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Homélie de la messe de la Solennité de Sainte-Marie Madeleine du Père Julien PALCOUX

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Solennité de Sainte-Marie Madeleine

Dimanche 20 Juillet 2014

Frères et sœurs,

 

            Avec quelques jours d’avance, nous honorons la sainte patronne de notre belle église de La Madeleine. Nous la porterons tout à l’heure à l’issue de cette messe en procession jusqu’à l’église St Jean. Sainte Marie-Madeleine, aussi appelée Sainte Marie de Magdala, est une très belle figure. Figure authentiquement humaine, figure de modèle de conversion, et figure de modèle missionnaire.

            A travers ces trois figures de notre sainte patronne, nous pouvons voir comment l’Amour évolue et grandit en elle, comment Jésus la fait grandir dans l’Amour pour passer de l’Amour humain avec tout ce qu’il a de sensuel à l’Amour divin qui s’exprime et se déploie dans l’Eglise.

            On peut dire beaucoup de belles choses sur Sainte Marie-Madeleine, mais on ne comprend rien ni à elle ni à son parcours si on ne regarde ni en vérité et ni en  profondeur sa personne. Marie-Madeleine est tout d’abord une personne de désir ; une personne humaine. L’être humain est un être de désir. Alors, certes, elle a beaucoup de désirs, excessifs, débordants, impurs mêmes ; mais elle vit ; elle est une personne humaine complète. Marie-Madeleine est assimilée à cette pécheresse (une prostituée en clair) qui vient verser du parfum sur les pieds de Jésus et qui essuie ce même parfum avec ses propres cheveux. Ce qui est beau chez Marie-Madeleine, c’est qu’au milieu de tous ses désirs mélangés, il y a le désir de Dieu. Il y a le désir d’aimer en vérité ; il y a le désir de demander et de recevoir le pardon. Une des premières questions que nous renvoie Sainte Marie-Madeleine en ce jour, c’est celle-ci : où est notre désir de Dieu ? Où est-il au milieu de tous nos autres désirs ? Est-ce que nos autres désirs n’étouffent pas notre propre désir de Dieu ?Peut-être notre vie n’est-elle pas aussi décousue que celle de Marie-Madeleine, mais, où est notre désir de Dieu ? L’être humain est un être de désir ; et ne laissons pas dire n’importe quoi : tout être humain a au fond de lui le désir de Dieu, comme il a au fond de lui le désir d’aimer et d’être aimé…Si certains prétendent ne pas avoir de désir de Dieu au fond d’eux, c’est parce qu’ils l’ont combattu, dévoyé, annihilé. Mais au moins chez Sainte Marie-Madeleine, le désir de Dieu est demeuré !

            Si nos amis avaient un vrai désir de Dieu, alors nos églises seraient remplies. Il faut s’interroger. D’abord pour moi : où est mon désir de Dieu ? Comment est-ce que j’y réponds ? Puis pour les autres : chez tel ou tel avec qui je parle, où est son désir de Dieu dans ce qu’il dit ? dans ce qu’il déplore ? Que Sainte Marie-Madeleine nous apprenne à demeurer des êtres de désirs, des êtres humains vivants !

 

            Après, Sainte Marie-Madeleine nous apprend à purifier nos désirs, à les hiérarchiser et à remettre de l’ordre. Cette étape est marquée par la rencontre avec la personne de Jésus. Non pas avec des idées, non pas avec des valeurs, non pas avec des principes et des règles qui peuvent être ou bien séduisants ou bien repoussants ; mais avec une personne, Jésus, qui accueille notre vie avec ce qu’elle est.

            Jésus voit bien évidemment toute l’ambigüité de la démarche de Marie-Madeleine ; mais Il ne la repousse pas pour autant. Au contraire, il l’accueille et Il voit même à travers tout ce qui n’est pas pur, Il voit le désir de Dieu, le désir d’être pardonnée, le désir d’être aimée et le désir d’aimer en vérité. « A cause de cela, je te le dis, ses péchés, ses nombreux péchés lui sont remis puisqu’elle a beaucoup aimé. » répondra Jésus au pharisien qui l’a invité à déjeuner. « Tes péchés sont pardonnés » dira-t-il ensuite à Marie-Madeleine.

            Ce que cette rencontre nous apprend, c’est que non seulement Jésus voit le fond, le cœur de nos demandes mêmes si elles ne sont pas pures, mais c’est aussi que le pardon de Dieu guérit complètement et qu’il est efficace. Après avoir été pardonnée, Marie-Madeleine devient disciple de Jésus ; elle a complètement changé sa vie. Humainement, c’est impossible. Une personne qui a été une prostituée pendant longtemps est une personne abîmée, dont les relations ont été faussées et abîmées. On garde des séquelles. On ne change pas comme cela. Et la puissance de Dieu va agir dans la personne de Marie-Madeleine. Jésus lui a pardonné ; Jésus l’a libérée et Il lui a donné une existence nouvelle.

            Marie-Madeleine, par la rencontre de Jésus et par l’expérience d’un vrai pardon, passe d’un amour d’éros, un amour sensuel, à un amour de philéa, un amour d’amitié, un amour d’affection, purifié de sensualité. Elle entre dans le Salut et avance dans l’Amour. Disciple de Jésus, elle fait partie de ces femmes qui suivent Jésus, l’écoutent, se laissent instruire et surtout qui demeurent fidèles. On la retrouve quelque temps après avec la mort de son frère Lazare : « Seigneur, si tu avais été là, dira-t-elle à Jésus, mon frère ne serait pas mort. » Acte de foi ! Elle croit en la puissance divine de Jésus, puissance de vie ; évidemment, elle a fait en elle-même l’expérience de cette puissance.

 

            Et puis, dernière étape de notre cheminement : nous retrouvons Marie-Madeleine au matin de la Résurrection. En pleurs, au tombeau. Elle veut voir celui qui lui a rendu la vie, celui qu’elle a aimé ! Elle est centrée sur son chagrin, sur elle-même, sur son affection, sur sa possessivité même  « Cesse de me tenir ! » lui dira Jésus. A nouveau la rencontre avec Jésus la transforme complètement. Elle passe d’une relation exclusive et possessive : « On a enlevé le Seigneur mon Maître et je ne sais pas où on l’a mis. » remarquez ici que Jésus est son bien. On a enlevé « le Seigneur MON Maître » et « je ne sais pas où on l’a mis. » : Jésus est son bien, sa chose. Elle passe donc d’une relation exclusive à une relation ouverte, missionnaire : « Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père. » lui dira Jésus. Elle arrive dans le deuil et repart première missionnaire, avec la plus haute charge, celle d’annoncer le mystère de la Résurrection de Jésus au premier responsable dans l’Eglise : St Pierre.

Ici, Jésus la fait passer de l’Amour philéa (l’Amour d’amitié) à l’Amour agapè, l’Amour de Dieu, purifié de toute possessivité, de tout retour sur soi-même : « Cesse de me tenir » lui dira Jésus. L’Amour d’Agapè, est l’amour pur, où l’on aime l’autre non pas pour ce qu’il nous apporte, mais gratuitement pour ce qu’il est en lui-même et non pour moi. Cet amour est pleinement ouvert à la fécondité évangélique ; il est source de vie divine ; il est missionnaire. Et il s’épanouit dans l’Eglise : « Va plutôt trouver mes frères. »

A travers Sainte Marie-Madeleine, nous pouvons voir de quelle manière Dieu se sert de nos désirs pour nous faire grandir dans l’Amour, pour purifier notre Amour, pour nous ouvrir à la fécondité missionnaire et ecclésiale. Demandons à notre sainte patronne qu’elle nous aide à faire ressortir en nous et chez nos frères et sœurs le désir de Dieu, aujourd’hui bien enfoui sous tout un tas d’autres désirs ; demandons-lui qu’elle nous aide à rencontrer réellement Dieu en la personne de Jésus et demandons-lui qu’elle nous aide à offrir notre Amour pour la fécondité de la mission de l’Eglise. Amen !

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