pentecôte, de pouvoir adorer l’Esprit saint, architecte de l’Église. Fête qui, pour nous, sera comme un nouveau commencement », se félicite le père Jérôme Payre, curé de la paroisse Sainte-Marie du Pays de Verneuil (Eure).

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Le Réveil

Messe de la Pentecôte célébrée à 10h30 en direct par Mgr Nourrichard

Messe de la Pentecôte célébrée à 10h30 en direct par Mgr Nourrichard à la cathédrale et reprise officielle des messes en présence de fidèles selon les règles sanitaires dues à l’épidémie du coronavirus Covid-19.
Pour toutes les personnes, fragiles, malades ou qui ne peuvent se déplacer c’est à suivre sur :

Cliquez-ici

Solennité de la Pentecôte – Samedi 30 mai et dimanche 31 mai 2020

Nous nous réjouissons de pouvoir célébrer la Pentecôte, de pouvoir adorer l’Esprit saint, architecte de l’Eglise… Fête qui, pour nous sera comme un nouveau commencement.
Faisons une grande confiance à l’Esprit saint qui nous guidera dans cette période.
Les messes de cette si grande fête sont indiquées ci-dessous.
Pour toute la durée de la pandémie, au moins jusqu’en septembre, nous avons décidé, avec les membres de l’Equipe d’animation pastorale et les coordinateurs, avec le Père Floribert et notre diacre Pascal Richer, de n’utiliser pour les messes que les églises suivantes, à la fois pour des raisons pratiques de mise en place, de signalisation, de mobilisation possible des paroissiens pour servir aux entrées et dans les sacristies.
Les autres églises sont ouvertes pour la prière commune, l’adoration silencieuse, le chapelet…

Samedi 30 mai
18 h 30 Messe à Notre Dame de Verneuil
18 h 30 Messe à saint Germain de Rugles
Dimanche 31 mai
9 h 15 messe à Bourth
11 h Messe à la Madeleine

Quelques conditions indispensables
pour que l’on puisse célébrer dignement la sainte Eucharistie et respecter les conditions sanitaires.
L’entrée se fera par une seule porte 30 mn avant le début de la messe.
A ce jour, nous ne connaissons pas le nombre total de personnes pouvant entrer dans l’église, ni l’âge non plus des personnes. Je vous le communiquerai dans la semaine.
Pour entrer, il faudra que chacun arrive avec
son masque qu’il apportera
sa propre solution hydro-alcoolique, à utiliser dès l’entrée dans l’église
la feuille de chants commune qui sera envoyée dans la semaine par mail et disponible sur le site de la paroisse (et donc aussi sur le téléphone ou votre tablette).
o Vous comprendrez que nous ne pouvons pas acheter les quantités de gel nécessaire pour chacun. Il en faut déjà pour la sacristie, pour le déroulement de la messe, la désinfection.
o Nous ne contrôlerons pas la température, mais toute personne ayant de la fièvre (plus de 37, 5°) est invitée à ne pas venir.
Les groupes de chants ne sont pas autorisés à reprendre pour l’instant.
La distanciation physique sera respectée entre les chaises ou sur les bancs. Merci de ne pas déplacer les chaises… nous ne pourrons pas systématiquement les remettre.
Des consignes seront données lors des messes pour les lectures, pour la procession de communion (qui ne sera donnée que dans la main).
Tout à la joie de pouvoir nous retrouver et prier ensemble notre Dieu pour Le servir et annoncer avec force l’Evangile de Jésus, ces consignes restent complexes mais nécessaires pour que nous puissions célébrer dignement le Seigneur. Il nous faudra de la patience… qui est un des fruits de l’Esprit saint (Ga 5, 22).
Je tiens à remercier ceux qui ont proposé leur aide pour réaménager les églises pour samedi et dimanche, ceux qui se sont rendus disponibles pour l’accueil et le rangement…
Père Jérôme PAYRE

Solennite-de-la-Penteco-te

D’un seul coeur !

Chers paroissiens,
D’un seul coeur !
C’est le titre de la lettre que je vous ai adressée ces dernières semaines. Ce titre s’est imposé à moi devant la rapidité avec laquelle vous avez formé une chaine de prière, au cours du carême, puis dans la nuit du jeudi au vendredi saint. J’avais dans le coeur ce passage des Actes des Apôtres que nous avons entendu dans la 1ère lecture de ce dimanche. C’est l’attitude des Apôtres après l’Ascension de Jésus.
‘ Tous, d’un même coeur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères (Ac 1, 14)
Nous voyons dans ce passage 3 caractéristiques de la prière chrétienne…

Homélie du 7e dimanche de Pâques du Père Jérôme PAYRE

Homélie 7ème dimanche de Pâques – 23-24 mai 2020 – A

“Tous d’un seul coeur étaient assidus à la prière ” (Ac 1)
Prier… à la suite de Jésus qui prie son Père. Jésus prie à Gethsémani “Père que ta volonté soit faite”, sur la croix “En tes mains je remets mon esprit”, “Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font”. Cet Evangile après l’Ascension montre ce que Jésus fait à la droite du Père.

7ème dimanche de Pâques

Nous continuons à vivre notre prière du dimanche sans eucharistie.
Messe anticipée en direct de la cathédrale et célébrée par le Père Éric Ladon

En savoir +

Reprise du culte dans le diocèse d’Évreux suite au décret du 23 mai 2020

Chers confrères,

Comme vous le savez certainement, le Ministère de l’Intérieur a diffusé dans la nuit des recommandations générales en matière de lutte contre la pandémie de Covid-19 lors des cérémonies cultuelles.

Il en ressort qu’une reprise de ces cérémonies est possible, dans des conditions de sécurité sanitaires strictes. Nous nous réjouissons de cette ouverture, après la longue période que nous venons de traverser sans eucharistie !

Vous avez reçu ce mercredi 20 mai de notre évêque les recommandations du Service National de la Pastorale Liturgique et Sacramentelle, elles sont évidemment applicables. Elles impliquent manifestement un travail de discernement avec nos équipes, EAP en tout premier !

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Décret du 23 mai : reprise des messes et lignes directrices

La Conférence des évêques de France (CEF) se réjouit que le décret publié ce matin, samedi 23 mai 2020, par le Gouvernement, conformément à la sentence rendue par le Conseil d’État lundi dernier, 18 mai, redonne sa juste place à la liberté d’exercice des cultes ; les restrictions qui y sont apportées, comme à toute liberté fondamentale, devant être justifiées et proportionnées.

Ce décret est accompagné de lignes directrices (jointes au présent communiqué) qui confirment les dispositions qui avaient été proposées par la CEF dans le plan de déconfinement soumis aux pouvoirs publics.

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Décret du 23 mai concernant le culte.
Il est à noter que chaque évêque a la latitude de décider de la reprise du culte dans son diocèse soit dès ce soir, soit pour la Pentecôte comme le recommande le gouvernement.
Vous serez informé dès que possible de cette décision.

Dispositions pratiques pour les célébrations sous Covid-19

Lutter contre l‘épidémie de Coronavirus – dernières infos
Quelques nouveaux repères pour la vie liturgique des jours qui suivront et la reprise des cultes qui ne devrait plus tarder. Il faudra respecter certaines préconisations pour le bien de tous.
Patience : votre paroisse vous communiquera ses propres modalités et son organisation.
Pour en savoir plus cliquez ci-dessous

” Tout est lié”, le nouveau webzine de l’écologie intégrale.

En novembre 2019, l’Assemblée plénière des évêques de France revêtait un caractère inédit en plongeant dans une réflexion large sur l’écologie intégrale.
Le magazine en ligne se veut être un outil d’accompagnement de cet élan en participant à la réflexion, en dialoguant avec le monde, en mettant en lumière des actions.
Nous vous laissons découvrir
« toutestlie.catholique.fr » ⤵️⤵️
https://toutestlie.catholique.fr/

Réaction à l’ordonnance du Conseil d’Etat concernant l’interdiction du culte

La Conférence des évêques de France prend acte de l’ordonnance rendue par le juge des référés du Conseil d’État qui ordonne au Gouvernement de lever l’interdiction générale et absolue de réunion dans les lieux de culte et d’édicter à sa place des mesures strictement proportionnées aux risques sanitaires et appropriées en ce début de « déconfinement ».
Cette ordonnance va dans le sens de la lettre écrite par le Président de la Conférence des évêques de France, Mgr Eric de Moulins-Beaufort, au Premier Ministre vendredi 15 mai. La Conférence des évêques de France attend donc maintenant la révision du décret du 11 mai que le Premier Ministre a huit jours pour opérer.
A partir de la révision de ce décret des célébrations seront possibles, respectant les règles sanitaires communiquées en réponse aux propositions faites par la Conférence des évêques de France.

Belle fête de l’Ascension…

Chers paroissiens,
Je prierai le Père, Il vous donnera un autre Défenseur (Jn 14).
En écoutant ce verset de l’Evangile, nous pouvons nous demander : de quoi ai-je besoin d’être défendu ?
De ce virus ? de la peur de me retrouver avec d’autres personnes ? de mon péché ? de Satan ?
La liste pourrait être très longue… et si nous lisons l’Evangile, nous voyons que l’Esprit saint est donné par Jésus pour nous rappeler ses Paroles, pour nous redire son Amour… nous avons besoin d’un Défenseur, pour ne pas oublier Dieu, ce Père plein de tendresse qui a envoyé son Fils unique. Et la prière régulière nous y aide…..

Chrétiens d’Orient

“Le christianisme vient du sud de la Méditerranée, les chrétiens d’Orient ne sont pas le produit de missionnaires ou des croisés, mais de la Pentecôte que nous allons bientôt célébrer. Les premiers chrétiens sont les chrétiens d’Orient. Il faut donc faire mémoire de ce lien, le rendre vivant, actif, car ce sont eux qui nous ont apporté la foi.”
Extrait du mot de Mgr Gollnisch, directeur de l’Oeuvre d’Orient, à propos de la Journée de prière pour les Chrétiens d’Orient

Homélie

Homélie du 6e dimanche de Pâques du Père Jérôme PAYRE

Homélie 6ème dimanche de Pâques – 16-17 mai 2020 – A

Je prierai le Père, je vous donnerai un autre défenseur qui sera toujours avec vous, l’Esprit de Vérité (Jn 14, 16)
Jésus est le premier défenseur, Il a livré sa vie sur la croix pour nous libérer de l’emprise du péché, de Satan. Le Père envoie à la prière du Fils, l’Esprit Saint, l’autre défenseur. Le Christ est le médiateur indispensable entre son Père et nous. A l’approche de la Pentecôte grandit notre désir de vivre de l’Esprit Saint, 3ème personne de la Trinité, “grand inconnu” de la vie de l’Église.

Saint Leufroy, Abbé fondateur de l’abbaye du même nom, au diocèse d’Evreux (660 ; +11 juin 738)

Le contexte historique.

Le VIIème s. apparaît incontestablement comme la période la plus brillante de la monarchie mérovingienne. On revenait de loin ! En près de deux siècles l’installation des barbares dans le monde gallo-romain avait enfoncé l’Europe de l’ouest dans un temps de drames et de ténèbres. Les raids répétés des tribus de l’est avaient désorganisé les provinces du vieil empire à l’agonie, effacé les routes, paralysé les productions, anéanti les commerces, précipité les populations dans le désordre moral, la violence, la barbarie. « Malheur à notre époque car l’étude des lettres est morte parmi nous » s’était écrié s. Grégoire de Tours. Et pourtant, c’est bien à cette époque de troubles que l’Europe a été fondée « après des siècles de lentes transformations, de développement organique, d’avances et de reculs et d’élans vers la lumière » (Daniel Rops).

Si la foi au Christ et la connaissance de son message sublime n’avaient pas suffi à empêcher les baptisés de céder aux pires pentes humaines, du moins elles leur donnaient les principes sans lesquels aucun relèvement n’eût été possible. Car l’Europe, malgré les pires drames qu’elle traversera, trouvera ses bases et son fondement dans le christianisme, qu’évêques et moines vont réussir à faire triompher de la violence et du chaos. La liste des convertis de la cour du roi Clothaire II et de son fils Dagobert est fort longue, et c’est dans cette immense et merveilleuse explosion monastique que Leufroy va naître en 660. Retenons Dadon qui latinisera son nom et deviendra saint Ouen : il fonda le monastère qui portera ensuite son nom et devint Evêque de Rouen en 641 ; (s.) Wandrille qui venait de fonder l’abbaye de Fontenelle en 649 ( qui portera plus tard le nom de son fondateur ) et (s.) Philibert qui venait de fonder l’abbaye de Jumièges en 654 et celle de Pavilly pour les dames, en 660. (Nous fêterons ce nouvel anniversaire dans le prochain Bulletin des Saints. Anges). Avec ces Abbayes bénédictines s’offraient à (s.) Ouen de véritables régiments de milliers de moines et moniales comme forces auxiliaires, pour la diffusion de l’Evangile en terre neustrienne.

Saint Leufroy

Vingt-six ans avant la mort de (s.) Ouen, Leufroy naissait au pays d’Evreux, de parents nobles et chrétiens. Dès son adolescence il se voua tout entier au service du Seigneur, le seul vrai roi, et préféra, pauvre et privé de tout, suivre le Christ, qu’être comblé des richesses éphémères du siècle.

Encore enfant, touché de l’Esprit divin, il ne cessait de demander à ses parents de le mettre en un lieu où il pût s’instruire alors que son père n’y voulait point consentir, n’envisageant pas de supporter l’absence de son fils unique. L’enfant trouva pourtant le moyen d’arriver à ses fins : il demanda à son père de lui permettre d’aller voir des parents qui demeuraient à Evreux et c’est auprès du tombeau du premier évêque d’Evreux, saint Taurin, sous l’épiscopat de (s.) Eterne (670-673), qu’il découvrit le secret de la volonté de Dieu. Devant une telle flamme du zèle à servir Dieu, ses parents cessèrent leur résistance et lui permirent de continuer ce qu’il avait entrepris. Lorsqu’il eut appris tout ce que les maîtres qui étaient à évreux pouvaient lui enseigner, il gagna Chartres pour quelques années afin de parfaire ses études et prit la résolution de revenir à son pays. Avec les encouragements et la bénédiction du nouvel évêque, (s.) Aquilin ( 673-695), il ouvrit une école.

Encore laïc, il enseignait aux enfants la littérature et la modestie religieuse, accueillait chez lui et fournissait le nécessaire aux indigents, aux veuves et aux orphelins. Mais attiré par une vie plus parfaite et plus spartiate, il quitta à nouveau Evreux pour aller rejoindre, dans le diocèse de Rouen, un ermite nommé Bertrand. Saint Ouen lui enjoignit d’aller seconder (s.) Saëns, moine irlandais disciple de (s.) Philibert. Celui-ci l’instruisit de la règle et de la vie religieuse et il laissa de côté son habit séculier pour recevoir la tonsure monacale. Ansbert, évêque de Rouen en 680, très lié avec Leufroy, jugeant que son ami possédait les qualités nécessaires et suffisantes pour s’engager lui-même à la tête d’une nouvelle fondation l’engagea à chercher un endroit propice dans sa région d’origine.

En l’an 654, le seizième du règne de Clovis II, rentrant du Concile convoqué par celui-ci, (s.) Ouen se perdit en suivant la vallée de l’Eure. Sous la neige, dans le froid au milieu de cette vallée désolée, c’est vers la Croix qu’il se tourna : Crux sacra sit mihi lux ( Croix sacrée illumine mes pas). Et c’est alors que le miracle se produisit, à la croisée de deux chemins, à 13 km au nord d’évreux : une croix lumineuse lui apparut dans le ciel, étincelante, flamboyante comme la foudre au milieu des nuages, mais qui se maintenait, persistait comme la bonne étoile des rois mages. Il décida de marquer la place et fit édifier une bonne croix de pierre dans laquelle il fit enchasser quelques reliques. Ce lieu de l’apparition devint très célèbre par le nombre de miracles et de conversions qui s’y opérèrent.

Leufroy, visitant ce lieu-dit nommé la Croix S. Ouen, quelques années après la mort de celui-ci en 695, considérant l’abondance des eaux, des bois et des vignes, décida d’y construire un ermitage et une chapelle en l’honneur de la sainte Croix, des saints apôtres et de saint Ouen. Il bâtit une sorte d’asile afin d’y procurer soins et secours aux malades et miséreux. Graduellement, ce petit ermitage prit des allures d’une véritable abbaye.

A sa mort, deux églises s’élevaient : l’une dédiée à la Sainte-Croix et à saint Ouen, et réservée aux religieux, l’autre sous le vocable de saint Paul était destinée à la population qui commençait à s’agglomérer autour du moutier et de son hospice, formant dorénavant une paroisse. Il termina sa vie sur terre le 21 juin 738, après 48 ans d’abbatiat et fut inhumé dans l’église Saint-Paul. Il laissait une fondation, une abbaye et un hospice prospères. A la fin du IXème siècle, son corps fut transféré dans la principale basilique qui avait été construite en ce lieu et en l’honneur de la vraie Croix et de s. Ouen, par Jean, le vénérable évêque de Dol devenu abbé.

L’abbaye

Durant les invasions viking, les abbayes constituaient des sortes de pôles où la population locale savait pouvoir trouver les secours spirituels et matériels qui lui étaient nécessaires, aussi une certaine richesse y était-elle accumulée. Les agresseurs le savaient, et toutes les abbayes de Neustrie furent pillées voire détruites les unes après les autres entre 840 et 911. A cette date, le roi Charles le Simple accorda un territoire aux viking et à leur chef Rollon par le traité de Saint-Clair-sur-Epte : c’est l’apparition de la Normandie. L’installation des normands dans la Neustrie allait coïncider avec la naissance puis le développement de la société féodale. Dès le départ, sous Rollon, toutes les terres avaient été distribuées, réparties entre les anciens pirates, qui, au bout de deux ou trois générations allaient devenir les seigneurs de ces lieux. Convertis, ils vont non seulement s’appuyer sur les clercs, mais rivaliser d’émulation pour construire ou réhabiliter les églises et les monastères. Les vandales deviennent architectes et ducs de Normandie !

Les moines de l’abbaye de la Croix-Saint-Ouen, devenue par la suite, en mémoire de son fondateur, la Croix-Saint-Leufroy, durent s’enfuir devant l’insécurité permanente de cette période (vers 892). Leur situation sur le cours inférieur de l’Eure à six lieues de Pont-de-l’Arche et huit de la base viking de Jeufosse, n’était pas très facile. Après plusieurs pérégrination, ils trouvèrent refuge, avec les reliques du saint, à l’abbaye parisienne de Saint-Germain-des-Prés. Il faudra attendre le règne de Guillaume-le-Conquérant et le concours des moines de l’Abbaye Saint-Ouen de Rouen pour voir une renaissance de l’abbaye des bords de l’Eure.

Le plus célèbre des moines de l’abbaye de la Croix-Saint-Leufroy, hormis son fondateur, fût sans conteste Guimond. Après sa profession à l’abbaye, il se forma en théologie , en philosophie mais aussi à l’art oratoire, au Bec Hellouin, sous la férule de Lanfranc,. Il fut bientôt considéré comme l’homme le plus éloquent de son temps. Il brilla au Concile de Vercueil, en présence du pape Léon IX, au Synode de Brionne, devant Guillaume-le-Conquérant, au Concile de Paris devant le roi de France Henri Ier, au Concile de Rome en 1059 devant le pape Nicolas II, enfin au Concile de Rome de 1079 devant le pape Grégoire VII. Celui-ci le fera Cardinal quelques temps plus tard et cet ancien moine de l’abbaye de La Croix-Saint-Leufroy devint étroitement associé à tous les travaux de ce grand pape, avant de devenir archevêque d’Aversa sous Urbain II.

Fait notable en 1241, l’abbaye reçut du roi saint Louis en personne une portion de la vraie Croix, ce qui donna lieu à de grandes festivités. Le roi était aussi comte d’Evreux et l’abbaye était la seule qui portât le nom de la Sainte Croix dans tout le comté.

Abbaye fut ravagée pendant la guerre de Cent ans et restaurée entre 1473 et 1501. Vers 1630, un grand logis en brique et pierre fut construit et entouré de jardins à la française. Le 11 mars 1741, Mgr Rochechouard décréta l’extinction de la mense conventuelle de l’abbaye où les moines n’étaient plus qu’en très petit nombre du fait de la disparition de l’esprit religieux, et l’unit au Petit-séminaire qui venait d’être fondé à évreux. Le nouvel établissement construit de 1763 à 1768, porta le nom de Petit-Séminaire Saint-Leufroy (aujourd’hui l’Hôtel de la préfecture), en souvenir de la communauté dont il avait recueilli les biens.

En 1791, l’abbaye est vendue comme bien national à François de Puisaye.

Le grand logis subsiste actuellement, avec quelques bâtiments (grange, cellier…), et des vestiges de l’église abbatiale. L’ancien enclos avec son mur en partie médiéval et ses deux tours ouest a été conservé, ainsi que le parc à l’anglaise réalisé au XIXème siècle, lequel intègre un important réseau hydraulique. M. et Mme Baudoin Monnoyeur sont les propriétaires actuels de la maison abbatiale et nous assistons à la renaissance des lieux depuis 2005, année de l’inscription de la propriété à l’inventaire des Monuments Historiques. La maison du Préfet de l’Eure, à Evreux, est construite avec les pierres de l’abbaye.

Culte

La dernière cérémonie mémorable à l’égard de Saint-Leufroy date de 1938, organisée par M. l’Abbé Huret, curé de la Croix, pour célébrer le XIIème centenaire de la mort du Saint. Suivant les coupures de presse retrouvées, la cérémonie s’est déroulée en présence de l’archevêque de Rouen, Mgr. Petit de Julleville (qui deviendra Cardinal), de l’évêque d’évreux, Mgr. Gaudron, et la messe célébrée par Dom Paulet, prieur de l’abbaye de Saint-Wandrille, devant une assemblée évaluée à 2000 personnes.

Il n’y a plus de reliques du Saint connues, la dernière ( une côte) fut volée il y a quelques année dans l’église paroissiale Saint-Paul.

En attendant une cérémonie glorifiant Saint Leufroy d’ici le 31 décembre 2010, pour le 1350ème anniversaire de sa naissance, nous espérons avoir fait grandir en vous une envie de mieux connaître les saints qui ont fait notre diocèse et de les prier, pour qu’à leur intercession Dieu ne cesse par sa grande miséricorde de nous offrir de saints prêtres et de saints religieux pour nous montrer le chemin de sainteté qui nous conduit à Lui.

S’il pleut le jour de la Saint-Leufroy, foin dans les prés n’est pas à toi ; car si l’eau commence au matin, en voilà pour trois jours sans fin » ou « les récoltes auront trop froid s’il fait du vent à Saint-Leufroy.

Bibliographie :

L’abbaye de La Croix Saint-Leufroy en son temps, par M. André Dézellus, 2005, aux éditions Bertout. Ce livre est vendu à la mairie de La Croix, où M. le maire vous recevra bien volontiers.

La Normandie bénédictine, par Georges Goyau, 1940, aux éditions Plon.

Les Saints du diocèse d’Evreux, par l’abbé J. B. Mesnel, 1918, aux éditions Ch. Hérissey.

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