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Homélie des messes de la Fête de l’Armistice de la Première Guerre Mondiale et de la Fête Patronale de la Saint Martin du Père Julien PALCOUX

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Fête Patronale de la Saint Martin (Pardon de Cintray)

Fête de l’Armistice de la Première Guerre Mondiale

Frères et sœurs,

Par un heureux hasard du croisement de nos deux calendriers, le calendrier liturgique de l’Eglise et le calendrier civil, nous honorons aujourd’hui St Martin, évangélisateur de la Gaule et évêque de Tours, le jour où nous commémorons l’armistice de la Première Guerre Mondiale qui ensanglanta non seulement nos pays européens mais aussi le monde entier. Or St Martin était un soldat, engagé dans l’armée romaine.

Saint Martin naquit au début du IVème siècle en Hongrie, issu d’une famille non chrétienne, mi slave, mi-celte. Son père, originaire de Pavie au nord de l’Italie, était un tribun militaire de l’empire romain, c’est-à-dire, officier de l’armée romaine. Le jeune Martin, dont le prénom est étymologiquement lié à l’armée (Martin vient du Dieu latin Mars, Dieu de la guerre) est destiné à une carrière militaire un peu contre son gré. Mais, l’inclination récente que montre le jeune homme pour la foi chrétienne inquiète et agace son père qui précipite l’entrée de son fils dans l’armée : alors qu’on entre normalement dans l’armée à l’âge de 17 ans, c’est à 15 ans que Martin va faire son entrée dans l’armée. Même si pendant son service dans l’armée, St Martin n’était pas officiellement chrétien, il se trouvait être bien plus chrétien que beaucoup de chrétiens de l’époque. Sa gentillesse, sa serviabilité, sa patience, sa pureté d’âme et de corps (pas toujours facile à l’armée) édifiaient bien plus qu’elles ne suscitaient la moquerie. Il faisait le service à table de ses confrères, dépensait sa solde pour nourrir et vêtir les pauvres. C’est dans cet état d’esprit qu’aux portes de la ville d’Amiens, il coupa son manteau en deux au début de l’hiver 338 pour en vêtir un pauvre. La nuit suivante, le Christ lui apparut en songe, revêtu du manteau qu’il venait de partager. A l’époque, il n’y a pas encore d’aumônier dans l’armée, et si l’engagement militaire du jeune Martin trouve un écho heureux dans la défense et la protection des peuples, la perspective de pouvoir donner la mort lui apparaît contradictoire avec l’Evangile et le baptême qui approche. Il fera le choix, pour être fidèle à l’appel qu’il reçoit de Dieu à devenir « fils de Dieu », c’est-à-dire chrétien, il fera le choix de quitter l’armée.

Entré alors à l’école de St Hilaire, évêque de Poitiers (Saint Patron des églises de Courteilles et de Tillières), il sera repéré pour être ordonné prêtre. Mais St Martin, s’en juge indigne : il refuse le diaconat et le presbytérat, mais accepte la fonction d’exorciste, considérée à l’époque comme une fonction subalterne. Approfondissant sa vie de prière, il décide avec quelques frères chrétiens de se retirer du monde pour se consacrer totalement à Dieu dans la prière et la solitude. Il devient moine et fonde l’ermitage qui deviendra par la suite l’abbaye de Ligugé en 371. Sa réputation de sainteté grandit ; on parle de lui. Dans l’Eglise en Gaulle, on devient jaloux de lui et ce sont les fidèles de la ville de tours, qui ayant perdu leur évêque, montent un guet-apens pour capturer Martin et le faire évêque, malgré lui. Devant la joie et la liesse du peuple de Tours, Martin accepte la charge de l’épiscopat et reçoit l’ordination presbytérale.

J’arrête ici pour quelques aspects de sa vie, car il y aurait beaucoup à dire encore. On retiendra de St Martin que de miles Caesaris (Soldat de César) il deviendra miles Christi (Soldat du Christ). Ses armes ? la charité, le service des pauvres, le soin des malades, la prière, la justice, la vérité et la défense de la paix. St Martin était un homme de paix, parce qu’il était un homme de Dieu.

Alors, aujourd’hui, nous qui faisons mémoire de tous ceux qui ont sacrifié leur vie pour défendre une terre, un pays, un peuple, des valeurs, nous qui honorons leur mémoire, nous devons nous aussi nous engager résolument pour la paix, pour construire et défendre la paix. D’une manière ou d’une autre, toutes les guerres ont leur racine dans le fait de vouloir dominer l’autre, de vouloir le soumettre, de ne pas lui faire de la place. Mais la racine de toute guerre est dans notre cœur, dans ce que nous appelons le péché, dans notre volonté de ne pas laisser la place à l’autre, de l’écraser. Défendre de grands idéaux, comme par exemple le respect des différences, le droit des gens à vivre leur individualité ou leur identité, est certes très bien, très louable. Mais, qu’en est-il dans notre vie ? Quelle est la vérité de notre vie ? n’avons-nous parfois deux langages ? que l’on adapte en fonction des personnes auxquelles on s’adresse ? Quelle est la charité que nous mettons en œuvre dans nos activités, professions, relations ? Vous savez, cela passe par des choses très simples dans la vie de tous les jours. Il est toujours curieux par exemple d’entendre ceux qui se font les chantres de la bonne morale, du respect des autres, être ceux qui vont aller colporter telle ou telle chose sur une personne, qu’ils ne connaissent même pas personnellement. Mais la paix commence d’abord par là, par la vérité de nos paroles, de notre vie et de nos relations. Là où la vérité n’est pas, là où la charité n’est pas, la paix véritable ne peut pas exister.

Que l’intercession de St Martin nous fortifie dans l’adhésion à la Vérité qu’est Dieu, dans l’exercice de la charité qui nous fait rechercher le bien des autres avant le sien. Que St Martin nous aide à devenir de vrais artisans de paix, ceux à qui Jésus promet le Royaume des Cieux en récompense. Et que le Christ Jésus bénisse tous ceux qui ont offert leur vie pour défendre les autres, sacrifiant ainsi leur propre vie et la vie de nombreuses familles. Amen !

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