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«Les chrétiens vivent une situation désastreuse» en Terre Sainte, témoigne un prêtre
Engagé dans la pastorale des migrants et des demandeurs d’asile au sanctuaire Saint-Pierre de Jaffa, le père camerounais Joseph Hoina explique dans un entretien accordé à Vatican News-Radio Vatican, les souffrances mais aussi l’espérance qui habitent les communautés. «Les chrétiens de Terre Sainte, affirme-t-il, sont aujourd’hui les témoins de l’Église souffrante. Ils ont besoin de notre prière, mais aussi d’un soutien concret.»
Augustine Asta – Cité du Vatican
«Les chrétiens de Terre Sainte vivent aujourd’hui une situation vraiment critique. À cause de la guerre, des divisions internes et des difficultés économiques, beaucoup ne parviennent plus à survivre et quittent leur terre», explique le père Joseph Hoina. Depuis Jérusalem, où il étudie l’Écriture sainte tout en exerçant son ministère pastoral, le prêtre camerounais précise que la situation est particulièrement dramatique à Gaza, où «les chrétiens vivent dans des conditions devenues tout simplement insoutenables».
En Cisjordanie comme à Jérusalem, la peur, les restrictions de circulation et la crise économique ont un impact considérable sur la vie des fidèles. «Beaucoup de familles, témoigne-t-il, ont perdu leur travail depuis le début de la guerre. Les enfants ne vont plus à l’école et certains n’arrivent même plus à assurer leurs besoins quotidiens.» À cela s’ajoute, note-t-il, une souffrance spirituelle: «Dans plusieurs localités, les prêtres ne peuvent plus rejoindre les communautés pour célébrer l’Eucharistie. Or, ajoute-t-il, un chrétien vit de l’Eucharistie. Lorsqu’il en est privé, il traverse une véritable famine spirituelle.»
Cette réalité de guerre, souligne le père Joseph, est aussi complexe pour les prêtres. «Chaque fois que les tensions augmentent, nous sommes contraints de rester à la maison. Nous ne pouvons plus rejoindre les fidèles. Cela affecte notre ministère, nos études et même notre équilibre personnel», fait-il savoir.
Saint-Pierre de Jaffa, une Église qui accueille les nations au milieu de la guerre
Le père Joseph poursuit une partie de sa mission au sanctuaire Saint-Pierre de Jaffa, dans l’ancienne cité portuaire de Jaffa (Joppé), aujourd’hui rattachée à l’unique paroisse catholique latine Saint-Antoine-de-Padoue de Tel-Aviv. Cette église, confiée aux frères franciscains de la Custodie de Terre Sainte, est l’un des principaux centres d’organisation et de diffusion de la pastorale des migrants et des demandeurs d’asile en Israël. Le lieu de culte accueille des personnes originaires de nombreux pays et offre un accompagnement spirituel, humain et social adapté à leurs besoins.
Saint-Pierre de Jaffa, une Église qui accueille les nations au milieu de la guerre
Le père Joseph poursuit une partie de sa mission au sanctuaire Saint-Pierre de Jaffa, dans l’ancienne cité portuaire de Jaffa (Joppé), aujourd’hui rattachée à l’unique paroisse catholique latine Saint-Antoine-de-Padoue de Tel-Aviv. Cette église, confiée aux frères franciscains de la Custodie de Terre Sainte, est l’un des principaux centres d’organisation et de diffusion de la pastorale des migrants et des demandeurs d’asile en Israël. Le lieu de culte accueille des personnes originaires de nombreux pays et offre un accompagnement spirituel, humain et social adapté à leurs besoins.
Le père camerounais Joseph Hoina, célébrant une messe au sanctuaire Saint-Pierre de Jaffa.
Dans le cadre de son ministère sacerdotal, le père Joseph intervient donc régulièrement pour assurer l’accompagnement pastoral, la catéchèse et la célébration des sacrements auprès des communautés francophones. D’autres prêtres et religieux sont aussi engagés aux côtés des différentes communautés linguistiques, notamment philippine, indienne, érythréenne, éthiopienne, chinoise, etc. «Beaucoup de migrants arrivent ici après avoir fui la guerre, la pauvreté ou les persécutions. Le sanctuaire devient pour eux une véritable famille. Ils y retrouvent la possibilité de célébrer leur foi dans leur langue, de recevoir les sacrements et de recréer des liens fraternels», soutient le père Joseph.
Le père camerounais Joseph Hoina, lors de son passage à Rome.
Au-delà de sa mission strictement religieuse, le sanctuaire Saint-Pierre de Jaffa est également un lieu privilégié de dialogue, de rencontre et de médiation sociale, favorisant le vivre-ensemble entre les différentes communautés présentes dans la région tout en accueillant avec bienveillance pèlerins, touristes et visiteurs de toutes religions, convictions et cultures. «Après les célébrations, chacun apporte un peu de sa culture. Nous partageons les repas, les chants et les traditions. Cela aide énormément les migrants à retrouver leur dignité et à ne pas se sentir étrangers», indique le père Joseph. «Ici, nous faisons l’expérience d’une Église sans frontières, où chacun trouve sa place quelles que soient sa langue, sa culture ou son origine», poursuit-il.
“À travers sa mission d’ouverture et de service, l’église Saint-Pierre de Jaffa témoigne concrètement de l’universalité de l’Église et de sa vocation à promouvoir la paix, la fraternité et la dignité de toute personne humaine.”
Prières et espérances
«La mission de l’Église n’est pas de tracer des frontières plus étroites, mais de garder les portes ouvertes, en témoignant d’un amour qui n’abandonne jamais», avait d’ailleurs écrit le cardinal Pierbattista Pizzaballa, dans une lettre aux fidèles de son diocèse.Pour le père Joseph, le texte du cardinal intitulé:«Ils retournèrent à Jérusalem dans une grande joie», datant d’avril dernier, est uneexhortation qui nourrit le quotidien des communautés chrétiennes. «Le patriarche, insiste-t-il, nous demande de ne pas perdre l’espérance, d’être des témoins de la paix, du pardon et du dialogue entre les peuples.»
Et de poursuivre: «Les chrétiens de Terre Sainte sont aujourd’hui les témoins de l’Église souffrante. Ils ont besoin de notre prière, mais aussi d’un soutien concret.» «Jérusalem est la racine de notre foi. Il ne faut jamais l’oublier», conclut-il.