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Messes du 11 au 17 mai 2020

Lundi 11 mai – De la Férie

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Mardi 12 mai – S. Nérée et S. Achille, martyrs ; S. Pancrace, martyr

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Mercredi 13 mai – Notre-Dame de Fatima (1917)

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Jeudi 14 mai – S. Matthias, apôtre

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Vendredi 15 mai – De la Férie

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Samedi 16 mai – De la Férie

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Dimanche 17 mai – 6ème Dimanche de Pâques

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Je donne à la quête

Je donne au denier

Message de soutien aux Sapeurs Pompiers du SDIS 27

Bonjour à vous tous .

Chers Sapeurs Pompiers du SDIS 27

Avant toute chose laissez-moi vous dire mon action de grâce pour tous le service que vous accomplissez en ces jours d’épreuves et de souffrances partagées.

En ces jours d’espérance, aussi, pour vaincre ce satané virus.

En lien avec notre sainte patronne, sainte Barbe , offrir un temps de prière pour vous, vos familles, et aussi vos défunts.

N’hésitez pas à me communiquer des intentions plus personnelles si vous le souhaitez sur E-mail  :   pascal.richer0789@orange.fr

En cette semaine sainte pour tous les croyants catholiques;

Occasion pour eux et pour tous ceux qui ne sont pas hostiles aux message de Jésus-Christ, de savoir à quel point Dieu nous aime et veux notre bonheur.

Les circonstances difficiles de la vie, évidemment celles que nous traversons en ce moment avec la crise sanitaire mondiale du COVID-19, pourraient nous en faire douter.

Mais quand on voit le pris fort que le Christ a mis pour nous sauver de tous mal et de la mort, en allant jusqu’à mourir lui-même pour nous on peut avoir de l’espérance.

Et sa résurrection le matin de Pâques est la signature finale de son amour plus fort que tout, plus fort même que la mort.

Je n’en rajoute pas, mais croyez bien à ma prière d’homme, de chrétien, et de diacre au service du SDIS 27

Pascal RICHER , diacre permanent ,  Aumônier du SDIS 27.

Bonne semaine, dans la joie de la foi en Jésus Ressuscité

Chers paroissiens,
Nous sommes en ce jour dans la joie, dans la belle émotion de la
rencontre entre Jésus et ses Apôtres, entre Jésus et saint Thomas.
Le temps pascal vient fortifier notre foi, notre relation au Seigneur
Jésus.
Oui, le Carême est fini, et notre semaine pascale, l’Octave aussi.
Le Gloria n’est plus chanté à la messe de semaine, pas plus que
allez dans la paix du Christ, alleluia … chanté ce soir avec
assurance par notre diacre Pascal pour la dernière fois avant la
Pentecôte.
Pouvons-nous formuler le désir de nous retrouver pour cette fête de l’Esprit saint, don de Dieu, source vive, Père des Pauvres ? A la grâce de Dieu !
Lui seul sait ce dont nous avons besoin pour vivre de Lui, par Lui et avec Lui…

Centre Bethléem

Chers paroissiens,

Il semble que les jardins n’ont jamais été aussi beaux, car le confinement permet d’entretenir son jardin.Il était temps, même si peu de personnes viennent au centre Bethléem, de lui faire une vraie toilette en attendant que certaines bonnes volontés puissent prendre le relais dans les mois qui viennent.Il reste encore quelques parterres… mais on va y arriver ! Je tiens ce soir à remercier les 2 jeunes qui ont passé plusieurs heures à faire ce travail de nettoyage nécessaire ! Ce n’est pas rien l’accueil en paroisse. Père Jérôme PAYRE

Homélie du Dimanche de la Divine Miséricorde du Père Jérôme PAYRE

Homélie Dimanche de la Miséricorde – 18-19 avril 2020 – A

Les portes se trouvaient étaient verrouillées… Jésus vint, il était au milieu d’eux (Jn 20). Et huit jours plus tard, Jésus est de nouveau là… malgré les portes verrouillées.
Quelle actualité, l’Évangile ! Même dans notre confinement, le Seigneur Ressuscité nous rejoint, est là pour nous. Confinés, ralentis, inquiets… nous sommes rejoints par le Seigneur. “Jésus vient, et il se tint là”, au milieu d’eux. La résurrection de Jésus est victoire sur la mort, sur le péché. Et le Christ ressuscité est maître du temps, (qui peut sembler long en ces jours si incertains), de l’histoire (que nous arrive-t-il en cette période de pandémie ?)….

Découragé ?

Voilà que nous avons un nouvel horizon. Le 11 mai serait la fin de cet enfermement. Mais sera-t-il la fin de notre inquiétude ? Inquiétude de la maladie qui, on le sait, ne sera pas éradiquée si vite, inquiétude pour notre travail, celui de nos enfants, inquiétude enfin pour un monde que l’on devine infiniment fragile. À travers ce qui s’exprime, on sent tellement de découragement. Tant d’efforts, d’espoirs, de projets d’avenir sont mis à mal. Non, le monde d’avant ne sera plus. Cette certitude s’infiltre peu à peu dans l’esprit de nos contemporains, tel un poison qui mine le moral et notre espérance. Au siècle des mystiques, le découragement venait de la tentation de croire qu’on était damné. Ce n’est certes plus le cas aujourd’hui. Et nos découragements se nourrissent de bien d’autres choses. Mais la littérature spirituelle chrétienne, qui abonde en récits d’expériences de découragement, propose de sages conseils, propres à nous remettre en selle. Et qui n’ont rien perdu de leur pertinence. D’abord, et je me permets ici de plagier les Exercices spirituels d’Ignace, s’interdire d’écouter l’esprit mauvais, qui attriste, met des obstacles, inquiète par de fausses raisons, et empêche d’aller de l’avant. Ensuite, ne pas s’exhorter au courage qui, selon François de Sales, n’est pas un bon antidote au découragement. Mais plutôt garder confiance, autre nom de la foi. Le monde ne sera plus comme avant ? Non. C’est vrai… Mais s’il était meilleur ?

Sophie de Villeneuve,
rédactrice en chef de Croire

Dimanche de la Divine Miséricorde

Le dimanche après Pâques est le Dimanche de la Miséricorde. C’est Saint Jean Paul II qui institua cette fête en 2000 le jour de la canonisation de Sainte Faustine. Le Christ lui avait dit « La Fête de la Miséricorde est issue de mes entrailles, je désire qu’elle soit fêtée solennellement le premier dimanche après Pâques ».

En savoir +

Messe en direct du dimanche de la Miséricorde, 19 avril, célébrée par Mgr Nourrichard à 10h30 depuis la cathédrale d’Évreux
https://evreux.catholique.fr/…/messe-dimanche-divine-miseri…d

Sainte fête de Pâques

Chers paroissiens,

Au terme de ce triduum pascal si particulier, de ces 3 jours saints, de la célébration de la vigile et de la messe de Pâques, je viens vous retrouver pour vous souhaiter une belle et sainte fête de Pâques.

Il semble difficile de dire joyeuse Pâque….compte-tenu du climat difficile que notre pays, notre Eglise, nos familles traverse.

Cependant, ne nous laissons pas voler la joie de l’Evangile, la joie de la bonne et grande nouvelle : Le Christ est ressuscité d’entre les morts, il est notre espérance !

Je me réjouis d’avoir vu quelques drapeaux Hosanna ! pour les rameaux sur les fenêtres des maisons ou depuis ce matin, quelques Alleluia l sur les vitres et les bords de route.

Cette année, la fête de Pâques aura été visible par bon nombre de personnes….

Nous pourrons garder ces habitudes, lorsque nous sortirons de cette épreuve – que tous nous traversons-, que nous soyons malades ou en bonne santé, soignants, forces de l’ordre, enseignants, parents…

Bénédiction Urbi et Orbi : le Christ apporte au monde « la contagion de l’espérance »

« Comme une nouvelle flamme, la Bonne Nouvelle s’est allumée dans la nuit : la nuit d’un monde déjà aux prises avec des défis du moment et maintenant opprimé par la pandémie [de covid-19], qui met à dure épreuve notre grande famille humaine », a déclaré avec force le pape François ce 12 avril dans son traditionnel message pascal depuis la basilique Saint-Pierre. Il a ensuite donné la bénédiction Urbi et Orbi, « à la ville et au Monde ».

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Homélie du Saint Jour de Pâques du Père Jérôme PAYRE

Homélie saint jour de Pâques 12 avril 2020

Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !
Ce cri, cette salutation pourrait habiter nos paroles en ce jour de joie, en cette fête de Pâques.
Oui, le Christ Jésus, arrêté par trahison, jugé injustement, crucifié est ressuscité.
Si les disciples, les soldats, les chefs des prêtres sont acteurs et donc témoins de la mise à mort de Jésus, personne n’est témoin de sa résurrection. Mais le tombeau est vide !
Comme au Cénacle où les Apôtres sont enfermés (confinés ?) par peur des juifs (Jn 20), le Seigneur ressuscité vient à nous, le Vivant entre dans le Cénacle que sont nos maisons, nos familles, nos communautés, et notre coeur, temple vivant de l’adorable Trinité (ste Thérèse de l’Enfant Jésus).

Homélie de la Vigile Pascale du Père Jérôme PAYRE

Homélie Vigile Pascale 11 avril 2020

Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples. Jésus, désire nous retrouver, nous nourrir, nous sanctifier. C’est bien d’actualité, car nous ne pouvons pas sortir, nous sommes confinés. Jésus, dans sa miséricorde, vient à nous. Nous faisons une expérience
d’enfermement par ce confinement. Peut-être pas d’esclavage, comme en Égypte, ni en prison pour tant de frères chrétiens qui sont, à cette heure, persécutés.
La crise sanitaire que nous traversons (c’est une Pâque) nous a fait lire 9 lectures et psaumes. Pas de feu nouveau ni de liturgie baptismale sinon le renouvellement de nos promesses baptismales.
Nous vivons une nuit de veille en l’honneur du Seigneur. Il passe, c’est la Pâque du Seigneur.

Homélie du Vendredi Saint du Père Jérôme PAYRE

Homélie vendredi saint 10 avril 2020

Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé (Jn 19).
En ce vendredi saint, le silence dans notre pays, nos villes, nos vies, parfois nos coeurs, à cause de cette pandémie, la souffrance et l’inquiétude de beaucoup, le ralentissement de toute activité nous
invitent à nous tourner vers le Seigneur Jésus, source de toute grâce et de tout amour.
Au pied de la croix, ce n’est pas le silence le vendredi saint. La haine, les moqueries, les injures, la souffrance, le désarroi sont présents… et pourtant, que d’amour déployé par Jésus. Jusqu’au bout,
Il nous a aimés… jusqu’au bout, jusqu’à la fin, jusqu’à l’infini…

Recevoir le Pardon de Dieu dans la situation exceptionnelle de pandémie du coronavirus

En ces jours saints, nous parvenons au terme du Carême, temps privilégié de conversion, d’ouverture du cœur pour chacun de nous. Dieu n’a pas d’autre désir que de nous manifester Sa miséricorde. Et pourtant, du fait du confinement pour limiter la propagation du Covid-19, nous ne pourrons pas cette année rencontrer un prêtre pour vivre le sacrement de la réconciliation. Comment, dans ces conditions, goûter le pardon du Seigneur, éprouver la joie de se laisser réconcilier ?

L’Eglise vous propose de vivre un chemin de contrition et de demande de pardon à Dieu avec, pour les fautes graves, « la ferme résolution de recourir le plus tôt possible à la confession sacramentelle », afin de recevoir effectivement le pardon de ses péchés.

Vous trouverez ci-joint une proposition de démarche spirituelle qui est faite par le Service de la Pastorale Liturgique et Sacramentelle du diocèse de Rennes.

Que ce temps de confinement qui nous est imposé devienne un temps de retour dans la grâce divine librement choisi !

Je vous souhaite de beaux jours saints !

+ Christian NOURRICHARD

Evêque d’Evreux

Vénération de la Sainte Couronne d’épines à Notre-Dame de Paris

Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, vénèrera la Sainte Couronne d’épines au coeur de la cathédrale Notre-Dame de Paris, à quelques jours du 1er anniversaire de l’incendie qui a ravagé l’édifice en 2019. Mgr Michel Aupetit entrera dans la cathédrale Notre-Dame de Paris à 11h30, accompagné de Mgr Patrick Chauvet, recteur de la cathédrale et de Mgr Denis Jachiet, évêque auxiliaire de Paris. Il vénèrera la Sainte Couronne d’épines, sauvée des flammes de l’incendie. Un temps de méditation suivra : des textes d’auteurs tels que Marie-Noël, Paul Claudel, Charles Peguy ou Mère Teresa seront lus par Mme Judith Chemla et par M.Philippe Torreton avec, en alternance, des pièces de musique interprétées par M. Renaud Capuçon. Un événement diffusé en direct sur BFM TV et sur KTO.

Chemin de croix

Chers paroissiens,
Comme annoncé, je vous adresse le lien pour suivre le chemin de croix avec notre évêque et un texte de chemin de croix…. Belle préparation à La grande fête de Pâques… dans la prière auprès de la croix, en pensant aux malades, aux prisonniers, aux plus faibles de notre société et aussi aux martyrs de notre temps.

Père Jérôme PAYRE

Voici le lien qui vous permettra de suivre le Chemin de Croix, en direct, avec Mgr Nourrichard : https://youtu.be/1vmCpNWVjHY

Homélie de la messe de la Cène du Pape François

« n’ayez pas peur de pardonner », Homélie de la messe de la Cène 9 04 2020

L’Eucharistie, le service, l’onction.
C’est la réalité que nous vivons aujourd’hui dans cette célébration : le Seigneur qui veut demeurer avec nous dans l’Eucharistie. Et nous devenons toujours tabernacles du Seigneur. Nous portons le Seigneur
avec nous, au point que lui-même nous dit que si nous ne mangeons pas son corps, et si nous ne buvons pas son sang, nous n’entrerons pas dans le Royaume des cieux. Mystère que celui du pain et du vin, du Seigneur avec nous, en nous, à l’intérieur de nous.
..

Homélie messe du Jeudi Saint du Père Jérôme PAYRE

Jeudi Saint 2020 – 9 avril 2020

Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi (Jn 13,1).
Avoir part avec le Christ, c’est notre joie et notre désir de chrétien : être du Christ, vivre par et pour le Christ. Le Fils bien-aimé lave les pieds de ses disciples. Tentons de comprendre, en ce jeudi saint, sans fidèle ni lavement des pieds, l’amour infini de Jésus….

Veillez et priez une heure avec le Maitre

Chers paroissiens,
ce soir, un court message pour vous inviter à m’indiquer quelle heure vous souhaitez assurer dans la nuit du jeudi au vendredi saint, ce qu’on appelle l’heure sainte. Evidemment, nous ne pourrons nous relayer à l’église Notre Dame, comme envisagé avant le confinement. je vous propose tout simplement de lire et relire les chapitres 13 à 17 dans l’Evangile de saint Jean.
Je vous redis ma proximité dans la prière et vous remercie pour les nouvelles que vous me donnez, cela nourrit ma prière et de vous retrouver d’une manière limitée certes mais réelle. Belle soirée, dans l’attente de votre retour d’horaire

Père Jérôme PAYRE

perejeromepayre@gmail.com

Saint Grégoire le Grand, pape, père et docteur de l’Eglise, 540 – 12 mars 604.

« L’homme a été crée pour contempler son Créateur,

pour chercher toujours sa face

et habiter dans la solennité son amour . »

Cette phrase de saint Grégoire le Grand éclaire toute sa vie. C’est dans ce but qu’à l’âge de trente-cinq ans l’héritier des sénateurs romains renonçait aux hautes charges civiles qu’il remplissait pour se donner à la vie monastique dans sa demeure du Coelius (575). Il y connut cinq années de paix et de joie intime. Mais le Seigneur avait d’autres desseins sur lui. Le pape Pélage Il en fit son diacre et l’envoya en mission à Constanti­nople (580-585). A la mort de Pélage, Grégoire lui succéda comme « serviteur des serviteurs de Dieu ». II reçut l’ordination épiscopale à Saint-Pierre le 3 septembre 590. Jusqu’à sa mort (12 mars 604), le pape Grégoire le Grand allait accomplir une œuvre considérable. Pasteur d’un peuple accablé de maux, il doit le nourrir de pain aussi bien que de la parole de Dieu. Face à un monde nouveau, il entre en contact avec les Barbares : il envoie des missionnaires en Angleterre. Cela représente une vaste correspondance, des Commentaires de l’Écriture, des Homélies écrites avec soin pour être lues par un clerc, car Grégoire est habituellement si affaibli par la maladie qu’il ne peut guère se faire entendre du peuple. Telle fut la vie du «  consul de Dieu », comme l’appelle son épitaphe dans la basilique vaticane. La postérité a entouré l’œuvre de Grégoire d’une telle vénération que le recueil de prières liturgiques qu’il avait composé, le sacra­mentaire grégorien, est pratiquement resté jusqu’à nos jours le Missel romain.

*****

Issu de la noble famille des Anicii, Grégoire, que nous connaissons sous le nom de saint Grégoire-le-Grand, dont le nom grec signifie esprit vif, éveillé à la vérité, est le fils de la pieuse Sylvie (sainte) et du sénateur Gordien, administrateur de l’Urbs l’un des sept arrondissements de Rome, qui compte parmi ses ancêtres le pape Félix III (mort en 492).

Saint Grégoire naît à Rome vers l’an 540, Vigile étant pape, Justinien Ier empereur romain et Clotaire Ier roi des Francs.

[Au terme de l’Antiquité et à l’aurore du Moyen Age, saint Grégoire le Grand, à la fois issu du patriciat romain et du monachisme bénédictin, s’efforce, en réglementant le présent, de transmettre au futur les enseignements du passé et l’héritage de la tradition. Au début de son pontificat les structures de l’empire romain, bouleversées par les invasions, lombardes, gothes, puis normandes, s’écroulent, tandis que renaît l’hérésie donatiste et que l’arianisme règne encore sur la plupart des barbares ; la discipline monastique s’est généralement relâchée et le clergé, souvent démoralisé, conduit des fidèles catastrophés par les invasions barbares : « Ballotté par les vagues des affaires, je sens la tempête gronder, au-dessus de ma tête. Avec le psaume je soupire : Dans l’abîme des eaux, je suis plongé et les flots me submergent. »]

Après de solides études classiques, latines et grecques, maître ès lettres, dialecticien et rhétoricien, il est nommé, à 33 ans, en 573, préfet de la cité : Dans notre pays, écrit-il alors, tout est livré au caprice des barbares : villes ruinées, citadelles renversées, provinces dépeuplées. En nos campagnes, plus de cultivateurs. Tous les jours, les idolâtres exercent leurs sévices par l’assassinat de chrétiens. Il signe, avec d’autres nobles romains, un engagement de fidélité au siège apostolique écrit par l’évêque Laurent II de Milan. Saint Grégoire occupa quelque temps la première magistrature de Rome.

Mais bientôt la cité qui avait vu cet opulent patricien traverser ses rues en habits de soie, étincelants de pierreries, le vit avec bien plus d’admiration, couvert d’un grossier vêtement, servir les mendiants, mendiant lui-même, dans son palais devenu monastère et hôpital.

Deux ans plus tard, à la mort de son père, devenu un des plus riches propriétaires fonciers de Rome, Grégoire s’installe dans la maison paternelle, le Clivus Scauri, démissionne de ses charges et, sous la conduite du moine Valentino, forme une communauté religieuse : Ce furent, dira-t-il plus tard, les cinq années les plus heureuses de ma vie. En plus de ce monastère sous le vocable de saint André, il fonde six autres monastères dans les domaines familiaux de Sicile.

Sorti de son monastère dès l’élection de Pélage II (579), il est ordonné diacre à trente-cinq ans, puis il est nommé apocrisiaire, c’est-à-dire représentant extraordinaire du Pape à Constantinople, près de l’Empereur (Tibère II, puis Maurice) pour que celui-ci veuille bien envoyer des troupes pour protéger Rome et l’Italie des barbares. Ayant échoué, il est relevé de ses fonctions au printemps 586 et devient abbé au monastère romain Saint-André du Mont Cælius qu’il remet en ordre ; c’est pour ses moines qu’il commente le Livre de Job dont il tire d’opportunes leçons sur le mystère de la souffrance.

Après trois ans d’abbatiat, Pélage II l’appelle auprès de lui et lui confie l’organisation de son secrétariat. Cependant Grégoire veut partir évangéliser ce qui deviendra l’Angleterre ; il arrache au pape la permission de partir, mais, au dernier moment Pélage II se ravise et le rappelle près de lui.

Alors que, succédant à une terrible inondation qui a ruiné les greniers à blé, la peste sévit à Rome depuis six mois, le pape Pélage II est emporté par l’épidémie au début de février 590 ; le clergé, le sénat et le peuple romain, désignent Grégoire comme pape. Grégoire essaye de résister de tout son pouvoir contre cette élection et écrit à l’empereur Maurice de ne pas la ratifier, mais le préfet de Rome intercepte la lettre et lui substitue le rapport officiel de l’élection.

Cependant la peste multipliait ses ravages et les habitants mouraient par milliers ; encore quelques jours et la ville serait complètement déserte. En attendant la réponse de l’Empereur, Grégoire ému du triste sort de ses concitoyens, prend en main l’administration du siège vacant et consacra sa fortune à leur venir en aide et les inclina à trouver leur espérance dans la prière à la Mère de Dieu.

Il invite les fidèles à conjurer le fléau par un grand acte de pénitence.

« Il faut, bien-aimés frères, disait-il, craindre au moins les fléaux de Dieu quand nous les subissons, puisque nous n’avons pas su les prévenir. Vous voyez que tout le peuple est frappé du glaive de sa colère ; la mort n’attend pas la maladie et enlève le pécheur avant qu’il songe à faire pénitence. Considérez en quel état il paraît devant le Juge terrible ! Ce n’est pas une partie des habitants qui périt, tout tombe à la fois : les maisons demeurent vides et les pères voient mourir leurs enfants ! Rappelons donc le souvenir de nos fautes et expions-les par nos larmes. Que personne ne désespère pour l’énormité de ses crimes : les Ninivites effacèrent les leurs par une pénitence de trois jours, et le larron, à l’heure même de la mort. Celui qui nous avertit de l’invoquer montre bien qu’il veut pardonner à ceux qui l’invoquent. »

Du haut de l’ambon de Saint-Jean du Latran, il s’écrie :

 Frères bien-aimés, la mort frappe à coups redoublés … Nous à qui elle laisse encore le temps de pleurer, livrons-nous à la pénitence ! Puis il traça l’ordre et la manière dont devrait se faire la solennelle supplication : Le clergé partira de l’église des saints martyrs Côme et Damien, avec les prêtres de la sixième région ; les abbés et les moines partiront de l’église des saints Gervais et Protais  avec les prêtres de la quatrième région ; les abbesses et leurs communautés partiront de l’église des saints Pierre et Marcellin avec les prêtres de la première région ; les enfants réunis dans l’église des saints Jean et Paul en sortiront avec les prêtres de la deuxième région ; les laïques assemblés dans l’église de saint Etienne, premier martyr, en sortiront avec les prêtres de la septième région ; les veuves partiront de l’église de sainte Euphémie avec les prêtres de la cinquième région ; enfin les femmes mariées partiront de l’église de saint Clément avec les prêtres de la troisième région.

Dans cet ordre connu depuis sous le nom de Litanie septiforme, selon le témoignage de saint Grégoire de Tours, pendant trois jours, à partir de neuf heures, de chacune de ces églises nous sortirons en récitant des prières et en versant des larmes : nous nous rejoindrons tous à la basilique de la Sainte Vierge Marie, et nous continuerons là nos prières et nos supplications.

Grégoire fait vénérer l’image de la Mère de Dieu, attribuée à saint Luc, puis, les jours suivants, pieds nus et couvert d’un sac, la porte en procession dans les rues de Rome, vers la basilique Saint-Pierre.

Lui-même, tenant entre ses mains l’image miraculeuse de la Mère de Dieu peinte par saint Luc, traversa toute la ville nu-pieds lentement et pieusement, de la basilique de Sainte-Marie-Majeure à celle de Saint-Pierre ; ceux qui le suivaient portaient aussi des vêtements de pénitence. Pendant ce parcours quatre-vingts personnes tombèrent foudroyées par le terrible fléau.

Or, à peine la foule a-t-elle commencé ses chants et ses prières, que les miasmes se dissipent et que l’air corrompu se purifie. On arrive à l’entrée du pont (maintenant le Pont-aux-Anges) qui relie la ville avec le quartier du Vatican, en face de l’imposant mausolée de l’empereur Adrien. Et à ce moment, au-dessus de la sainte image, un concert de voix célestes retentit. On entend les Anges chanter : Regina cœli laetare, alleluia ! Quia quem meruisti portare, alleluia ! Resurrexit sicut dixit, alleluia ! « Reine du ciel, réjouissez-vous, alléluia, car Celui que vous avez mérité de porter, alléluia, est ressuscité comme il l’avait dit, alléluia ! » Puis les voix se taisent.

Tombant à genoux, et levant les yeux au ciel, saint Grégoire inspiré s’écria : Ora pro nobis Deum alleluia ! « Priez Dieu pour nous, alléluia ! » répéta la foule avec autant de ferveur que d’enthousiasme.

La procession se termina par un cantique d’action de grâce. L’antienne pascale de Marie se trouvait ainsi composée.

En même temps, l’archange saint Michel apparut, environné d’une éclatante lumière, sur la cime du mausolée d’Hadrien. L’archange tenait à la main une épée sanglante et la remettait dans le fourreau pour annoncer que le courroux céleste était apaisé par les supplications et que Rome allait être délivrée de l’horrible épidémie. En effet, dès lors la peste ne fit plus aucune victime et l’Eglise s’est enrichie d’une hymne à la Sainte Vierge, le Regina cæli, qu’elle chante toujours au temps de Pâques. Depuis, le mausolée d’Hadrien est appelé le château Saint-Ange.

Pendant de longues heures les Romains laissèrent éclater leur reconnaissance et leur amour. en action de grâce saint Grégoire décréta que la procession qui avait sauvé Rome serait renouvelée tous les ans, le jour de saint Marc, le 25 avril. Cette procession reçut le nom de Litanies majeures (pour la distinguer des Litanies mineures que l’on chante aux Rogations, et qui avaient été établies en France par saint Mamert, évêque de Vienne, dès l’an 469).

L’image miraculeuse de la Vierge fut recueillie avec un pieux respect ; elle est, de nos jours, confiée à la garde des religieux de la basilique de l’Ara-Cœli.

En mémoire de ce prodige, le pape Boniface III, successeur de saint Grégoire-le-Grand, érigea une chapelle dédiée à saint Michel au sommet du mausolée d’Hadrien.

Le mausolée reçut à cette occasion le nom de Château-Saint-Ange.

Décidé par l’empereur Hadrien en 125 pour être son mausolée.

Le château, une rotonde massive en travertin, est surmonté d’un quadrige de bronze mené par l’empereur Hadrien figuré en soleil et d’un bosquet d’arbres funéraires. Les cendres d’Hadrien y sont déposées en 139. Caracalla est le dernier empereur à s’y faire ensevelir.

Très vite, le bâtiment est détourné de ses fins funéraires pour devenir militaire. Il est intégré à la muraille aurélienne en 403, en tant que bastion avancé. Quand le Goth Vitigès attaque Rome en 537, les soldats défendant le castellum se servent des statues de bronze qui le décorent comme projectiles. En 547, Totila inclut l’édifice dans une structure fortifiée protégeant la rive droite. Le quartier prend ainsi le nom de Borgo.

Au Moyen-Age, outre son rôle de prison, il devint la forteresse protégeant le Vatican. Le château Saint-Ange connaît de multiples transformations : adaptations militaires (meurtrières, rampe d’accès …) ou aménagements pour l’habitation des Papes. Il servira notamment de refuge au pape Clément VII durant le siège et le terrible sac de Rome par l’Empereur Charles Quint en 1527. Par la suite, le Château Saint-Ange est transformé en palais par le pape Paul III. On y plaça plus tard une statue de marbre blanc représentant l’Archange dans l’attitude où l’avait vu saint Grégoire. Au siècle dernier, Benoît XIV substitua à la statue de marbre celle de bronze doré qui domine aujourd’hui le château Saint-Ange, et qui rappelle toujours à la ville de Rome l’acte merveilleux de la miséricorde de Dieu par l’entremise de saint Michel. Depuis 1925, il est devenu un musée national et abrite une collection de peintures et d’armures.

Le très beau Pont Saint-Ange, lieu du miracle, est jalonné des statues de s. Pierre et s. Paul ainsi que de 10 statues d’anges de l’école du Bernin (de son vrai nom Gian Lorenzo Bernini) portant les instruments de la passion du Christ. Les statues de l’ange à l’inscription de la croix et celle de la couronne d’épines, réalisées par Le Bernin lui même, ont été prises par le Pape Clément IX qui refusait de les laisser s’abîmer dehors. Elles sont aujourd’hui placées dans l’église San Andrea della Fratte, des copies restant sur le pont.

Réélu triomphalement, Grégoire écrit de nouveau à l’empereur Maurice de ne pas ratifier l’élection et il s’enfuit dans une caverne quand arrive la réponse favorable au premier rapport du préfet de Rome. La foule le cherche pendant trois jours puis, guidée par une colonne de lumière, le trouve et le ramène à Rome où il est sacré le 3 septembre 590. Me voilà maintenant en plein milieu du monde, beaucoup plus que je ne l’étais comme laïc. J’ai perdu toute joie profonde : extérieurement c’est une promotion ; intérieurement, quelle chute ! Ballotté par les vagues des affaires, j’entends la tempête qui gronde au-dessus de ma tête. Une fois remplie ma tâche journalière, j’essaie de faire mon examen de conscience. Impossible : des soucis tumultueux et vains m’accablent encore.

Dernier pape de l’Antiquité ou premier pape du Moyen-Age, le soixante-troisième successeur de Pierre conduit pendant près de quatorze ans l’Eglise d’une main de fer. Dans des conjonctures particulièrement difficiles pour l’Eglise et pour l’Italie, tout le pontificat de Grégoire est un long effort de redressement et de réorganisation. Il administre avec sagesse le vaste Patrimoine de Saint-Pierre. Dans les églises suburbicaires où le pape exerce l’autorité propre de métropolitain, il contrôle de près l’élection des évêques et leur administration (ainsi à Naples et en Sicile). Il réussit à résorber progressivement le schisme qui, après la condamnation des Trois Chapitres, avait séparé de Rome les évêques dépendant du métropolitain d’Aquilée. Les Lombards envahissent et dévastent l’Italie et menacent Rome (592) ; suppléant à l’inaction de l’exarque de Ravenne, Grégoire négocie et obtient une trêve qui sera renouvelée en 598 et en 603.

Se considérant comme le sujet du basileus de Constantinople, il maintient cependant l’indépendance de l’Eglise vis-à-vis du pouvoir civil et revendique les droits du successeur de saint Pierre. Il intervient à plusieurs reprises dans des questions relatives aux patriarcats d’Antioche et d’Alexandrie, ou même et Constantinople, et refuse avec intransigeance au patriarche de Constantinople le droit de se nomme patriarche œcuménique ; il voit dans ce titre un acte d’orgueil qui porterait atteinte à la dignité et aux droits des autres patriarches ; lui-même ne veut pas le porter et se contente du titre de servus servorum Dei (serviteur des serviteurs de Dieu), porté déjà par des évêques.

Prématurément atteint d’arthrose et de gastralgie, saint Grégoire le Grand, à partir de soixante ans, devient un véritable malade chronique : « Voilà presque deux ans que je suis grabataire, tourmenté par d’affreuses douleurs de goutte ; à peine puis-je me lever les jours de fête, pour célébrer la messe… Mon supplice permanent : mourir chaque jour, alors que je ne puis pourtant cesser de vivre. »

Ce Consul de Dieu meurt épuisé et souffrant, à Rome le 12 mars 604, il a 64 ans, après treize ans de pontificat ; il sera enterré dans la basilique Saint-Pierre.

– Phocas étant empereur de Byzance et Clotaire II roi des Francs.

Epilogue

Tout le pontificat de Grégoire le Grand est un long effort de redressement et de réorganisation. « Je suis à mon poste secoué par les flots de ce monde qui sont si violents que je suis absolument incapable de conduire au port ce navire vétuste et pourri, que le dessein caché de Dieu m’a donné à gouverner. Au milieu de tout cela, troublé moi-même, je suis contraint tantôt de faire front et de tenir le gouvernail, tantôt, le navire penché sur le côté, d’esquiver en virant les menaces des flots. Je gémis parce que je sens que, par ma négligence, la sentine des vices va croissant et que, dans la tempête terrible que nous traversons, les planches pourries ont des craquements de naufrage.

C’est à bon droit que cet illustre Pape est appelé le Grand ; il fut, en effet, grand par sa naissance : fils de sénateur, neveu d’une Sainte, la vierge Tarsille, arrière petit-fils du pape Félix III (mort en 492) ; grand par sa science et par sa sainteté ; grand par les merveilles qu’il opéra ; grand par les dignités de Cardinal, de Légat, de Pape, où la Providence et son mérite l’élevèrent graduellement, grand par la dignité des charges qu’il exerça et les mérites qu’il y déploya.

 

– L’évangélisation de l’Angleterre

L’un des faits remarquables de son pontificat, après l’apparition de l’Archange Saint Michel, c’est l’évangélisation de ce peuple anglais dont il eût voulu lui-même être l’apôtre. Passant un jour sur le marché de Rome, il vit de jeunes enfants d’une ravissante beauté que l’on exposait en vente. Apprenant qu’ils étaient Angles, c’est-à-dire du pays païen d’Angleterre, qui n’avait pas encore reçu la Foi il s’écrie : « Non angli, sed angeli » (ce ne sont pas des angles, ce sont des anges) : « dites plutôt des Anges, s’écria-t-il, s’ils n’étaient pas sous l’empire du démon ».

Il se rendit aussitôt au palais du Pape et obtint d’aller prêcher l’Évangile à ce peuple ; mais les murmures de Rome forcèrent le Pape à le retenir.

Le saint Pape Grégoire le Grand avait toute sa vie rêvé de s’en aller porter l’Evangile en Angleterre mais, attaché au service du Pape Pélage, il ne put y aller. Aussi monté sur le trône pontifical en 590, il choisit, pour cette mission, Augustin, prieur du monastère Saint-André du Mont Coelius, l’une des sept collines de Rome, dont on ne sait rien avant son départ pour l’Angleterre. Augustin était prieur du monastère de Saint-André.

Comme l’affirment Tertullien et Origène, la Grande-Bretagne avait jadis été christianisée, mais les invasions saxones avaient repoussé les chrétiens (Bretons) en Cornouailles et dans le Pays de Galles sans que l’on pût espérer la conversion des envahis­seurs, jusqu’à ce que le jeune roi du Kent, Ethelbert, chef de la confédération des royaumes saxons, épousât une princesse catholique, Berthe, fille de Caribert 1e Roi de Paris.

Au printemps 596, à la tête d’une quarantaine de moines missionnaires, Augustin [futur saint Augustin de Cantorbéry] s’en alla au monastère de Lérins pour étudier la langue et les mœurs des Saxons. Les descriptions furent si horribles que les missionnaires renvoyèrent leur chef à Rome pour qu’il obtînt du Pape d’être déchargé de cette mission.

Grégoire le Grand, pendant le temps où il retint Augustin près de lui, souffla le chaud et le froid, maniant tour à tour les mena­ces et les encouragements jusqu’à ce qu’il acceptât la mission. On lui conféra la dignité abbatiale et, dûment nanti de lettres pour les évêques, les princes et la reine Brunehaut, il partit en Gaule.

L’évêque d’Arles qui était alors le légat pontifical pour la Gaule, accueillit Augustin et ses moines, et leur fournit des pro­fesseurs enthousiastes de saxon. Ils remontèrent le Rhône, passè­rent à Autun, longèrent la Loire, passèrent à Orléans, à Tours, et s’embarquèrent à l’embouchure de la Loire pour débarquer à l’île de Thanet (proche de Ramsgate), au printemps 597.

Devant Augustin, mitré et crossé, les missionnaires en procession entrèrent dans le Kent en chantant les litanies. Ainsi arrivé devant le roi Ethelbert, à Cantorbéry capitale de son royaume, Augustin fit son premier sermon, écouté avec bienveillance ; il n’obtint pas encore la conversion du Roi mais l’autorisation de prêcher et de construire sous la protection de la Reine un monastère, qui plus tard deviendra son siège épiscopal. Les résultats ne se firent guère attendre puisque, dès la Pentecôte 597, on inaugura la cathédrale de Cantorbéry (capitale du Royaume) où le Roi lui-même s’installa parmi les fidèles enthousiasmés par les pompes et les chants de la liturgie romaine.

L’exemple de sa vie, joint à sa prédication et à ses miracles, amena à la vraie Foi le roi lui-même et saint Augustin baptisa un jour de Noël plus de dix mille Anglais.

L’Eglise du Kent étant constituée, selon les ordres du Pape, Augustin s’en retourna en Arles où l’évêque lui donna la consécration épiscopale. Au comble de la joie, le Pape envoya vers l’Angleterre courrier sur courrier, et conçut un vaste plan d’organisation ecclésiastique qu’on mit quelques siècles à réaliser.

Notre Saint mourut le 26 mai 604 (ou 605 ?) et fut enterré dans le monastère de Saint-Pierre, qui fut désormais le lieu de sépulture des évêques de Cantorbéry.

– Le chant « Grégorien »

C’est principalement à lui que revient l’honneur d’avoir recueilli et publié les belles et sobres formules de la prière liturgique et ces harmonieuses mélodies auxquelles son nom, chant « grégorien », reste attaché pour toujours.

« Le chant grégorien, dit saint Pie X, possède au plus haut degré les qualités propres de la liturgie qui sont surtout la sainteté et l’excellence des formes d’où surgit spontanément un autre caractère qui est l’universalité.

« Par conséquent le chant grégorien est le chant propre de l’Église romaine, le seul chant qu’elle a hérité des anciens Pères, qu’elle a jalousement gardé le long des siècles dans ses manuscrits liturgiques, qu’elle propose directement comme sien aux fidèles, et que, dans certaines parties de la liturgie, elle prescrit exclusivement.

« Pour ces raisons le chant grégorien fut toujours considéré comme le suprême modèle de la musique sacrée. »

Ce premier pape sorti du cloître, introduit dans l’Eglise plusieurs usages conventuels et améliore la liturgie romaine : c’est à lui que l’on doit la manière de chanter, à la messe, le Kyrie et l’introduction, en dehors du temps pascal, de l’Alléluia, ainsi que la récitation du Pater noster, avant la fraction de l’hostie. Dans le sacramentaire, ancêtre du missel, le pontife conjugue le temporal (fêtes capitales de l’histoire du salut) et le sanctoral (commémoration des saints).

Pour régler le chant liturgique, il publie un antiphonaire (du grec anti, en face de et phonê, voix), livre liturgique qui rassemble les textes littéraires et musicaux des antiennes. Il y rassemble des mélodies admirables qui, sans permettre l’exhibitionnisme du chant, lui font au contraire dérouler un fastueux tapis de prières. Bref cette codification du chant liturgique portera son nom « chant grégorien ».

Pour conserver et développer un si riche patrimoine de musique sacrée, Grégoire le Grand fonde et organise deux Scholæ cantorum (écoles de chant), l’une près de Saint-Pierre et l’autre près de Saint Jean-de-Latran, où il se rend volontiers, pour écouter et encourager les pueri cantores (petits chanteurs), en même temps qu’il félicite les clercs spécialisés dans l’importante fonction de chantres.

– Iconographie

On le représente écoutant une colombe qui lui parle à l’oreille : symbole de sa science inspirée. Il est regardé comme le patron des chantres.

« Il est fou, le voyageur qui, apercevant sur sa route de gracieuses prairies, oublie le but de son voyage. »

 

« Dieu tout-puissant, ne laisse pas le péché nous abattre, ne laisse pas l’orgueil nous élever. »

« Soyez certains que vous aurez un pasteur qui plaira à Dieu, si vous-mêmes vous plaisez à Dieu par vos actions. »

« Pour moi, je considère la vertu de patience comme plus grande que les signes et les miracles. » 

Hymne

Apôtre des Anglais, maintenant compagnon des Anges,

Grégoire, secourez les nations qui ont reçu la foi.

Vous avez méprisé l’opulence des richesses et toute la gloire du monde,

pour suivre pauvre le Roi Jésus dans sa pauvreté.

Un malheureux naufragé se présente à vous :

c’est un Ange qui, sous ces traits, vous demande l’aumône ;

vous lui faites une double offrande,

à laquelle vous ajoutez encore un vase d’argent.

Peu après, le Christ vous place à la tête de son Église ;

imitateur de Pierre, vous montez sur son trône.

O Pontife excellent, gloire et lumière de l’Église !

n’abandonnez pas aux périls ceux que vous avez instruits par tant d’enseignements.

Vos lèvres distillent un miel qui est doux au cœur ;

votre éloquence surpasse l’odeur des plus délicieux parfums.

Vous dévoilez d’une manière admirable

les énigmes mystiques de la sainte Écriture ;

la Vérité elle-même vous révèle les plus hauts mystères.

Vous possédez le rang et la gloire des Apôtres ;

dénouez les liens de nos péchés ;

restituez-nous au royaume des cieux.

Gloire au Père incréé ; honneur au Fils unique ;

majesté souveraine à l’Esprit égal aux deux autres. Amen.

Saint Pierre Damien.

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