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Homélie de la messe du 26ème Dimanche du Temps Ordinaire du Père Julien PALCOUX

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26ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs,

Avec l’histoire du Pauvre Lazare, nous nous trouvons directement plongés dans la vie après la mort avec un renversement de situation : celui qui été comblé pendant cette vie se retrouve en enfer ; celui qui a été malheureux se retrouve au Paradis. Bien sûr, cette histoire que nous rapporte Jésus, nous invite à nous interroger sur la manière dont nous vivons notre vie présente.

Alors, regardons d’un peu plus près l’attitude du mauvais riche. Trois caractéristiques me semblent importantes à reprendre. Tout d’abord, il a un cœur fermé ; fermé à Dieu et fermé aux autres ; fermé au pauvre Lazare qui gît devant chez lui. Nous retrouvons ici un danger souvent évoqué chez Jésus, celui du danger des richesses. L’abondance des richesses donne l’illusion d’être comblé et, par conséquent, risque de fermer le cœur à Dieu. Il est bien connu que ceux qui vivent dans le besoin ont plus naturellement un cœur ouvert à Dieu, tandis que ceux qui vivent dans l’opulence ont plus de difficultés à reconnaître qu’ils ont besoin de Dieu.

Pourquoi peut-on dire que le riche n’a pas un cœur ouvert à Dieu ? Parce qu’il ne prépare absolument pas sa rencontre avec Dieu. Il vit et profite de la vie, mais ne pense pas à la suite. Et c’est la deuxième caractéristique que je reprends : il est et demeure attaché à tous ses biens. Très attaché. Il ne se prépare pas à les quitter. Et de ce fait, il ne prépare pas sa mort ; il ne prépare pas sa rencontre avec Dieu. Normalement, sur la fin de sa vie, alors que l’on approche de la rencontre décisive avec Dieu, l’être humain a tendance à se détacher progressivement de ses biens, parfois même des siens. Cela fait partie d’une maturation normale en vue de la rencontre avec Dieu. Or cet attachement à ses biens emprisonne notre riche ; car il n’y est pas prêt. Or, pauvre ou riche, on doit se préparer à la rencontre avec Dieu.

Troisième caractéristique : notre pauvre riche reproduit dans la vie éternelle le mode de relations qu’il avait lors de la vie terrestre. C’est-à-dire que durant sa vie terrestre, il ne considérait pas Dieu et prenait Lazare pour un chien ; et dans la vie éternelle, il reproduit la même chose, donnant des ordres à Abraham et à Lazare : « Abraham, mon Père, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l’eau le bout de son doigt, pour me rafraîchir la langue, car je souffle terriblement dans cette fournaise. » et plus loin : « Eh bien, Père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon Père. » Or la vie éternelle n’est pas à penser sur le mode de la vie terrestre, et nos relations dans la vie éternelle ne seront pas du même type que celles de la vie terrestre. C’est ici, entre autre, que le célibat consacré prend tout son sens, en tant qu’anticipation du mode de relation qui sera le nôtre dans la vie éternelle.

Voilà, me semble-t-il, ce que l’on peut dire au sujet du pauvre riche qui nous alerte nous-mêmes sur notre manière de vivre : vivons-nous avec un cœur ouvert à Dieu et aux autres ? Quel attachement avons-nous par rapport aux biens de ce monde ? Comment envisageons-nous nos relations dans la vie éternelle ?

Eh bien, frères et sœurs, profitons du thème abordé par ces textes, pour regarder d’un peu plus près la question de la mort, de la rencontre avec Dieu et de la vie après la mort.

Le Catéchisme de l’Eglise Catholique développe de manière claire ce que Jésus glisse dans certaines de ses Paroles. Le Catéchisme nous apprend donc qu’il y aura deux jugements : un jugement particulier juste après notre mort et un jugement dernier, qui interviendra lors du retour du Christ en gloire.

Le jugement particulier consiste en la rétribution immédiate après la mort, rétribution selon nos œuvres et selon notre foi. C’est dans notre âme immortelle que nous recevrons cette rétribution. L’Evangile de jour nous expose bien deux types de destinées : ou le paradis pour le pauvre Lazare ou l’enfer pour le riche. Je vous ferais remarquer au passage que d’autres paroles de Jésus expose cette double destinée : nous avons par exemple la Parole adressée au bon Larron : « Amen, je le te le déclare ; aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » Cette rétribution s’appuiera sur l’amour que nous avons mis en œuvre dans nos vies ou que nous n’avons pas mis en œuvre.

Le deuxième jugement dont il est question est celui que l’on appelle le Jugement dernier, qui suivra juste la résurrection de tous les morts. Tout le monde ressuscitera ; certains pour la vie éternelle; d’autres pour la mort éternelle. Dans ce jugement dernier sera mise à nue la vérité de toutes nos relations par rapport à Dieu et par rapport aux autres. Dans ce jugement dernier, tout apparaîtra dans la lumière : les merveilleux desseins de la Providence, les réalités cachées de la création. La justice de Dieu qui guérit et triomphe resplendira dans chacune des créatures et anéantira l’injustice. Nous verrons le triomphe de l’amour sur la mort.

Une fois le jugement particulier prononcé, l’âme a trois possibilités : ou bien le Paradis, ou bien le purgatoire ou bien l’enfer.

Le Paradis, c’est la vision immédiate de Dieu ; c’est participer à sa vie trinitaire ; c’est Le voir Tel qu’Il est et nous être tels que nous sommes face à Celui qui est la Vérité et l’Amour. C’est la divinisation de notre âme entièrement en Dieu comme un peu une bûche qui prend feu et devient elle-même le feu, pour reprendre l’image de St Jean de la Croix. Et parce que nous nous transformons en Dieu et que Dieu est « tout en tous », nous sommes tous en relation de communion les uns avec les autres. Notre mode de relation est transformé.

Si nous ne sommes pas prêts au moment de notre mort à voir Dieu immédiatement, nous aurons besoin de nous purifier, de nous préparer à cette rencontre. C’est ce que l’Eglise appelle le purgatoire. Au purgatoire, les âmes ne peuvent rien par elles-mêmes, mais elles reçoivent tout de la prière de l’Eglise qui intercède pour ses enfants partis vers Dieu. C’est pourquoi, il est important de prier pour nos défunts et de faire dire des messes pour eux. A l’occasion de l’année jubilaire de la Miséricorde, je vous rappelle que vous pouvez obtenir et offrir des indulgences pour les morts. C’est une offrande spirituelle que vous faîtes qui aide à la conversion.

Enfin, la dernière destinée qui existe est celle de l’enfer qui existe non pas parce que Dieu met en enfer, mais parce que l’homme peut refuser la vie, peut refuser Dieu, peut refuser la conversion. C’est en fait une réalité d’auto-exclusion. Vous remarquerez, à la lecture de l’Evangile du jour, qu’en enfer, les relations sont détruites. On ne peut plus communiquer, être en relation avec les autres : « Un grand abîme a été mis entre vous et nous pour que ceux qui voudraient aller vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne vienne pas vers nous. » dira Abraham dans l’Evangile au riche.

Que ces textes que nous méditons en ce dimanche ouvrent nos cœurs à la conversion, à la miséricorde. La perfection de la vie chrétienne se joue dans la charité et l’amour que nous mettons dans notre vie. Vivons pleinement le temps présent comme un temps ouvert à la grâce et à la conversion. Amen !

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